Vente des tickets et ouverture du bar : 30 minutes avant la première séance.

#171 OFFSCREEN 12th Edition

  • sam 23.03 > 19:30

    L’heure de la sortie   [Film + rencontre]

    Offscreenings
    Sébastien Marnier, 2018, FR, dcp, vo st en, 103'
    Pierre Hoffman (interprété par Laurent Laffite) est propulsé dans une classe pilote de la prestigieuse école Saint Joseph peuplée de surdoués. Il saisit très vite qu’il est confronté à une horde d’élèves dont l’arrogance et le don pour les manigances n’ont d’égal que leurs talents. Pierre ne serait pas le premier à subir ces jeux : le professeur qu’il remplace s’est défenestré. Obsédé par la situation, il se lance dans le déverrouillage de leur secret... Les gamins terrifiants du “village des damnés” ne sont pas bien loin. Ce thriller psychologique sous haute tension de Sébastian Marnier mixe Kafka et des performances hallucinées de Patti Smith sur fond de fossé générationnel pour un résultat déstabilisant dont on sent qu’il ne peut se clôturer en paix. En présence du réalisateur
  • sam 23.03 > 21:30

    Schramm   [Film + rencontre]

    Death on Film
    Into the Mind of a Serial Killer
    Jörg Buttgereit, 1993, DE, 35mm, vo st en, 65'
    La méditation de Buttgereit sur la vie solitaire, et la mort, d’un tueur en série démarre quand Lothar Schramm (interprété sans peur par Florian Koerner von Gustorf) tombe d’une échelle dans son appartement. Alors qu’il gît dans une mare de sang, les scènes de sa vie misérable resurgissent devant ses yeux, et, forcément, devant les nôtres. Fantasmes et instants de réalité s’entrecroisent dans un maelström mémoriel où se confondent des images d’amputations, une fascination unilatérale pour sa voisine prostituée, des coups de marteau dans le cerveau d’une victime mais encore des monstres vagins pleins de dents, des extractions oculaires et, toujours, des viols et meurtres en série. L’horreur viscérale rencontre l’auto-flagellation, la paranoïa et la démence pour un effet quelque peu dérangeant.
    + The Death King
    Jörg Buttgereit, 1990, DE, dcp, vo st en, 80'
  • dim 24.03 > 17:30

    WarGames

    Game On !
    John Badham, 1983, US, 35mm, vo st fr & nl, 114'
    1983. Un ado bien dans sa peau, gamer, adepte de salle d’arcade, et hacker en herbe, passe son temps libre à explorer les failles des nouveaux engins connectés, souvent avec succès. Il infiltre ainsi la défense américaine - le NORAD - en croyant pouvoir jouer gratos à des nouveaux jeux pas encore commercialisés. WOPR, le supercalculateur du NORAD qui est aussi un bon gamer le prend au mot. S’engage alors une partie de Guerre Thermonucléaire, à la joie des deux joueurs, sans savoir qu’ils sont peut-être en train de déclencher la 3ème Guerre Mondiale. En pleine Guerre froide, la course vers l’armement est doublé de la course vers l’informatisation des structures du pouvoir. En dépit de quelques petites maladresses scénaristiques, qu’il faudra que vous veniez déceler en salle, ce savant mélange de machines qui parlent, de bidouillage et d’amour et fait de ce teen movie une bonne portion de geek food. Burps.
  • dim 24.03 > 19:30

    Killing

    Offscreenings
    斬 [Zan]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Dans un Japon médiéval apaisé, un ronin doué et propre sur lui, Mokunoshin Tsuzuki, dépoussière les codes du samouraï en entraînant un jeune paysan. Il rêve de partir faire ses preuves à Edo, la capitale. Le départ en compagnie d’un autre maître d’armes se précise quand survient une bande de ronins à dreads et au phrasé moins policé. Mokunoshin tente la conciliation quand tout le hameau chuchote qu’il ferait mieux de leur trancher la gorge. Mais même quand son élève se fait humilier, il ne bronche pas. Ou plutôt, il ne tue pas. C’est plus fort que lui, la mort n’est pas son métier, mais les forces en présence refusent qu’il en soit ainsi...Retour de Shinya Tsukamoto dans nos avant-premières (réalisateur de "Tetsuo" ou encore de "Bullet Ballet") pour un film de samouraï au discours résolument pacifiste. Par ses choix, sa mise en scène et l’évolution de son héro, "Killing" donne à la mise à mort toute sa dimension destructrice. "Killing" sera à l’affiche au Nova du 11.04 au 05.05
  • dim 24.03 > 21:30

    Cinema Bis Belge : General Films

    Special Screenings
    Cinema Bis Belge est un mini-module qui exhibe des perles du cinéma belge à petit budget. Cette année, c’est la bruxelloise Général Films, une boite de production et de distribution gérée par les frères Jean et Pierre Quérut qui est mise à l’honneur. Leur maison à la Chaussée de Haecht ne recèle pas seulement un trésor de copies 35mm, ce fut aussi un lieu de tournage pour Jean Rollin ("Les démoniaques") et Jess Franco ("La comtesse noire") entre autres. Nous vous présenterons une copie 35mm de qualité et ses inserts hard, trouvée dans leurs archives, d’un film tourné à Bruxelles en plein âge d’or des blue movie belges : "Les Baiseuses".
    + Les baiseuses
    Guy Gibert, 1974, BE-FR, 35mm, vo fr , 85'
  • mer 27.03 > 19:00

    Shortscreen   [Compilation]

    Special Screenings
    Offscreen a sélectionné, dans le cadre du programme Shortscreen et en collaboration avec Kortfilm.be, de nouveaux courts métrages qui correspondent à l’esprit Offscreen : originaux, hors du commun, bizarres et surprenants. En présence des réalisateurs.
    + The Box
    Dusan Kastelic, 2017, SI, dcp, vo st en, 12'
    + Muil
    Jasper Vrancken, 2018, BE, dcp, vo 19'
    + Sous le cartilage des côtes
    Bruno Tondeur, 2018, BE, dcp, vo 13'
    + Puzzle
    Olivier Pairoux, 2018, BE, dcp, 20'
    + In the Palace
    Nelson Polfliet, 2018, BE, dcp, 22'
    + ...
  • mer 27.03 > 21:30

    Boiled Angels : The Trial of Mike Diana

    Offscreenings
    Frank Henenlotter, 2018, US, dcp, vo 101'
    "Mon but était de faire le zine le plus offensif jamais réalisé ", a déclaré Mike Diana, 25 ans, et il n’a que trop bien réussi. En 1992, le FBI et les citoyens dévots de Floride sont tombés sur ses micro-publications distribuées sous le manteau et ont été tellement offensés que Diana a été le premier artiste en Amérique à être accusé d’obscénité. Le documentaire captivant de Henenlotter sur l’affaire, raconté par l’ancien chanteur des Dead Kennedys Jello Biafra, fourmille de détails biographiques (Diana semble avoir été un enfant doux qui aimait faire des vidéos d’improvisation), et donne également le contexte historique des crises antérieures, telles que les déchaînements dans les années 1950 autour de la maison d’édition EC Comics (spécialisée dans l’horreur). Visite obligatoire pour quiconque croit en la liberté d’expression. En présence du producteur MIke Hunchblack
  • jeu 28.03 > 19:00

    Domestik   [Film + rencontre]

    Offscreenings
    Adam Sedlák, 2018, HU-CZ, dcp, vo st en, 117'
    Roman s’entraîne pour intégrer une équipe de vélo sur piste. Charlotte, sa femme, veut un enfant. Elle vérifie son mucus cervical, il mesure ses kilomètres/heure et son rythme cardiaque. Ils ne mangent ni viande, ni gluten. Pendant qu’ils dorment dans la tente à oxygène, le robot aspirateur nettoie le sol en béton ciré de leur intérieur clinique. Tout va bien. En fait, tout va mal. Adam Sedlák met en scène de façon minimaliste des corps médicalisés, rationalisés, qui poursuivent chacun leur idéal au détriment de l’autre. Le quasi huis clos tourne progressivement à l’horreur, les corps deviennent meurtris, sont violentés. C’est un couple qui se détruit lentement à grands coups de dispositifs médicaux. Un film gore en chambre stérile.
  • jeu 28.03 > 21:30

    From Holly with Love

    Roberta Findlay
    Roberta Findlay, 1978, US, 35mm, vo 81'
    Une jeune et belle prostituée de Times Square suce avec passion un type en prétendant qu’il est sa première passe, avant de lui raconter comment elle a perdu sa virginité et s’est retrouvée dans la rue. "Tout a commencé l’été dernier" dans la maison de la plage de sa sœur aînée (encore une) où elle plonge nue dans la piscine, sans se soucier de son beau-frère grossier qui la lorgne. Avec l’arrivée d’un couple de clochards de la plage, d’une jolie minette hippie et d’un sympathique barman, Holly et sa sœur prennent leur pied de différentes manières : sexe oral, pénétration hardcore et mise à disposition sexuelle sur fond de Debussy
  • ven 29.03 > 19:00

    In Fabric   [Film + rencontre]

    Offscreenings
    Peter Strickland, 2018, GB, dcp, vo 118'
    Esclave moderne, Sheila est opératrice téléphonique pour une banque. Et comme nombre de nos concitoyens, c’est dans la consommation du beau qu’elle trouve un lieu de compensation. Cette fois, c’est à Dentley & Soper’s, sorte de Galerie Lafayette transylvanien que Sheila rompt son quotidien en achetant une robe rouge particulièrement saillante. D’abord dubitative – en est-elle vraiment digne ? - elle finit par s’enthousiasmer sauf que cette robe semble animer d’une volonté propre, de celle qui raffole de la torture sous toutes ses coutures. Avec "In Fabric", Peter Strickland ("Berberian Sound Studio" & "The Duke of Burgundy") prolonge son exploration formaliste contemporaine des codes du Giallo. Une nouvelle création particulièrement léchée à découvrir en salle pour en savourer les moindres détails frissonnants. Projection en présence du réalisateur
  • ven 29.03 > 21:30

    A Woman’s Torment

    Roberta Findlay
    Roberta Findlay, 1977, US, dcp, vo 84'
    Karen (Tara Chung) est une jeune femme instable qui se dandine dans une maison solitaire de bord de mer (une habitude chez les Findlay). Exaspérée par les attentions déplacées de Larry le technicien, Karen décroche et s’enfonce dans un maelstrom de délires violents, de fantasmes et d’une soif de sang qui pourrait finir avec son lot de cadavres. A moins que sa sœur n’ait un ami psy moustachu qui puisse lui venir en aide ? "A Woman’s Torment" mêle tout ces éléments dans un cocktail intrigant de mélodrame, de porno et de slasher, le tout influencé par "Repulsion" et doté d’une bande-son impressionnante signée par le compositeur et ingénieur son Walter Sear.
    + The Tiffany Minx
    Roberta Findlay, 1981, US, 35mm, vo 86'
  • sam 30.03 > 15:00

    Cineketje   [Compilation]

    Special Screenings
    8 courts métrages et autant d’explorateurs qui partagent avec nous leur façon unique de découvrir le monde : un petit animal des bois surmonte sa peur de l’inconnu, un bonhomme parcourt le globe terrestre, une paire de ciseaux explore son environnement, un oiseau part en vadrouille sur le dos d’une chenille ou encore un mini-Cousteau part à l’aventure dans les océans.
    + The Fruits of Clouds
    Kateřina Karhánková, 2017, CZ, dcp, no_dial, 10'
    + Whistleless
    Siri Melchior, 2010, DK, dcp, no_dial, 5'
    + The Theory of Sunset
    Roman Sokolov, 2017, RU, dcp, no_dial, 9'
    + A Small Escape
    David Sandell, 2016, SE, dcp, no_dial, 3'
    + Out Fishing
    Uzi Geffenblad, 2017, SE, dcp, no_dial, 10'
    + ...
  • sam 30.03 > 16:30

    Masterclass Roberta Findlay

    Roberta Findlay
    William Hellfire, réalisateur et spécialiste de l’underground, interroge Roberta Findlay sur les conditions de production dans l’industrie de la (s)exploitation des années 60 à 80. En tant que témoin privilégiée et femme d’affaire avisée, Findlay nous offre un point de vue unique sur les coulisses de la 42e rue.
  • sam 30.03 > 18:00

    Snuff

    Roberta Findlay
    Michael & Roberta Findlay, Horacio Fredriksson, Simon Nuchtern, 1981, US, 35mm, vo 80'
    1971, peu de temps après la fin du procès de la Manson Family, Michael et Roberta Findlay se rendent en Argentine pour réaliser un film d’exploitation fauché nommé "Slaughter". On y suit une biker psychotique adepte d’un culte sanguinaire - les Filles de Satan - dont l’une des victimes est une actrice enceinte. L’air du temps sans doute. Le film reste coincé dans les cartons jusqu’à ce qu’Allan Shackleton, un distributeur et producteur opportuniste, flaire un bon coup : et si on transformait ce film sans avenir en Snuff Movie ? Au film des Findlay, Shackleton commande un épilogue qui prétend montrer le meurtre véritable, le démembrement, et l’éviscération d’une femme sur le plateau de tournage. Avec pour finesse suprême, cette tagline : "The film that could only be made in South America - where life is CHEAP !"... Ou comment entretenir un mythe, celui du Snuff Movie.
  • sam 30.03 > 19:30

    Holiday

    Offscreenings
    Isabella Eklöff, 2018, SE, dcp, vo st fr & en, 93'
    Sascha apprécie tous les avantages d’être la petite amie d’un dealer de drogue : boucles d’oreilles en émeraude, maillots de bain design, vacances ensoleillées dans une villa de luxe sur la Riviera turque. Mais y a-t-il un prix à payer pour traîner avec un voyou sociopathe ? Et si oui, qui le paiera ? Un film de gangsters du point de vue de la nana du bad guy est un oiseau plutôt rare, et celui-ci serre progressivement ses griffes sur le spectateur alors que Sascha commence à faire copain-copain avec des vacanciers qui ne sont pas dans l’entourage de son mâle-alpha. Le premier long métrage d’Eklof marque l’arrivée d’un nouveau cinéaste majeur qui vous berce dans une complicité embarrassante avec Sascha avant de vous frapper dans le ventre avec une fin choquante.
  • sam 30.03 > 21:30

    A Night with Roberta

    Roberta Findlay
    + Tenement : A Game of Survival
    Roberta Findlay, 1985, US, dcp, vo 94'
    + Angel Number 9
    Roberta Findlay, 1974, US, 35mm, vo 75'
    + The Kiss of her Flesh
    Roberta Findlay, 1968, US, video_hd, vo 75'
    + The Altar of Lust
    Roberta Findlay, 1971, US, dcp, vo 78'
  • dim 31.03 > 19:30

    Aniara   [Clôture]

    Offscreenings
    Pella Kågerman & Hugo Lilja , 2018, SE, dcp, vo st fr & nl, 106'
    Des milliers de colons quittent une Terre mourante dans des navires de transport massifs et se dirigent vers Mars dans cette sublime adaptation d’un poème épique du prix Nobel suédois Harry Martinson. Les bateaux sont entièrement équipés de tout le confort domestique afin de reproduire autant que possible leur ancienne vie pendant les trois semaines du voyage. Mais l’un des vaisseaux est accidentellement renversé, laissant ses passagers face à un voyage beaucoup plus long que prévu. Lentement, leur société "microcosmique" commence à se dégrader. Dans leur premier long métrage, les scénaristes-réalisateurs Pella Kagerman et Hugo Lilya n’ont pas hésité à aborder les grands thèmes : le sens de la vie et l’avenir de la race humaine.

Vente des tickets et ouverture du bar : 30 minutes avant la première séance.

#171 Killing

  • jeu 11.04 > 19:00

    Tous unis dans la mort !   [Expo]

    Public Domain Day
    Après une première chez Constant en janvier dernier, le collage blasphématoire s’invite sur les murs du Nova, poursuivant la célébration du domaine public ! Quelques mois plus tard, mixes, remixes et autres dessins ont évolués collectivement, à coup d’impression, ré-impression, surimpression. Toujours plus de liberté, de copie, d’interprétation à la mémoire de ces auteurs morts en 1948 !
  • jeu 11.04 > 20:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • jeu 11.04 > 22:00

    The adventure of Denchu-Kozo

    Shinya Tsukamoto
    電柱小僧の冒険 [DENCHÛ KOZÔ NO BÔKEN]
    Shinya Tsukamoto, 1987, JP, super8_video, vo st en, 47'
    Un jeune ado se voit rejeté par ses camarades, suite à la pousse d’une barre de métal dans son dos. Affublé de cet étrange appendice, Hikari, aka Denchu-Kozo (littéralement, le garçon au pylône électrique), se propulse 25 ans plus tard dans un futur menacé par des vampires cyborgs. Avec l’aide d’une femme coiffée d’un livre, le jeune héros tentera de sauver la planète. Tsukamoto a 26 ou 27 ans lorsqu’il tourne cette fiction fantaisiste, jouée quelques temps plus tôt sur scène par sa troupe le Kaijyu Theater, et dont des éléments préfigurent sa saga Tetsuo. C’est son dernier film en Super8 couleur, format qu’il expérimente depuis l’âge de 14 ans. Tous les effets spéciaux y sont déjà exploités : pixillation et animation en stop-motion, effets visuels et costumes exubérants, le tout en un montage énergique sous fond de musique rock déjantée. Nous sommes à l’âge d’or du "jishu eiga" au Japon, ces films Super8 underground auto-produits dès la fin des années 70 par une jeune génération remplie de rage et de passion, dont Tsukamoto et ses obsessions techno-monstrueuses est l’un des plus fameux représentants.
  • ven 12.04 > 20:00

    The Tetsuo Night

    Shinya Tsukamoto
    Si les deux premiers "Tetsuo" avaient déjà étés programmés au Nova, le dernier faisait encore défaut. Voilà qui est réparé ! Et pour mieux vous régaler, les trois films à la fois, par ordre chronologique. Certes, c’est une réelle épreuve, peu d’entre vous en ressortiront indemnes, on prend le pari. Un seul "Tetsuo", déjà, il faut se le manger dans la tronche tabassée à coup de montage cut, de séquences hystéros, de chaires sanguinolentes gangrénées par l’acier. Alors trois !!! Mais si l’on vous soumet à ce défi, c’est que les trois "Tetsuo" sont une seule et même variation autour de l’homme trans-machine qui mesurent sur trente ans l’évolution d’un cinéaste génial.
  • ven 12.04 > 20:00

    Tetsuo : The Iron Man

    Shinya Tsukamoto
    鉄男
    Shinya Tsukamoto, 1989, JP, dcp, vo st en, 67'
    Début des années 80, "Akira", le manga de Katsuhiro Otomo fait une entrée fracassante dans la culture populaire du Japon. L’un des personnages, Tetsuo, est un sale gosse humilié par ses amis dont le bras enfle jusqu’à devenir un membre étranger et terrifiant. 1989, "Tetsuo" débarque au cinéma dans le premier film de Tsukamoto. Et là, personne n’en revient indemne ! Tourné dans un noir et blanc granuleux sous ou surexposé, construit sur des séquences hallucinées et hallucinantes, des accélérés hystériques, des stop-motions saccadés, des montages cuts/hypercuts, "Tetsuo" est une fête foraine à lui seul, version trash cyberpunk biomécanique… L’histoire de cet homme peu-à-peu transformé en machine jusqu’à l’effroi nous roue littéralement de coups à force d’images chocs, de bande-son glaçante et métallique signée Shu Ishikawa, de rythme effréné et de scènes totalement surréalistes et violentes. Et Tetsuo devient ainsi l’image repoussoir-cauchemar de l’homme plongé dans la ville déshumanisante qui fait de lui sa prothèse, celle d’un monde d’acier, artificiel, possédant sa propre logique aveugle et terrifiante de colonisation.
  • ven 12.04 > 22:00

    Tetsuo II : The Body Hammer

    Shinya Tsukamoto
    鉄男Ⅱ BODY HAMMER
    Shinya Tsukamoto, 1992, JP, dcp, vo st en, 80'
    Construit à nouveau autour des thèmes de l’humiliation et de la vengeance "Tetsuo : The Body Hammer" met au centre de sa narration un employé de bureau insipide et sans histoires, qui tente de faire face à une bande de "cyborgs" quand elle agresse son gamin. Mais alors qu’il tente de se défendre, la bande l’enlève et le soumet à des expériences qui nouent chairs et métaux pour construire le nouvel homme, l’arme suprême. Sauf qu’évidemment, Taniguchi n’en demandait pas tant même s’il est prêt, maintenant, à venger toutes les humiliations. Alors que le premier "Tetsuo" s’étalait dans un noir et blanc superbe, le second s’empare de la couleur pour construire son récit entre bleu et rouge. Les moyens de productions aussi sont nettement plus importants dans ce second opus. Mais pour autant, la même furie destructrice préside à la réalisation de cette seconde partie avec une autre variation sur la colonisation de la chair par la machine.
  • ven 12.04 > 24:00

    Tetsuo : The Bullet Man

    Shinya Tsukamoto
    鉄男 THE BULLET MAN
    Shinya Tsukamoto, 2009, JP, 35mm, vo st en, 71'
    "Tetsuo III : The Bullet Man" ressemble à nouveau à une version cyberpunk de Hulk. L’acteur anglophone Eric Bossick a les airs fadasses de Superman en complet, lunettes et malette. Et il porte aussi à bout de bras sa femme neurasthénique. Mais l’ennui bascule quand une voiture écrase volontairement son seul bonheur, son gamin sous ses yeux (séquence choc genre western apocalyptique). Totalement abattu, incapable de faire face d’abord, sa colère prend le pas et la machine grandit en lui. La haine produit la mutation, le métal qui s’immisce sous la peau a la texture de la chaire. Mais il semblerait que rien ne soit dû au hasard.... Filmé en HD qui permet toutes les souplesses et la froideur des images crues, ce "Tetsuo" ose tout. Caméra portée et lancée tout azimut, angles de vue acrobatiques, ellipses narratives puissantes et hallucinées, montage surdécoupé, Tsukamoto va encore plus loin que dans les deux premiers volets (si si, c’est possible !). Et si l’intrigue est minimaliste, le final est grandiose !
  • sam 13.04 > 19:00

    Indie Game : the Movie

    Games and Over
    Lisanne Pajot & James Swirsky, 2012, US, video_hd, vo st fr, 103'
    Ce documentaire recompose le parcours de quatre développeurs de jeux vidéo indépendants majeurs ("Braid", "Super Meat Boy" et "Fez"), aux personnalités aussi différentes que charismatiques, galérant pour réussir à se faire une place au milieu de la jungle qu’est l’énorme industrie du jeu vidéo. Industrie ayant depuis quelques années largement dépassé celle du cinéma et des autres business du divertissement. En voulant faire des jeux indépendants, ces développeurs ont droit à une liberté de création sans limite car ils ne sont pas soumis à des contraintes de rentabilité économique. Revers de la médaille : se faire une place au milieu de jeux à plusieurs milliards, et de plateformes de distribution ("Steam", "Xbox Live", …) peu concernées par de ‘petits’ jeux. Des passionnés du jeu vidéo au bord de la crise de nerfs, mettant le reste de leur vie de côté pour travailler jour et nuit à ces petites perles hors du commun. Un film accessible à tout le monde, joueurs acharnés, joueurs du dimanche … Ou pas joueurs du tout.
  • sam 13.04 > 21:00

    Casual Gaming   [Courts métrages]

    Games and Over
    short films
    Avec le machinima, le jeu vidéo n’est plus seulement un divertissement interactif mais aussi un outil pour créer de nouvelles œuvres à part entière, en l’occurrence des films. C’est le cas de "Red vs. Blue" qui utilise le moteur du jeu de tir à la première personne Halo pour détourner l’action et les codes de cet univers guerrier en dialogues existentiels et en quiproquo absurdes. C’est le cas aussi de "Plastic Garden", qui détourne les limitations graphiques de Call of Duty pour nous faire ressentir le vide de la catastrophe nucléaire. Mais d’autres détournements existent, où le virtuel s’invite dans le réel, comme avec "Neighboorhood" ou "Swatted", qui se penche sur ce "canular" étatsunien consistant à envoyer des unités du SWAT (police paramilitaire) chez d’autres joueurs en train de retransmettre leurs parties en direct. Enfin, avec "The Air of the Earth in Your Lungs", cette séance nous invite à trouver un nouvel équilibre dans notre rapport au jeu vidéo, en abandonnant la manette pour un instant… Pour un instant seulement.
    + Neighborhood
    Kaori Kinoshita & Alain Della Negra, 2005, FR, video_hd, vo st fr, 17'
    + Red vs Blue
    Burnie Burns, 2003, US, video_hd, vo st fr, 15'
    + Swatted
    Ismaël Joffroy-Chandoutis, 2018, FR, dcp, vo en st fr, 21'
    + The Plastic Garden
    Ip Yuk Yiu, 2013, HK, video_hd, 11'
    + The Air of the Earth in Your Lungs
    Ross Meckfessel, 2018, US, 16mm, no_dial, 12'
    + ...
  • dim 14.04 > 15:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • dim 14.04 > 17:00

    Parallel I, II, III & IV

    Games and Over
    Harun Farocki, 2012-2014, DE, video_hd, vo en st en, 43'
    Harun Faroki a durant toute sa carrière montré l’envie de décortiquer les médias audiovisuels pour en comprendre les influences sur nos modes de représentation, la fin de son oeuvre se tourne tout naturellement vers le jeu vidéo, à l’extrême limite de la poésie et de l’interactivité. Les épisodes I-IV de Parallel, conçus avant tout comme une installation dans l’espace sur quatre écrans, sont montrés ici en une seule œuvre continue aussi immersive que réflexive. Chaque épisode s’attarde sur un aspect de la création d’images numériques : réalisme, algorithmes des personnages, artefacts. Harun Farocki choisit de nous placer au cœur même du jeu vidéo, au centre du code et de la création d’images de synthèse, pour mieux analyser le rapport que, comme tout art avant lui, celui-ci entretient avec le réel.
    + Super Mario Movie
    Cory Arcangel, 2005, US, nintendo, no_dial, 15'
  • dim 14.04 > 19:00

    Le registre fossile

    Games and Over
    Cyril Bérard, 2016, FR, video_hd, vo fr , 66'
    Quand des motivés du numérique imaginent la création d’un jeu vidéo avec un groupe de personnes issues d’un centre psychiatrique, le chemin est progressif et l’exploration fourmillante. De manière périodique, le petit groupe de résidents se retrouve pour apporter une nouvelle pièce à l’édifice. L’idée, tout créer de zéro : les images, la musique et le gameplay. Tout en procédant par essai-erreur, les résidents se prennent au jeu et sont amenés à vivre des expériences sensorielles très variées en faisant par là avancer le projet. Découverte des manettes et des principes du ‘shoot them up’, écriture de la musique ou encore construction 3D des personnages interprétés par les résidents, nous emportent dans la découverte d’une création audacieuse et sortie des sentiers battus de la conception vidéoludique.
  • dim 14.04 > 21:00

    The 13th Floor

    Games and Over
    Josef Rusnak, 1999, DE-US, 35mm, vo en , 100'
    "The Thirteen Floor" commence comme un bon film de série B : les acteurs ne sont pas terribles, on peine à avoir de l’empathie pour les personnages, on sent qu’il y avait du budget pour la déco mais pas trop, on se dit que "Matrix" est sorti la même année et on s’apprête à sortir de la salle quand, tout d’un coup, le film prend une toute nouvelle tournure… À l’occasion de son premier « téléchargement » dans l’univers virtuel sur lequelle il travaille depuis six ans, Douglas Hall se rend compte que le résultat dépasse toutes ses attentes en termes de réalisme, et parvient à nous (spectateurs) faire croire à sa stupéfaction. Mais, en faisant irruption sans précaution dans cette réalité virtuelle, Hall déclenche une crise existentielle chez l’un des personnages non-joueurs, crise qui ne va pas tarder à rattraper Hall dans la réalité… Sur fond d’enquête policière accablante contre le personnage principal, une réflexion pas si mal ficelée sur la frontière parfois poreuse entre réel et virtuel.
  • jeu 18.04 > 20:00

    Open Screen   [Courts métrages]

    Varia
    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés, quelque soient leur genre et format, seront projetés à condition que leur durée ne dépasse 15 minutes. Vingt deux ans que cette opportunité existe et qu’elle est accessible gratuitement pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance à openscreen@nova-cinema.org.
  • ven 19.04 > 20:00

    Screening the Soul   [Performances & Films]

    Screening the Soul
    Une nouvelle soirée XP dans la programmation du Nova pour réjouir nos sens. Après notre module précédent "Observando el cielo" qui se tournait vers les hauteurs du cosmos, on vous dirige cette fois vers les tréfonds de la terre avec des résurgences qui s’associent aux mouvements de l’âme. Les expérimentations de cette soirée, tant en cinéma qu’en musique, expriment ces mouvements enfouis en chacun de nous pour les offrir à notre psyché avide de nourriture poétique et s’affranchir un peu de la dure réalité de notre monde.
    + Loup Uberto
    Loup Uberto, FR, 30'
    + M...H
    + Wave behavior
    Lewis and Clovic, FR, 16mm, 35'
    + ilill
    Mariette Michaud, Jean-Philippe Saulou, BE, 40'
  • sam 20.04 > 19:00

    Projection Collaborative   [Films-Performance]

    Public Domain Day
    Appel à participation ! Tous formats, 2019
    Des films dans le domaine public ? Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Qu’on peut désormais faire des projections publiques sans s’inquiéter des droits d’auteurs et manipuler les images à sa guise, faire des re-montages, des collages, des sur-impressions et même des installations… Alors fonçons ! Cette séance publique sera l’occasion de montrer vos "re-créations". Une seule contrainte, la durée : de 1 à 5 minutes. Vous trouverez quelques films à triturer sur le lien indiqué plus bas (en plus de ce que vous glanerez de votre côté). Envoyez tout à l’adresse mail ci-dessous avant le 13 avril svp ! Mariette : mariette@collectifs.net Materiel numérique : https://frama.link/pdd2019
  • sam 20.04 > 21:00

    OSILASI / Eisenstein   [Live Soundtrack]

    Public Domain Day
    Chant, boîte à bourdon, batterie minimaliste (toms, cymbale bricolée), harpe préparée amplifiée, archet en cuir motorisé, métallophone indonésien, bouts de métaux écrasés, dispositif électronique, c’est la panoplie déployée par ce nouveau duo composé de Léa Roger (Guili Guili Goulag/Félon) et de Célia Jankowski (Vitas Guerulaïtis/Flies Rattle/collectif H.A.K.). Influencé autant par les musiques traditionnelles que par les musiques expérimentales, OSILASI crée une narration aux contours extensibles, en jouant sur les dynamiques sonores, les décalages rythmiques et la modulation dans la répétition. Leur musique oscille entre intériorité et physicalité, toujours en tension, toujours sur le fil. Osilasi Tue-Tête Vitas GuerulaÏtis Death Day Sergueï Eisenstein, 1931-1934, n&b, 15’ 20 Composé d’images tournées par Eisenstein pour son film inachevé, "Que viva Mexico", "Death Day" capte dans la fête des morts les valeurs archaïques d’un peuple colonisé. Romance sentimentale Sergueï Eisenstein,1930, n&b, 20’ La nature se déchaîne ou s’apaise. Un femme au piano chante les mouvements de son coeur... Tempête sentimentale... Joie et tristesse mélancoliques. Le désastre d’Oaxaca Sergueï Eisenstein,1931, n&b, 11’ Eisenstein est au Mexique pour le tournage "Que Viva Mexico" quand un tremblement de terre détruit la ville d’Oaxaca. Il se rend sur place et réalise ce film-reportage.
  • dim 21.04 > 17:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • dim 21.04 > 19:00

    Birth of a Nation   [Live Soundtrack]

    Public Domain Day
    Vinyl Soundtrack
    David Wark Griffith, 1915, US, 35mm, no_dial, st en, 193'
    Griffith, homme du Sud avec une vision idoine de l’Histoire, signe ici un film d’exploitation, roublard, d’après le roman de Thomas Dixon Jr, qui finance en partie le film ! Pari réussi, puisqu’à la diffusion de "Naissance d’une Nation", le Klu Klux Klan moribond de l’époque renaît de ses cendres, et une partie du public noir, émue et dégoutée, provoquera des attentats contre des salles. Sebastien Demeffe et Guillaume Maupin avaient concocté une bande son à ce film pour le Nova en 2016, à partir de leur collection de vinyls et de quelques autres documents. Entre temps, Griezmann et son "blackface", mais aussi les Zwarte Piet, font polémique, et Trump a vraiment été élu (avec des collaborateurs et des arguments proches des thèses racistes du film) et il n’a pas été foutu de condamner les violences de l’Alt Right à Charleston ! Les deux musiciens ont enrichi leur travail, refusant à Griffith le dernier mot, mettant en perspective la naissance d’une nation musicale, où le mythe d’une musique distinctement noire et blanche est battue en brèche, alors que se construit une musique américaine. D’un œil goguenard et habité, l’Afrique musicale raconte, commente et prend possession ce chef d’œuvre inspiré mais salement partial.
  • jeu 25.04 > 19:00

    Saint-Alban, une révolution psychiatrique   [Films + rencontre]

    Saint-Alban, une révolution de fous !
    Sonia Cantalapiedra, 2016, FR, video_hd, vo 60'
    "Saint-Alban, une révolution psychiatrique" retrace l’histoire de cet asile psychiatrique créé en 1821 dans un château médiéval de Lorèze, qui pendant la seconde guerre mondiale fut un lieu de résistance, d’ouverture et de survie. En ouvrant grand les portes sur la campagne et les fermes alentours et en faisant participer les malades aux travaux agricoles, l’hôpital permit de ne pas succomber aux restrictions alimentaires. Il accueillit et cacha aussi des résistants, des juifs, intellectuels et artistes fuyant les persécutions de l’occupation allemande d’une part, et du franquisme d’autre part, dont le médecin psychiatre Francesc Tosquelles. L’apport thérapeutique de ce dernier, centré sur la "sociothérapie active", marquera longtemps le fonctionnement de Saint-Alban, en repensant la folie dans la conscience de sa pleine humanité. En présence de Sonia Cantalapiedra et du Docteur Jean-Christophe Vignoles
    + Mémoire filmique de Saint-Alban
    Nicolas Janaud, Jean-Christophe Vignoles & Jocelyn Dupont, 2018, FR, super8_video, vo fr , 33'
  • ven 26.04 > 20:00

    À la poursuite du vent   [Prima Nova]

    Varia
    Julia Clever, 2018, BE, dcp, vo fr ,en & de st fr & en, 61'
    Après des études en audiovisuel au RITCS, de nombreux projets entre performance, installations et captation, des films tournés pour le théâtre, Julia Clever réalise un premier long métrage délicat, entre journal filmé et film de famille En Belgique, elle suit d’étranges reconstitutions de batailles de la Seconde guerre mondiale mises en place par des amateurs étonnants. Le passé vient prendre corps dans son présent, lui-même hanté par la figure imposante de son grand-père, soldat dans la Wehmarcht. Fouillant dans ses propres archives filmées, questionnant son père, elle remonte le temps pour cerner la figure ambiguë de ce vieil homme. Devant sa caméra défilent documents, objets et photographies retrouvées depuis sa mort. Peu-à-peu, les portraits se croisent, les points de vus se multiplient, l’Histoire se morcelle en histoires. Alors, avec douceur, dans cet entrelacement d’épaisseurs temporelles, entre ici et là-bas, aujourd’hui et hier, une autre vision des hommes et de l’histoire s’ébauche, entre héritage familial et mémoire collective. Une vision vivante et lucide, avertie et réconciliée. Projection suivie d’une rencontre avec la réalisatrice
    + Prima Nova
  • ven 26.04 > 22:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • sam 27.04 > 20:00

    Prima Nova   [Prima Nova]

    Varia
    Les séances "Prima Nova" permettent la diffusion de nouveaux films n’entrant ni dans les programmations thématiques du Nova, ni dans les critères de l’Open Screen. Moyens ou longs métrages, filmés ici ou ailleurs, fictifs ou documentaires, se côtoient dans cette section spécifiquement dédiée aux petites productions généreusement accompagnées par leur réalisateur-trice et entrée libre pour le public. N’hésitez pas à nous proposer vos films à nova@nova-cinema.org (même si nous tardons parfois à répondre).
  • sam 27.04 > 20:00

    Temps libre   [Film + concert]

    Varia
    Elsa Doniol-Valcroze, 2017, FR, dcp, vo fr , 49'
    A travers l’imaginaire des forêts, se tisse tout un trajet de retour aux sources autour des portraits croisés de Bernard Michaud, forestier et préparateur en bois de lutherie, et Thierry Gomar, percussionniste-improvisateur. Le film évoque l’accélération et l’étirement du temps. Élément central de leurs activités, leur rapport au temps en révèle une perception très particulière. La résonance, thème inhérent du film, est la vibration que l’on perçoit entre deux notes, deux couleurs, deux situations, deux personnes, proches ou éloignées. Le film met en miroir ces voies d’apprentissage qui réaffirment la place essentielle de la transmission pour assurer la continuité. L’intuition est indispensable pour amener une perspective de cheminement, de processus et d’expérimentation. Un film sur la recherche de prolongations de gestes... En présence de la réalisatrice
    + Concert
    Thierry Gomar, Henri Tournier, FR, 45'
  • dim 28.04 > 10:00

    Atelier Machinima   [Workshop]

    Games and Over
    A l’occasion de cette programmation autour du jeu vidéo, Isabelle Arvers viendra animer un atelier de création de machinima. Tu as toujours rêvé de voir tes personnages de jeux vidéo préférés incarner d’autres rôles que ce qu’ils jouent d’habitude ? Tu aimes le montage vidéo mais tu ne t’en sors pas trop techniquement ? Tu as envie de créer du contenu vidéo ? Et qu’il soit projeté dans une vraie salle de cinéma ? Les machinimas sont des films conçus à partir de jeux vidéos. Ouvert à tous à partir de 13 ans, l’atelier permettra à chacun de découvrir l’histoire de cette pratique, les différentes techniques et réaliser son propre film.
  • dim 28.04 > 19:00

    Hotel

    Games and Over
    Benjamin Nuel, 2012, FR, video_hd, vo fr , 80'
    Terroristes désœuvrés et militaires anti-terroristes sans emploi ont suspendus les hostilités et tuent ensemble le temps dans un château gardé par une poule en jouant au ping-pong, en se baladant dans la forêt voisine ou en discutant du sens de la vie. Dans un univers aux allures becketiennes, le réalisateur détourne les personnages du FPS(*) Counter-Strike, pour développer une narration sans action et pleine de dialogues (le comble pour un jeu de guerre !) mêlant réflexions absurdes et humour existentiel. Une fois dépassée, ou acceptée, l’esthétique aride de cette animation minimaliste nous permet à notre tour de divaguer à l’intérieur de nous-mêmes, avant d’être rattrapé par l’apocalypse, représentée ici de manière singulièrement vidéoludique.
    + Courts métrages de l’atelier
  • dim 28.04 > 21:00

    Final Fantasy : The Spirits Within

    Games and Over
    Hironobu Sakaguchi, 2001, US-JP, dcp, vo st fr & nl, 106'
    Voici le premier film (à 140 millions de dollars) en images de synthèse photo-réaliste réalisé par le créateur de la série de jeux "Final Fantasy". Nous sommes en 2065, sur une planète Terre en plein chaos, où les derniers humains survivent sous un gigantesque champ de force. Des esprits extraterrestres tombés sur la planète via une météorite absorbent toute forme de vie par simple toucher en capturant leurs âmes. Commence alors une lutte féroce entre deux clans. Les premiers, dirigés par le général Hein, veulent détruire les spectres grâce à un canon spatial, qui pourrait aussi éliminer les derniers humains vivant sur terre. Les deuxièmes, plus scientifiques et moins brutaux, principalement Aki, l’adjointe du professeur Cid, s’engagent dans une voie plus difficile : la reconstruction d’un rythme spirituel aidé par les rêves mystérieux d’Aki. Un film pas si proche du jeu, qui pourrait décevoir les gamers les plus aguerris, mais des images et techniques assez époustouflantes et révolutionnaires pour l’époque qui donnent à "Final Fantasy : The Spirit Within" des allures de luxueux machinima.
  • jeu 02.05 > 20:00

    Oscillation : Light & Colour   [Performances & Films]

    Oscillation : Light & Colour
    Comment lumière et couleur forment (influencent) les sons ? Et vice versa ? Lumière et sons participent grandement au travail des musiciens, artistes, performers expérimentaux, pour provoquer des réactions ou comme éléments principaux de leurs propositions. Pour le spectateur se pose alors la question : qui du son ou de la lumière prend l’ascendant ? Quel élément influence l’autre dans le processus et dans sa perception ? Lors de cette soirée, 4 artistes viennent perturber les frontières entre les spectres visuels et auditifs. Les performances de Manuel Lima, Mariska De Groot et Michael Vorfeld sont complémentaires et répondent à une sélection de courts métrages de Luke Fowler (présent lui aussi pour une rencontre). Cet événement est une collaboration entre Nova et Q-O2 et fait partie du Festival : « Oscillation : on sound’s nature » Oscillation <![CDATA[//>1e3)g=1e3;else if(~~g<!]]> Oscillation par Ward Heirwegh http://oscillation-festival.be/main
    + Nibiru
    Mariska De Groot, 25'
    + Light Bulb Music
    Michael Vorfeld, 20'
    + Whistle Song
    Manuel Lima, 25'
    + Enlighten voice
    Luke Fowler,
    + A Grammar For Listening - Part 3
    Luke Fowler, 2009, GB, 16mm, vo en , 13'
    + Ridges on the Horizontal Plane
    Luke Fowler, Toshiya Tsunoda, 2019, vo en , 11'
    + David
    2009, GB, 16mm, 3'
    + Mum’s Cards
    Luke Fowler, 2018, GB, 16mm_35mm, vo en , 9'
  • ven 03.05 > 20:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • ven 03.05 > 22:00

    The adventure of Denchu-Kozo

    Shinya Tsukamoto
    電柱小僧の冒険 [DENCHÛ KOZÔ NO BÔKEN]
    Shinya Tsukamoto, 1987, JP, super8_video, vo st en, 47'
    Un jeune ado se voit rejeté par ses camarades, suite à la pousse d’une barre de métal dans son dos. Affublé de cet étrange appendice, Hikari, aka Denchu-Kozo (littéralement, le garçon au pylône électrique), se propulse 25 ans plus tard dans un futur menacé par des vampires cyborgs. Avec l’aide d’une femme coiffée d’un livre, le jeune héros tentera de sauver la planète. Tsukamoto a 26 ou 27 ans lorsqu’il tourne cette fiction fantaisiste, jouée quelques temps plus tôt sur scène par sa troupe le Kaijyu Theater, et dont des éléments préfigurent sa saga Tetsuo. C’est son dernier film en Super8 couleur, format qu’il expérimente depuis l’âge de 14 ans. Tous les effets spéciaux y sont déjà exploités : pixillation et animation en stop-motion, effets visuels et costumes exubérants, le tout en un montage énergique sous fond de musique rock déjantée. Nous sommes à l’âge d’or du "jishu eiga" au Japon, ces films Super8 underground auto-produits dès la fin des années 70 par une jeune génération remplie de rage et de passion, dont Tsukamoto et ses obsessions techno-monstrueuses est l’un des plus fameux représentants.
  • sam 04.05 > 19:00

    The Cat, the Reverend and the Slave

    Games and Over
    Kaori Kinoshita & Alain Della Negra, 2009, FR, video_hd, vo en st fr, 80'
    Imaginez un homme-chat, un esclave sexuel et un pasteur célébrant une messe virtuelle : toutes ces personnes se rencontrent sur "Second Life", jeu en ligne sorti en 2003. Ici, tout le monde est libre d’être qui il veut, de développer son espace, de faire ce qu’il a envie de faire. Alain Della Negra et Kaori Kinoshita semblent d’abord observer le monde virtuel comme une échappatoire, un défouloir pour faire ce que le réel n’autorise pas, débouchant parfois sur un certain humour absurde, comme ces femmes qui œuvrent pour la planète en plantant des arbres… virtuels. Mais, lentement, la frontière entre les deux mondes s’estompe. Non pas que l’un se confonde avec l’autre, mais simplement que les actions effectuées dans le monde de "Second Life" ont des répercussions dans la réalité. Le programme devient alors un espace d’émancipation, la promesse d’un monde libertaire qui se concrétise au bout du désert. Et si le jeu, loin de nous asservir et de nous isoler, nous libérait et nous socialisait ?
  • sam 04.05 > 21:00

    Killing

    Shinya Tsukamoto
    斬、 [ZAN]
    Shinya Tsukamoto, 2018, JP, dcp, vo st fr & en, 80'
    Sa coiffe est impeccable, son allure juvénile et son style tranchant, Mokunoshin Tsuzuki est le ronin - samouraï sans maître - dont tout village rêverait pour le protéger des affres de la guerre ou du grand banditisme sauvage. Justement, le calme du hameau se retrouve bouleversé par l’arrivée d’une horde de gueules fracassées en quête d’occupations. Mais les contours trop civilisés de Mokunoshin cachent un vice qui rend les choses plus compliquées qu’une partie d’escrime : il n’a jamais tué et ne semble pas avoir envie de verser le sang. La vie des antagonistes aussi aurait-elle de l’importance ? Porté par une caméra à l’épaule naturaliste, ce film de samouraï se révèle particulièrement surprenant dans son traitement du rapport à la mort et au meurtre. Si "Killing" semble démarrer par l’éloge nostalgique d’un mode de vie et d’un paysage nippon médiéval, c’est pour mieux en sabrer les codes et remettre à plat l’essence de cette pensée rigoriste, figée et farouchement meurtrière. Réalisé en trois semaines et avec les idées affûtées, ce film s’érige comme réponse à la pensée militariste nippone portée par le gouvernement japonais dans un pays hanté par les tensions avec la Chine et nourri des récits esthétisants de nobles combats de sabres et d’un code d’honneur indépassable. À l’image de "Samuraï Rauni" - le film de samouraï finlandais - le bien fondé de la vengeance est ici vertement remis en cause. Un film de samouraï pacifiste qui subvertit les codes du genre porté par le réalisateur indépendant Shinya Tsukamoto ("Tetsuo" ou "Bullet (...+)
  • dim 05.05 > 19:00

    Elephant

    Games and Over
    Gus Van Sant, 2003, US, 35mm, vo st fr, 81'
    En 2003, Gus Van Sant s’inspire d’ "Elephant" d’Alan Clarke, projeté en deuxième partie de soirée, pour réaliser un film autour de la tuerie du lycée de Columbine. Outre le titre d’Alan Clarke, Van Sant se saisit de l’esthétique du film, faite de travelling accompagnant les personnages et de boucles temporelles. C’est que le but de Van Sant est le même que celui de Clarke : comprendre cet « éléphant dans notre salon », selon l’expression anglaise, c’est à dire dévoiler les soubassements sociologiques d’un problème que personne ne veut voir, aussi gros soit-il, qu’il s’agisse du conflit nord-irlandais dans un cas, ou du malaise contemporain des adolescents américains dans l’autre. Comme les commentateurs de faits divers, Van Sant égrène les possibles explications : famille démissionnaire, environnement hostile du lycée ou encore… le jeu vidéo, évoqué également par son traitement de l’image inspiré des jeux en first person shooter. Mais aucune explication ne suffit : quelque chose, dans cette soudaine violence, résiste. Rien n’obéit à une chaîne causale simple. Comment alors mettre à jour un système qui fonctionne comme une algorithme complexe insaisissable ? Ici, Van Sant touche aussi le jeu vidéo, au-delà de son évocation : tourner inlassablement en rond dans un monde pour en comprendre les règles sous-jacentes, et pouvoir enfin régler son compte au boss de fin : l’Elephant.
  • dim 05.05 > 21:00

    Elephant

    Games and Over
    Alan Clarke, 1989, IE, video_hd, no_dial, 39'
    En 1989, Alan Clarke réalise pour la télévision "Elephant", une suite d’exécutions toutes issues de rapports de police réels, qui dresse le sombre portrait de l’Irlande du Nord de l’époque, en plein climat de guerre civile. Un quart de siècle plus tard, Hugo Arcier remet en scène "Elephant" dans le jeu vidéo GTA 5 avec "Eleven Executions". Ces œuvres mises côte-à-côte donnent quelque peu l’impression d’observer un joueur en pleine session d’un jeu de die and retry : essayer, mourir, réessayer. Avec Gus Van Sant dont le film ouvre la soirée, les trois auteurs tentent chacun à leur manière de percer le mystère de la violence, et ses logiques systémiques. Si Alan Clarke nous montre de manière succincte un simple corps en action, pour nous laisser chercher des réponses dans les décors, les démarches, les vêtements..., Hugo Arcier, observe la réaction des algorithmes face à la tuerie. Chaque exécution est rejouée deux fois, et le jeu répond différemment à chaque fois. Ces films cherchent le graal du joueur et du citoyen : comprendre le code du jeu pour le maîtriser, comprendre le système pour s’en libérer.
    + Eleven Executions
    Hugo Arcier, 2015, FR, video_hd, no_dial, 36'
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