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#170 A Fábrica de Nada

  • sam 16.02 > 21:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, dcp, vo st fr & en, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 17.02 > 17:00

    Visita Guiada

    Pedro Pinho & Terratreme
    Guided Tour
    Tiago Hespanha, 2009, PT, dcp, vo st en, 55'
    Un parcours à travers le Portugal en suivant des guides touristiques, en partageant les visites de quelques-uns des millions de touristes venus du monde entier pour découvrir le pays. Italiens, Américains, Japonais, Français, Anglais… sillonnent le pays, qui leur est présenté sous différentes facettes selon la nationalité de leur groupe. Chaque guide fait résonner ses explications avec l’histoire et la culture des touristes. Nous découvrons des portraits variés du Portugal à travers ces yeux étrangers et prenons le bus avec eux, arpentons les châteaux, les sites historiques et les avenues des villes, regardons par la vitre de l’autocar les paysages qui défilent, saisissons l’occasion de prendre des photos avec madame qui pose devant le monument pendant les quelques minutes de temps libre après les explications du guide, et goûtons avec béatitude le fameux coucher de soleil sur l’océan… Même plus besoin de prévoir une visite guidée du Portugal !
    + Lisboa-Provincia
    Susana Nobre, 2010, PT, dcp, vo st en, 18'
  • dim 17.02 > 18:30

    André Robillard, en compagnie

    Varia
    Henri-François Imbert, 2018, FR, dcp, vo 92'
    En 1964, André Robillard s’est mis à fabriquer des fusils avec des matériaux de récupération, ramassés au hasard de ses promenades dans l’hôpital psychiatrique où il vivait près d’Orléans. Aujourd’hui, à 87 ans, André demeure toujours dans cet hôpital, où il est entré à l’âge de neuf ans. Entretemps, il est devenu un artiste internationalement reconnu du champ de l’Art Brut, et accessoirement un des plus anciens patients d’un hôpital psychiatrique en France. En 1993, la caméra d’Henri-François Imbert (le cinéaste de "Sur la plage de Belfast", vous vous rappelez ?) est l’une des premières à croiser sa route pour la réalisation d’un court métrage présentant l’artiste et son œuvre. Vingt ans plus tard, ils font ensemble un second film qui explore son passé et sa vie à l’hôpital. Ce troisième film s’intéresse cette fois à la carrière théâtrale dans laquelle André s’est lancé il y a quelques années. Et tout se relie enfin : l’Art Brut, la Résistance, et l’invention de la Psychothérapie Institutionnelle, véritable révolution du regard sur la folie, incarnée par l’hôpital de Saint-Alban (Lozère).
  • dim 17.02 > 21:00

    The insect woman

    Shōhei Imamura
    にっぽん昆虫記 / Nippon konchūki
    Shōhei Imamura, 1963, JP, 35mm_video, vo st fr, 123'
    Après avoir réalisé "Cochons et cuirassés", violente satire contre l’occupation américaine, Imamura est mis à pied pendant deux ans par la Nikkatsu, sa maison de production. Qu’à cela ne tienne ! Le voilà reparti dans une enquête autour du monde paysan qui donnera trois ans plus tard "La Femme insecte" ou "Chroniques entomologiques du Japon". Étude implacable réalisée à partir de longs entretiens et de notes minutieuses, "La Femme insecte" retrace le parcours d’une petite paysanne, depuis sa relation ambiguë avec son père jusqu’à la ville et la prostitution. A la manière donc, des insectes mus par le seul instinct de survie et de conservation, la vie de Tome avance, coûte que coûte. Elle grimpe les seuls échelons qui se présentent : servante violée, ouvrière exploitée, bonne, prostituée, patronne de bordel. Sur fond de Japon en pleine modernisation, construit autour de moments clés et décisifs qui jalonnent la vie de Tome et qui laissent tomber dans les ellipses la ritournelle du quotidien, cette chronique implacable avance au fil de ses victoires et de ses revers, entre misère morale, rapports de dominations, exploitations des êtres sans cesse reconduits. Frontal, filmé dans un noir et blanc acerbe, "La Femme insecte" n’épargne rien ni personne, et ne se permet aucun atermoiement. Dans cette tourmente banalisée, il finit par devenir le portrait d’une femme que rien n’abat, loin des mélodrames servis par le cinéma japonais à cette époque et tout autre "Rue de la honte". C’est qu’il n’y a pas de honte chez Imamura. Il n’y a qu’un milieu, des conditions et des corps qui avancent. Brut, noir, (...+)
  • jeu 21.02 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, dcp, vo st fr & en, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • ven 22.02 > 19:00

    An Ordinary Syrian Day

    Moussem Cities : Damascus
    يوم سوري عادي
    Nassouh Zaghlouleh, 2016, SY, video, no_dial, 29'
    Successions de plans fixes qui s’échelonnent du matin jusqu’au soir, cette journée syrienne ordinaire serait banale s’il n’y avait la bande-son. Depuis le toit d’une maison, le film découpe, sur l’horizon composé de terrasses, des scènes où les enfants jouent, les femmes ramassent le linge et les hommes construisent des étages. Mais le ciel est sans cesse strié de fumée et d’éclats. Toute la force de ce court métrage repose sur cette bande-son terrible où le bruit des armes et des tirs échangés ne cessent jamais, régissant un quotidien qu’on ne peut plus habiter qu’en haut. Depuis son toit, Nassouh Zaghlouleh, un des photographes syriens les plus importants de notre époque, Doyen de la Faculté des Beaux-Arts à l’Université arabe internationale de Damas se fait le chroniqueur de cette vie ordinaire, entre effroi et ennui.
    + Six histoires ordinaires
    Meyar Al Roumi, 2007, SY, video, vo st en, 60'
  • ven 22.02 > 21:00

    Sous le ciel de Damas / تحت سماء دمشق   [Live Soundtrack]

    Moussem Cities : Damascus
    Music : Kinan Azmeh
    Ismail Hakki & Rachid Jalal, 1932, SY, video, fr st en, 60'
    L’histoire du cinéma syrien commence en 1928 avec "L’Accusé innocent" réalisé par Rachid Jalal. Suite au succès du film, des hommes d’affaires décident d’investir dans la production d’un deuxième film, "Sous le ciel de Damas", réalisé par Ismail Anzour (Hakki, au générique) et Rachid Jalal en 1932. Ce thriller amoureux aux influences surréalistes sort officiellement en 1934, un retard dû à l’opposition des autorités françaises à la sortie du film sous prétexte que les droits des morceaux de musique qui devaient accompagner la projection n’avaient été obtenus. Mais la sortie du film coïncide avec celle du premier film parlant égyptien, achevant ainsi l’histoire courte du cinéma muet syrien. Si le premier film est perdu, "Sous le ciel de Damas" sort aujourd’hui de la Syrie pour être accompagné de compositions originales du clarinettiste syrien, Kinan Azmeh, figure montante de la scène musicale jazz de New York, et plus largement, de la scène musicale internationale, qui sera accompagné du guitariste Kyle Sanna.
  • sam 23.02 > 19:00

    Les étoiles du jour

    Moussem Cities : Damascus
    نجوم النهار
    Ossama Mohammed, 1988, SY, video, vo ar st en, 100'
    Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, et primé dans de nombreux festival, "Les Étoiles du Jour" est le premier long métrage du cinéaste emblématique Ossama Mohammed ("Sacrifices", "Eau argentée") que nous avions accueilli au Nova à l’occasion d’un hommage au cinéaste Omar Amiralay dont il était le collaborateur et l’ami. Banni en Syrie dès sa sortie, le film est une farce qui explore les effets toxiques du totalitarisme à travers le portrait d’une famille dysfonctionnelle dans un village syrien sous le régime de Hafez Al Assad. Drôle, cru, violent, parfois au bord du kitsch, celui qu’on aime, rythmé par un dialogue en feu et servi par des acteurs qui se donnent pleinement à ce portrait de l’absurdité du pouvoir en place et de ses symboles, ce film est incontestablement une des œuvres cinématographiques syriennes les plus importantes.
  • sam 23.02 > 21:00

    Short movies Underground

    Moussem Cities : Damascus
    + Diaries
    Reem Al-Ghazzi, 2012-2014, SY, video_hd, vo st en, 15'
    + 2000 Watt, Light in the Rear
    Peace Lens, 2018, SY, video_hd, vo st en, 13'
    + La Dolce Siria
    Ammar al-Beik, 2015, SY, video_hd, vo st en, 20'
    + My Ear Can See
    Ammar al-Beik, 2002, SY, video_hd, vo st en, 8'
    + identity : other
    Anna Bannout, 2016, SY, video_hd, vo st en, 2'
    + Syria 2087
    Anna Bannout, 2017, SY, video_hd, vo st en, 4'
    + The Boot
    Waw Al Wassel, 2013, SY, video_hd, no_dial, 7'
  • dim 24.02 > 15:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, dcp, vo st fr & en, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • dim 24.02 > 19:00

    The profond desire of the Gods

    Shōhei Imamura
    神々の深き欲望 - Kamigami no fukaki yokubō
    Shōhei Imamura, 1968, JP, dcp, vo st fr, 172'
    Désir : maître mot du cinéma d’Imamura, titre de plusieurs de ses films et thème de toute son œuvre. Mais ce "Profonds désirs des Dieux" est peut-être l’une de ses œuvres les plus ambitieuses, une sorte de programme cinématographique où s’exposent chronique ethnographique, farce burlesque et tragédie antique. Un ingénieur débarqué de Tokyo vient faire tourner une usine puis construire un aéroport puis développer le tourisme (on ne sait pas trop, cela dépend des ambitieux au pouvoir) sur une petite île du Sud, isolée, primitive, pleine d’interdits, de rituels et de dieux païens. Mais le voilà qui se casse les dents sur les arbres, les femmes et le bonheur au point de perdre, comme son prédécesseur, la tête et ses repères. Et tandis que la corruption se généralise au grès des projets sur l’île, que les alliances se font et se défont, ceux qui résistent, parce qu’« on ne vend pas ce qui appartient aux Dieux » sont les mêmes qui sont mis au ban de cette communauté pour avoir commis l’impensable. Par un retournement tragique, les exclus s’avéreront les âmes les plus proches des dieux, sacrifiés sur l’autel des désirs artificiels. A travers cette grande fresque d’un monde qui s’ouvre à la modernité, "The profond desire of the Gods" construit lentement la confrontation entre la civilisation urbaine avec ses dieux argent/rentabilité/modernité et le monde païen avec son rapport à la vie animale, ses croyances profondes et sa soif d’absolu. Dans cette parabole écrasée de nuit et de soleil, Imamura façonne l’amplitude lyrique qui traversera ses films plus (...+)
  • jeu 28.02 > 20:00

    Open Screen

    Varia
    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés, quelque soient leur genre et format, seront projetés à condition que leur durée ne dépasse 15 minutes. Vingt deux ans que cette opportunité existe et qu’elle est accessible gratuitement pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance à openscreen@nova-cinema.org .
  • ven 01.03 > 20:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, dcp, vo st fr & en, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
  • sam 02.03 > 19:00

    Linha vermelha

    Pedro Pinho & Terratreme
    Red Line
    José Filipe Costa, 2011, PT, dcp, vo st fr, 83'
    En 1975, l’équipe de l’écrivain et cinéaste militant Thomas Harlan filme, plusieurs mois durant, l’occupation des propriétés terriennes du Duc de Bragance, au centre du Portugal, par des paysans sans terre qui y mènent une expérience de communauté alternative, autogérée et égalitaire. Trois décennies plus tard, "Linha vermelha" revient sur "Torre Bela", le film de Harlan (dont on voit plusieurs extraits), devenu emblématique de la période de liberté et d’utopie révolutionnaire qui a gagné le Portugal après la Révolution des Œillets. Des protagonistes reviennent sur cette aventure politique marquante. De quelle manière Harlan s’est-il mêlé des événements qui semblent se dérouler naturellement devant la caméra ? Quel a été l’impact du film sur la vie des occupants et sur la mémoire de cette période ? Le film, à partir notamment de bandes son enregistrées au moment du tournage, n’évite pas d’aborder les aspects troublants de l’approche de Harlan (qui, de ce point de vue, a inspiré le personnage du cinéaste argentin dans "L’usine de rien"), et plus largement l’ambiguïté des rapports entre l’intelligentsia et les classes populaires, devenant ainsi une réflexion sur le cinéma militant, sur la légitimité et le rôle politique du documentariste.
  • sam 02.03 > 21:00

    The pornographers

    Shōhei Imamura
    エロ事師たちより 人類学入門 - Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon
    Shōhei Imamura, 1966, JP, 35mm_video, vo st fr, 128'
    Poussé à réaliser des films de « Pinku Eiga » (films érotiques à petit budget), dont certains disent qu’il en a inventé le genre grâce à l’érotisme noir de "La Femme insecte", en froid avec sa maison de production qui en produit à la pelle, Imamura décide de fonder sa propre maison de production et contre-attaque avec "Le Pornographe". Le titre original "Introduction à l’Anthropologie au travers des Pornographes" se veut tout un programme, l’étude au vitriol d’un milieu où l’argent et les pulsions régissent tous les rapports. Dans la tourmente d’un quotidien fait d’arnaques et de débrouilles, Monsieur Ogata vend ses films et autres gadgets érotiques aux puissants. Mais les temps sont durs, la mafia s’en mêle, et les catastrophes pleuvent. Racketté, tabassé, floué, il rebondit en tous les sens comme une balle de flipper, brisant au passage tous les tabous, rendant fous ceux qui l’entourent, rendu dingue par les autres, tout en se récriant régulièrement comme un goret offensé. Très découpé dans sa forme et son récit, tissés d’ellipses, d’arrêts sur images, de scènes surréalistes, de flash-backs sortis de nul part et de rebondissements tout azimut, "Le Pornographe" slalome à toute vitesse entre humour noir grinçant jusqu’au burlesque et sordide glaçant, dans une société où rien ni personne n’échappe à la corruption. Et multipliant les plans obstrués de fenêtres, portes et autres barreaux, il nous rincent l’oeil. Bam ! Retour à l’envoyeur : l’offre et la demande, comme le martèle Monsieur Ogata. Sauf qu’Ogata se fait finalement la malle, privilégiant son rêve d’absolu à la compagnie des hommes, tandis que nous, hein, (...+)
  • dim 03.03 > 17:00

    Revoluçao industrial

    Pedro Pinho & Terratreme
    Industrial Revolution
    Tiago Hespanha & Frederico Lobo, 2014, PT, dcp, vo st fr, 73'
    De belles images d’archives sur plaques de verre témoignent du rêve industriel de la fin du XIXe siècle, marques du passé contrastant avec la réalité actuelle. Le son de l’industrie devient rock. Dans un petit bateau, on descend lentement les rives de la rivière Ave, envahies de végétation luxuriante. La vallée, l’une des plus industrialisées du Portugal, a connu tant l’exploitation de la nature que celle des hommes. Progressivement, on devine des bâtiments en ruine. On entre dans une usine encore en activité. On rencontre ceux qui continuent d’habiter les bords de la rivière. L’histoire commence à se raconter entre incendie, fermeture et abandon. Les plus modestes sont restés et ont reconstruit un mode de vie rural. Des jeunes explorent les friches, construisent des rampes de skate improvisées, créent de nouveaux terrains de jeux... Les promesses de prospérité de la révolution industrielle sont démenties par la situation de désordre social, environnemental, économique, culturel, paysager. L’avenir est incertain. Le présent aussi.
    + Provas, exorcismos
    Susana Nobre, 2015, PT, dcp, vo st fr, 25'
  • dim 03.03 > 19:00

    A Fábrica de Nada

    A Fábrica de Nada (L’usine de rien)
    L’usine de rien / The Nothing Factory
    Pedro Pinho, 2017, PT, dcp, vo st fr & en, 178'
    Une nuit, un groupe de travailleurs se rend compte que la direction de l’entreprise a organisé le vol de machines dans l’atelier de leur fabrique d’ascenseurs, située dans la banlieue industrielle de Lisbonne. C’est le premier signal d’un licenciement massif. La plupart des ouvriers refusent de participer à l’hypocrisie des négociations individuelles, et tentent d’empêcher la délocalisation de la production. Ils ont à peine le temps de passer de la perplexité à la révolte, que leur direction s’est volatilisée, laissant derrière elle une usine à moitié vide. Dans ces conditions, à quoi bon faire grève et contre qui se battre ? Si "L’usine de rien" démarre sur ce constat d’impuissance, c’est pour mieux nous inviter à le dépasser. Issu d’un processus de gestation long de six ans, le film s’intéresse moins au récit de la fermeture d’une usine qu’à la question de l’après, aux nouveaux désirs qui émergent parmi les ouvriers, lesquels se mettent à discuter, débattre, s’engueuler, réfléchir… Un processus collectif qui donne lieu à une tentative d’autogestion, à de nouvelles formes d’occupation du lieu et du temps. Dans un contexte où le capital volatile rend caducs les rapports de force habituels, de nouveaux possibles sont à inventer. Tourné avec des acteurs amateurs (en majorité de véritables ouvriers), dans une usine qui connut elle-même une expérience d’autogestion pendant une vingtaine d’années suite à la révolution des Œillets, Pedro Pinho donne à son film ce mouvement inventif et jouissif, se risquant à voyager entre des registres aussi variés qu’inattendus. Partant d’une réalité sociale précise, il se déploye comme une fresque à pistes multiples, ne cessant de surprendre, d’ouvrir des questionnements et des voies parfois discordantes, sans jamais se complaire dans un dispositif. Dans ce propos et cette forme ouverte, on retrouve quelque chose des films de Robert Kramer, Jean-Luc Godard ou Miguel Gomes. Les plans montrant les ouvriers désœuvrés face à leurs machines inutiles deviennent de véritables tableaux, la fiction se mêle (...+)
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