#179 À la folie / Waanzin

  • ven 18.09 > 21:30

    The ballad of Genesis and Lady Jaye

    À la folie
    Marie Losier, 2011, FR, video, ang st fr, 72'
    Genesis P-Orridge, artiste performeuse, musicienne, figure de proue de l’underground anglo-saxon et originaire de Manchester, réside depuis le début des années 2000 à New-York où elle fait la rencontre dans un donjon BDSM de Lady Jaye qui devient membre de son nouveau groupe Thee Majesty. Les deux femmes se lancent alors dans une expérimentation hors-norme, cherchant par la chirurgie plastique à devenir physiquement semblable, dans l’idée de créer deux parties d’un nouvel être, un être "pandrogyne" qui s’appellerait "Genesis Breyer P-Orridge". Marie Losier, avec une grande habilité, retrace l’histoire de cette double transformation sur fond d’un amour inconditionnel prêt à bousculer les limites corporelles, artistiques ou sociales. C’est la rencontre sulfureuse de la poudre et du canon ! Cette projection s’érige malheureusement en hommage posthume suite à la disparition toute récente de l’artiste (mars 2020) à l’âge de 70 ans, treize années après celle de Lady Jaye... The show must go on !
    + Min Tanaka à La Borde
    Joséphine Guattari / François Pain, 1986, FR, video, vo fr , 12'
  • sam 19.09 > 15:00

    Cinéma ABC, spectacle permanent

    Varia
    Un samedi après-midi léger et sous le signe du spectacle permanent de l’ABC. Entre 15h et 18h, les curieux pourrons passer la tête dans la salle et découvrir quelques bobines issues du fonds ABC sauvé par le Nova. Et tout comme à l’ABC, les titres des films et bandes-annonces ne sont pas annoncés, et leur bon état n’est pas garanti... Surprise ! Le livre de Jimmy Pantera sera également déjà à découvrir au bar où l’auteur vous attendra de pieds fermes.
  •    sam 19.09 > 18:30

    La nécropole du porno

    Varia
    Présentation du livre
    En compagnie de l’auteur et des éditeurs, nous évoquerons l’histoire de l’ABC, du sauvetage de ses archives et le projet de cette édition. Pour accompagner la discussion, nous proposerons les images inédites d’un petit tour du propriétaire improvisé, ainsi que la parole de quelques témoins récitant leur ABC.
  •    sam 19.09 > 20:30

    Les Pornocrates

    Varia
    Jean François Davy, 1976, FR, 35mm, vo fr st ang, 85'
    "Les Pornocrates", prolongeant le célèbre "Exhibition" que réalisait Jean-François Davy un an plus tôt, décrit « à chaud » sur un mode gonzo (avec parfois des interviews d’actrices la bouche pleine !) et avec une légèreté réjouissante les coulisses du porno 70’s : contrats, mode de vie, doublage, publicité…
  • dim 20.09 > 15:00

    Manuel de Libération

    À la folie
    Alexander Kuznetsov, 2016, FR, DCP, ru st fr, 80'
    "As-tu un rêve ? À quoi rêves-tu ?" L’ouverture du film met directement en question la possibilité même de rêver pour ces personnes vivant dans l’internat neuropsychiatrique au coeur de la province sibérienne que le réalisateur a filmé durant six années, donnant lieu à "Territoire de l’amour" en 2010, puis "Manuel de libération". Alexander Kuznetsov délivre un film d’une grande attention, dans la proximité du parcours croisé de deux jeunes femmes en quête de droits fondamentaux abolis par un diagnostic psychiatrique posé dès l’enfance. Machine médicale et machine judiciaire unilatéralement branchées, faisant bloc et filtrant au compte goutte ce qu’elles jugent recevables. Face à l’administration kafkaïenne, opaque et cafardeuse, deux récits de vie depuis cette communauté disparate de laissés-pour-compte tournant sur elle-même, mais où la profondeur des liens, filmés avec une immense délicatesse, s’érigent comme ultime recours contre l’arbitraire de leur condition.
  • dim 20.09 > 17:00

    Scissere

    À la folie
    Peter Mettler, 1982, CA, video, vo ang st fr, 83'
    "Scissere" s’ouvre sur une transe rythmée par des éclats de lumière vibrants. L’œil dévore couleurs, formes et reflets à la surface de l’eau, dans le désordre des feuilles et l’épaisseur d’une forêt. Le premier visage rencontré est celui d’un jeune homme entre quatre murs. La caméra le suit comme une ombre dans les couloirs d’un hôpital. Sur le seuil de la porte, il se retourne et nous plongeons dans son œil. Le film est dédié à Bruno Scissere, un jeune homme que Peter Mettler a rencontré dans un centre de désintoxication. Hors des murs de l’hôpital psychiatrique, le corps du jeune homme se dissout dans le chaos de la ville. Sur sa route, trois personnes entrent dans son champ de vision, l’œil-caméra fusionne avec chacun de leurs regards et se diffracte dans une vision hallucinée. Nous voilà embarqués dans l’errance de ces êtres qui se croisent sans se rencontrer dans les marges du monde.
  •    dim 20.09 > 19:00

    Les Heures Heureuses   [Film + rencontre]

    À la folie
    Martine Deyres, 2019, FR-CH, DCP, vo fr st ang, 77'
    Dans "Les Heures Heureuses", chaque mot et chaque image sont pesés pour nous plonger dans l’histoire depuis les années trente jusqu’aux années septente, et dans la vie quotidienne d’un asile aujourd’hui devenu légendaire : l’Hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole. Avec beaucoup de poésie et de sensibilité, Martines Deyres utilise des images d’époque, nourries par les témoignages de paysans devenus infirmiers grâce à l’enseignement du psychiatre révolutionnaire Francesco de Tosquelles. Ces paroles sans détours livrent la réalité pratique des occupants de Saint-Alban. Les récits intimes de certains pensionnaires créateurs (Forestier, Sirvins, Arneval) s’immiscent dans le déroulé du film. On croise aussi Paul Eluard, réfugié à Saint-Alban pendant la guerre, Jean Dubuffet venu glaner des oeuvres et bien d’autres noms célèbres. Le film prend l’allure d’un conte où se mêlent résistance au nazisme, art brut, surréalisme, nouveau regard sur la folie, socialisation par le travail, invention des clubs thérapeutiques et naissance de la psychothérapie institutionnelle.
  • dim 20.09 > 21:30

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  •    jeu 24.09 > 20:00

    Open Screen

    Varia
    Depuis le début du cinéma Nova, l’Open Screen vous invite à venir montrer librement vos films sur grand écran. Que ce soit votre première œuvre cinématographique ou le fruit de longues années d’expérience, tous les films proposés seront projetés, quels que soient leur genre et format, à la condition de ne pas dépasser 15 minutes. Déjà 23 ans et 9 mois que cette opportunité existe et est accessible gratuitement, pour un public souvent nombreux qu’il ne tient qu’à vous de surprendre ! Alors n’hésitez plus, et envoyez vos films accompagnés d’une fiche technique au moins une semaine à l’avance. Films à envoyer à : openscreen@nova-cinema.org
  • ven 25.09 > 19:00

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  • ven 25.09 > 21:30

    Sileni

    À la folie
    Jan Svankmajer, 2005, CZ, 35mm, vo cs st fr & ang, 115'
    Librement inspiré de deux nouvelles d’Edgar Allan Poe et du Marquis de Sade, cette fiction baroque et transgressive évoque l’apprentissage de la folie humaine à travers le personnage naïf de Jean qui découvre l’ambivalence absurde du monde. Cauchemars, hallucinations, figures et situations grotesques, décadence, humour noir, mise en scène vivante de "La liberté guidant le peuple"... Le tout est ponctué d’innombrables morceaux de barbac animés, chers au "maître tchèque de l’animation". Pour Jan Svankmajer, ce film relève de l’horreur et propose un débat idéologique sur la façon de gérer un asile en explorant une voie médiane entre liberté totale et enfermement coercitif, et en choisissant les pires aspects des deux solutions comme métaphore de nos vies. Un voyage initiatique surréaliste, satirique, imprévisible, loufoque et réjouissant au cœur de la folie. Déjà montré en 2007 au Nova, nous ne résistons pas à le reprogrammer tant il résonne avec notre thématique.
  • sam 26.09 > 18:00

    Ce qu’il reste de la folie

    À la folie
    Joris Lachaise, 2014, FR, DCP, vo fr st ang, 93'
    Dans l’hôpital psychiatrique de Thiaroye en périphérie de Dakar, ce sont les malades qui nous parlent. Leurs paroles témoignent de leur difficulté à comprendre le monde. Ils nous questionnent, remettent en cause nos certitudes. La maladie mentale est envisagée comme s’inscrivant dans les malaises d’une société post-coloniale. L’écrivain Khady Sylla livre son expérience de la maladie mentale tout au long du film. Sur les pas du Docteur Henri Collomb, pionnier d’un rapprochement entre médecine occidentale et médecine traditionnelle, les scènes de transe et rites magiques, loin de tout folklore, sont ici d’autres façons de soigner.
  • sam 26.09 > 20:00

    The act of killing

    À la folie
    Joshua Oppenheimer, 2012, GB-DK-NO-GB, video, vo tl st fr & ang, 158'
    Indonésie 1965. Le général Soeharto se sert de gangsters et d’organisations paramilitaires pour exécuter plus d’un million de personnes accusées d’être communistes. Aujourd’hui, ces hommes participent au régime corrompu et continuent de persécuter leurs opposants en réprimant toute forme d’organisation politique et syndicale dans les villages. Joshua Oppenheimer tente de recueillir les témoignages des victimes des massacres de 1965, mais les interventions brutales de la police rendent ce projet impossible. Une survivante lui dit alors que la meilleure manière de faire comprendre au monde la nature de ce régime de terreur est de filmer la vantardise des tortionnaires. Pendant sept ans, il filme ces hommes dans leur quotidien de criminel et leur donne les moyens de mettre en scène leur version des massacres. De leur imaginaire imbibé de westerns et de films de gangsters hollywoodiens surgissent des scènes d’interrogatoire et d’exécution stupéfiantes et grotesques. Un film hors du commun dont on ne sort pas indemne.
  •    dim 27.09 > 17:00

    Deligny/ Lointain Prochain   [Conférence illustrée]

    Fernand Deligny sur la brèche
    Bruno de Coninck, Clément Toumit, Lou Vercelletto,
    Il y a des textes de jeunesse écrits par Deligny entre 1930 et 1950, des images tournées par sa fille Caroline de 1977 à 1980 auprès de ces gamins, là dans le réseau des aires de séjour cévenol. Et aussi ce petit groupe de travail constitué il y a 3 ans autour de ces documents inédits qu’on leur a confiés, pour les trier et imaginer quel chemin d’édition et de diffusion pourraient les rendre vivants. Une séance de projection et de lecture ouvrira donc cette journée de rencontres consacrée à Fernand Deligny. Intervenants : Bruno de Coninck, Clément Toumit, Lou Vercelletto.
  •    dim 27.09 > 19:00

    Projet N   [Film + rencontre]

    Fernand Deligny sur la brèche
    Fernand Deligny / Alain Cazuc, 1979, FR, video, fr , 56'
    "Ce qui est arrivé à ceux-là, sur ces images, outre les chèvres qui leur sont advenues, ce sont des enfants qui viennent et reviennent de loin. Ils sont autistes, mutiques. À cette mémoire où s’est accumulé tout l’acquis de millénaires et de millénaires de civilisation, il n’y ont pas accès. Le langage est sans doute à la clé de cette mémoire-là, éclipsée". S’ouvrant par ces mots, "Projet N", dont le montage (comme pour "Ce gamin, là") s’adapte au texte, fut néanmoins tourné sans scénario ni structure préalable. Le film associe trois types de séquence : l’organisation du coutumier, la pratique des cartes, les moments d’échanges entre les familles et les membres du réseau. C’est dans cette période du début des années 80 que Deligny précisera sa pensée de l’image. "Projet N" est un film peu montré, en couleur, dont on sort tout imprégné d’une expérience qui met en question l’institué porté par le langage. En présence d’Alain Cazuc et suivi d’une discussion, qui nous fera pénétrer un peu plus dans le coutumier du réseau.
  •    dim 27.09 > 21:30

    Deligny/ Camérer   [Conférence illustrée]

    Fernand Deligny sur la brèche
    Un groupe de recherche travaillant sur l’ouvrage Camérer (à paraître aux éditions L’Arachnéen) viendra nous parler de la caméra Paluche, de la place de l’image dans l’œuvre de Deligny et bien plus encore. Venez échanger avec eux ! Projections, lectures et discussions avec Marlon Miguel et Marina Vidal-Naquet.
  • jeu 01.10 > 19:00

    Scissere

    À la folie
    Peter Mettler, 1982, CA, video, vo ang st fr, 83'
    "Scissere" s’ouvre sur une transe rythmée par des éclats de lumière vibrants. L’œil dévore couleurs, formes et reflets à la surface de l’eau, dans le désordre des feuilles et l’épaisseur d’une forêt. Le premier visage rencontré est celui d’un jeune homme entre quatre murs. La caméra le suit comme une ombre dans les couloirs d’un hôpital. Sur le seuil de la porte, il se retourne et nous plongeons dans son œil. Le film est dédié à Bruno Scissere, un jeune homme que Peter Mettler a rencontré dans un centre de désintoxication. Hors des murs de l’hôpital psychiatrique, le corps du jeune homme se dissout dans le chaos de la ville. Sur sa route, trois personnes entrent dans son champ de vision, l’œil-caméra fusionne avec chacun de leurs regards et se diffracte dans une vision hallucinée. Nous voilà embarqués dans l’errance de ces êtres qui se croisent sans se rencontrer dans les marges du monde.
  • jeu 01.10 > 21:30

    Le moindre geste

    Fernand Deligny sur la brèche
    Fernand Deligny /José Manenti / Jean-pierre Daniel, 1971, FR, video, fr , 105'
    Deligny, éducateur libertaire et écrivain, s’intéresse au cinéma depuis le début des années trente. L’image au sens poétique l’intéresse. Avec "La Grande Cordée", il pense un cinéma documentaire expérimental directement pris en main par les adolescents. Cette tentative s’achèvera d’ailleurs avec le début du tournage du "Moindre geste", en 1962. Produit par l’intermédiaire de Chris Marker (créant SLON pour l’occasion) et projeté à la Semaine de la Critique en 1971 à Cannes, le film met en scène Yves, évadé de l’asile, libre de tout mouvement, déblatèrant une parole qui n’est en l’occurence ni la sienne, ni celle de personne... Oeuvre majeure, radicale, qui laisse une trace indélébile dans le cinéma des années septante et reste à l’heure actuelle sans équivalent.
  •    ven 02.10 > 19:00

    The man whose mind exploded   [Film + débat]

    Psymages
    Toby Amies, 2013, GB-GB, HD, vo ang st fr, 77'
    Documentaire flamboyant, jubilatoire et extravagant qui explore l’étrange relation entre le réalisateur Toby Amies et Drako Zarharzar, figure excentrique du Brighton underground. Pendant quatre ans, Toby a filmé Drako, qui se souvient avoir été modèle pour Salvador Dali mais pas de ce qui lui est arrivé hier. Après deux comas, deux dépressions et deux tentatives de suicide, il vit sa septième vie complètement dans le présent. Toujours heureux malgré la souffrance physique, son petit appartement encombré de souvenirs, de notes et d’art érotique devient sa mémoire et le reflet de son esprit. Il peint chaque jour ses moustaches pour le théâtre de la vie et pour lui, chaque chose est à sa place, l’Amour domine tout. "De tous les cons de la planète, c’est lui le meilleur !" Ce film a émerveillé aux RIM en 2016 et 2018 et mérite d’être projeté encore et encore. Voilà la parfaite occasion de le revoir en 2020 ! La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur Toby Amies et Laurence Mons, membre de Psymages.
  •    ven 02.10 > 21:30

    Alcool, drogues, médicaments et rock’n roll   [Film + débat]

    Psymages
    Matthieu Simon, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 68'
    Le film suit deux itinéraires croisés, au hasard de leurs errances quotidiennes, et évoque la singularité de leur quête artistique et existentielle. Parfois comique, cynique, engagé ou tourmenté, Jean Bon a écrit la plupart de ses chansons à l’hôpital psychiatrique et apprivoise sa maladie mentale ; il est un grand écart permanent entre le premier et le second degré, l’enfance et la souffrance, le rêve et la désillusion. Mag-Ness, ancien délinquant, accumule des milliers de clichés pris dans ses bars familiers avec un appareil instantané rudimentaire. En toile de fond, un paysage urbain déclassé du centre-ville du Havre. Le film parcourt les territoires intimes de ces artistes : le monde de la nuit et de ses ivresses variées, la photographie, la musique et la scène slam, l’ambiance glam punk du roller derby. L’art apparaît alors comme une forme de reconquête de soi. La projection sera suivie d’une rencontre avec le réalisateur Matthieu Simon, Jean Bon un protagoniste du film et Aurélie Ehx, philosophe à l’Autre "Lieu".
  • ven 02.10 > 23:30

    Jeanbonheurs   [Concert]

    Psymages
    Bocassa Agbar 256, FR,
    Bokassa Agbar, dealer charismatique du mouvement des pyjamas bleus, et 256 composent ce groupe hospitalier du Havre pour sublimer leurs maux en musique. En tête de l’art thérapeutique, ils déraillent, déjantent et divaguent sur des terrains propices à leur auto-psy en cours. Diagnostiqués skyzo et bipo, ces deux clowns pathologiques aux douleurs chatoyantes suivent des mesures drastiques en harmonie avec leurs poésies médicamenteuses... Effets secondaires garantis !
  •    sam 03.10 > 17:00

    La mue – Le sanglier et le papillon   [Séance d’écoute]

    À la folie
    Jen Debauche, BE, vo fr , 80'
    "Je travaillais pour la Commission européenne, je pilotais un séminaire au Portugal, je dormais 3 heures par jour. Un matin, au lieu d’aller à mon bureau, j’ai acheté une hâche et l’ai apportée devant la directrice du département qui m’avait embauché…" Bruno raconte calmement cet épisode de sa vie, il en est sorti. Personne n’est à l’abri d’une traversée du miroir en territoire de folie. Les témoignages poignants et fascinants de cette création sonore nous plongent dans une matière fictionnelle intense. La maladie n’est pas que souffrance, elle est aussi matière à réfléchir, à questionner, à inventer. On connait bien les films expérimentaux en pellicule argentique de Jen Debauche au Nova. Cinéaste d’exception et co-fondatrice du laboratoire cinématographique d’artiste LABO BxL, elle déploie ici une nouvelle facette de son travail en abordant le documentaire avec brio, tant dans l’approche que dans le choix des intervenants.
  •    sam 03.10 > 20:00

    Lenz   [Films + rencontre]

    À la folie
    Andras Szirtes, 1984, HU, 35mm, vo hu st fr & ang, 100'
    "L’humanisme triomphera ! Et le monde deviendra un immense hôpital plein de patients et d’infirmiers très humains." Celui qui prononce ces paroles est-il un moine ermite perdu dans les sommets ou une des nombreuses projections que Lenz matérialise par sa pensée ? Lenz est chercheur en physique nucléaire. Suite au diagnostic alarmant de son "dosimètre", il doit partir en retraite dans les montagnes. La nature trop proche trouve en lui des échos inquiétants et amplifie sa folie latente, celle du scientifique clairvoyant. "Lenz" est une adaptation du magnifique texte éponyme de Georg Büchner considéré comme la première nosographie de la schizophrénie. Chaque plan du film est une surprise esthétique. Szirtes recrée le paysage mental de Lenz en utilisant son savoir-faire d’expérimentation sur la pellicule pour mieux évoquer le caractère transcendantal des pérégrinations du chercheur fou. Un chef d’œuvre trop peu visible que nous avons la chance de vous montrer en 35mm en présence du réalisateur.
  • dim 04.10 > 15:00

    Notre nazi

    À la folie
    Robert Kramer, 1984, video, vo de st fr, 114'
    Ovni de cette programmation, film dans un film, Kramer balade sa caméra sur le plateau de tournage de "Wundkanal" de Thomas Harlan (fils de Veit Harlan, cinéaste propagandiste nazi très apprécié du Reich) qui souhaitait engager un véritable criminel de guerre pour le rôle d’un ancien SS censé répondre dans un tribunal à huis clos de ses actes commis pendant la période nazie. Sur le tournage, l’équipe de Harlan se trouve alors aux prises avec cet octogénaire, docteur Alfred Filbert, qui a dirigé et pris part personnellement à plusieurs massacres de masse contre les populations juives de Lituanie et de Biélorussie. Il fut arrêté en 1959, puis jugé et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat de 6800 personnes. Il est néanmoins libéré en 1975 pour raisons médicales. Kramer, avec une extrême finesse, s’immisce au cœur du trouble provoqué par la présence de cet homme dont l’histoire nous est révélée par Thomas Harlan. Bouleversant !
  • dim 04.10 > 17:30

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  •    dim 04.10 > 20:00

    La cinémathèque des laboratoires Sandoz   [Films + rencontre]

    La cinémathèque des laboratoires Sandoz
    Il fut un temps où les grandes entreprises pharmaceutiques soignaient leur image de marque avec le cinéma d’avant-garde. Ce fut le cas des laboratoires Sandoz qui participèrent au renouveau de la psychiatrie par un mécénat cinématographique inimaginable aujourd’hui. À cette époque, Sandoz commercialisait des psychothropes (le fameux LSD entre autres). Ce champ de la médecine permettait de produire des films où il etait question "d’états psychologiques" et où la liberté accordée à l’imaginaire n’était pas encadrée par le discours médical des spécialistes. C’est en tout cas ce que permirent les mécènes cinéphiles Sandoz dont les aspirations artistiques étaient indéniables au vu des films produits. Le Nova a retrouvé quelques perles de cette époque révolue et par la même occasion redécouvert deux cinéastes magnifiques : Jean-Daniel Pollet, cadet de la Nouvelle Vague (dont les films viennent d’être tout récemment restaurés) et Eric Duvivier, neveu du cinéaste Julien Duvivier, maître du film médical et de son expansion, et inventeur d’un genre cinématographique : le film scientifique surréaliste. Pour évoquer et contextualiser cette incroyable épopée de la cinémathèque Sandoz dans les années 60-70, nous accueillerons le cinéaste, écrivain, historien du cinéma Gérard Leblanc qui fut à la fin des années 60, rédacteur en chef de la revue "Médecine et Cinéma" financée par la cinémathèque Sandoz, et cofondateur de la revue engagée "Cinéthique".
  •    jeu 08.10 > 20:00

    Je veux décider du travail jusqu’à ma mort   [Conférence gesticulée]

    Varia
    par Bernard Friot
    « Plus je suis retraité, plus je suis féministe, car j’éprouve ce qu’a d’humiliant le fait d’être nié comme producteur et exalté comme "très utile", "bénévole" et autres lots de consolation. Je refuse l’invitation à "me calmer", à "prendre du temps pour moi après avoir tant travaillé". Je milite pour le temps sans âge, je refuse de devenir vieux à force d’être marginalisé sur l’essentiel : la responsabilité économique. Je ne veux pas être amputé, comme retraité, de l’autre dimension constitutive du travail, à côté de son utilité sociale : la production de valeur. C’est pourquoi je refuse d’être considéré comme un improductif et d’avoir comme pension le différé de mes cotisations consignées dans un compte. J’exige au contraire d’être payé jusqu’à ma mort par une pension à 100% de mon meilleur salaire net quelle que soit ma carrière. C’est pourquoi je me bats pour que toutes et tous, de 18 ans à notre mort, nous soyons mis en responsabilité de produire une valeur économique libérée de la logique capitaliste, et donc décideurs des investissements et des qualifications, propriétaires de notre outil de travail et titulaires de notre salaire. » (Bernard Friot) Economiste et sociologue du travail, Bernard Friot est l’auteur de travaux passionnants sur la sécurité sociale. Dans cette conférence gesticulée, il explique sa passion de chercheur sur le sujet et ses propositions comme celle du salaire à vie. Bernard Friot est présent à Bruxelles à l’invitation du Nova, de FACIR (Fédération des Auteurs Compositeurs et Interprètes Réunis) et d’Econosphères pour des ateliers sur les questions du bénévolat, sur la sécurité sociale de la culture et le statut de personnels de la (...+)
  • ven 09.10 > 19:00

    Compil folle   [Courts métrages]

    À la folie
    + Le ventre un supermonde
    Boris Lehman, René Paquot, 1973, BE, super8 > video, vo fr , 20'
    + Scrapbook
    Mike Hoolboom, 2015, CA, super16 > video, vo ang st fr, 18'
    + Natpwe, le festin des esprits
    Jean Dubrel, Tiane Doan Na Champassak, 2012, FR, 16mm > video, sans dial, vo 31'
    + Morsures
    Denis de Wind, 2018, BE, DCP, sans dial, vo fr , 6'
    + L’homme machine
    Denis de Wind, 2017, BE, video, sans dial, vo 12'
    + ...
  •    ven 09.10 > 21:30

    The ballad of Genesis and Lady Jaye

    À la folie
    Marie Losier, 2011, FR, video, ang st fr, 72'
    Genesis P-Orridge, artiste performeuse, musicienne, figure de proue de l’underground anglo-saxon et originaire de Manchester, réside depuis le début des années 2000 à New-York où elle fait la rencontre dans un donjon BDSM de Lady Jaye qui devient membre de son nouveau groupe Thee Majesty. Les deux femmes se lancent alors dans une expérimentation hors-norme, cherchant par la chirurgie plastique à devenir physiquement semblable, dans l’idée de créer deux parties d’un nouvel être, un être "pandrogyne" qui s’appellerait "Genesis Breyer P-Orridge". Marie Losier, avec une grande habilité, retrace l’histoire de cette double transformation sur fond d’un amour inconditionnel prêt à bousculer les limites corporelles, artistiques ou sociales. C’est la rencontre sulfureuse de la poudre et du canon ! Cette projection s’érige malheureusement en hommage posthume suite à la disparition toute récente de l’artiste (mars 2020) à l’âge de 70 ans, treize années après celle de Lady Jaye... The show must go on !
    + Min Tanaka à La Borde
    Joséphine Guattari / François Pain, 1986, FR, video, vo fr , 12'
  •    sam 10.10 > 19:00

    Massou is not dead !   [Rencontre]

    À la folie
    Jean-Marie Massou est décédé le 28 mai 2020 à septante ans. Il ne savait ni lire, ni écrire et vivait totalement seul, isolé en pleine forêt dans le Lot. Véritable figure vivante de l’art brut (il était la figure centrale du film "Le plein pays", montré au Nova), Massou a subjugué son monde quand, pendant plus de trois décennies, il creusait des gouffres gigantesques et des galeries souterraines à la seule force surhumaine de ses bras pour créer ce qu’il nomme "Le Temple", autant qu’il enregistrait des centaines de messages et de rêves prémonitoires sur cassettes audio ou gravait des centaines de pierres et rochers tout autour de sa propriété. Lui appelait cela sa "mission". "La Mission universelle" qui vise à prévenir l’humanité que le monde va à sa perte, qu’il s’agit de protéger ceux qui restent... Lors de cette séance, le collectif La Belle Brute (qui a édité ses disques) présentera quelques points de vue sur son travail, à travers plusieurs axes nourris de matières à voir ou à entendre, des complaintes, des rêves, des messages, des films, des photos, ainsi que sa passion pour le cinéma et le projet de fiction entamé avec lui… La séance sera suivie d’un mix musical de La Belle Brute dans le bar (sous réserve).
  • sam 10.10 > 21:30

    Five Year Diary

    À la folie
    Anne Charlotte Robertson, US, super8 > video, ang st fr,
    Anne Charlotte Robertson (1949-2012) a utilisé la caméra comme outil thérapeutique de lutte contre la solitude et la maniaco-dépression. Son opus "Five Year Diary" dresse sur trente-six heures une chronique de sa vie quotidienne dans le Massachusetts de 1981 à 1997. Conçu comme un moyen de suivre et de mesurer l’évolution de l’image qu’elle a d’elle-même, et en particulier les fluctuations de son poids, ce journal filmé est devenu une ambitieuse épopée à la première personne, comprenant au total quatre-vingt-trois parties (une bobine par partie) le plus souvent centrées sur un seul événement majeur et mineur : une visite à un parent, une dépression nerveuse, la mort traumatique d’un membre de la famille… Émerge alors un mode d’auto-thérapie vital qui s’exprime à travers les multiples couches de voix qu’elle superpose à des commentaires enregistrés par la suite. Ceux-ci révèlent les émotions profondes et instables qui définissent son monde. La Harvard Film Archive est chargée de conserver l’œuvre de Robertson. Cependant une partie des films reste indisponible jusqu’en 2022 selon les conditions de son testament. Lors de cette séance nous projetterons les bobines suivantes : REEL 1. THE BEGINNING - THANKSGIVING, NOVEMBER 3 - DECEMBER 13, 1981 REEL 22. A SHORT AFFAIR (AND) GOING CRAZY, AUG. 23- SEPT. 1, 1982 REEL 83. DECEMBER 24, UNTITLED 1995- MARCH 19, 1997
  • dim 11.10 > 15:00

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  •    dim 11.10 > 17:00

    Estate, a Reverie   [Film + rencontre]

    Périphéries (En ville !)
    Andrea Luka Zimmerman, 2015, GB-GB, HD, vo ang st fr, 83'
    Samuel House était le dernier grand ensemble de logement social du district de Hackney à Londres. Andrea Luka Zimmerman y a vécu pendant dix-sept ans, à une époque où le site et ses habitants avaient été abandonnés par les autorités publiques tant sur le plan architectural que social. Néanmoins, c’était encore un foyer pour la réalisatrice et pour beaucoup d’autres qualifiés par la société d’inadaptés et d’exclus. Pendant sept ans, avant la démolition des bâtiments survenue en 2014, elle y a filmé des portraits intimes des résidents, des reconstitutions historiques conçues avec eux, mais aussi des études de paysage et d’architecture et des scènes dramatisées. Le résultat est un portrait émouvant d’une communauté qui lutte pour sa survie dans un espace voué à la démolition, avec en toile de fond cette question : comment pouvons-nous lutter contre ce qui nous catégorise exclusivement selon notre appartenance à une classe, un sexe, par nos capacités ou nos handicaps, et même par la géographie...?
  •    dim 11.10 > 20:00

    Here for life   [Films + rencontre]

    Périphéries (En ville !)
    Andrea Luka Zimmerman, Adrian Jackson, 2018, GB-GB, HD, vo ang st fr, 87'
    Tandis qu’Andrea Luka Zimmerman s’intéresse dans son travail aux thématiques de la mémoire et de la justice sociale envers les groupes marginalisés, Adrian Jackson est un praticien du théâtre des opprimés. Pour réaliser "Here for Life", ils ont fait équipe avec dix Londoniens indisciplinés qui mènent des existences sauvages, en marge de la société marchande qui transforme leur ville, rend les logements impayables, rétrécit l’espace public et disperse les communautés. Tourné en partie dans un jardin urbain installé sur un ancien dépotoir, entre deux voies ferrées, "Here for Life" dessine avec urgence et grâce une sorte de mosaïque de leurs expériences, de leurs pertes et de leurs émerveillements. Comme un conte populaire contre la dictature de la normalité, dans lequel la dimension collective est nécessaire au changement, sans minimiser les voix individuelles. Déjà montré dans notre programmation estivale de déconfinement, le film a gagné le grand prix du festival de cinéma En ville ! Projection introduite et suivie d’une discussion avec Andrea Luka Zimmerman.
  •    jeu 15.10 > 20:00

    Arguments   [Film + rencontre]

    Therapy Club
    Olivier Zabat, 2019, FR, DCP, vo ang st fr,
    "Si on a honte de ce qu’on est, il est très difficile de se rétablir" nous enseigne Ron Coleman, relevant une manche pour arborer le "Psychotic and proud" qui orne son épaule. Lui est entendeur de voix. Avec sa femme, Karen Taylor, ils réunissent dans leur maison en Écosse des "entendeurs de voix" venus de toute l’Europe. En groupe, ils cherchent les moyens de s’affranchir de la psychiatrie, de se débarrasser de l’étiquette de "schizophrènes" qui les marginalise. À travers des sculptures, des séances d’écriture ou d’enregistrements sonores, ils tentent d’extérioriser ces voix hostiles et menaçantes avec lesquelles ils cohabitent. Avec "Arguments", Olivier Zabat fait exister ces univers imperceptibles pour nous, mais pourtant bien réels pour certains. Avec beaucoup d’humilité et de sensibilité, le cinéaste nous livre un documentaire engagé, sobre et juste, construit comme une mosaïque de portraits d’êtres habités par des voix avec lesquelles ils essaient de négocier. Un film profondément humain, où le collectif et la création l’emportent sur la peur.
  • ven 16.10 > 19:00

    Sandoz / L’ordre

    À la folie
    Jean-Daniel Pollet, 1973, FR, fr st ang, 40'
    "Ne me regarde pas dans les yeux parce qu’on l’attrape par le regard". Raimondakis, avocat érudit, porte-parole des lépreux confinés pendant 50 ans sur l’île de Spinalongas s’adresse à nous et dénonce les mesures d’exclusion que notre société a prises contre les lépreux des siècles durant. Qui sont les monstres ? Les malades, les lépreux, les déformés ? Ou bien la société des gens sains qui met en place la ségrégation sociale pour se protéger de la maladie ? Au fil du récit, les yeux aveugles de Raimondakis nous fixent et deviennent le miroir qui reflète notre propre monstruosité. Personne ne sortira indemne de la projection de "L’ordre", film radical qui s’attira les foudres du corps médical et qui remit en cause l’existence même de la cinémathèque Sandoz. Ce film questionne la santé totalitaire et résonne étrangement avec notre actualité.
    + Le Horla
    Jean-Daniel Pollet, 1966, FR, DCP, vo fr st ang, 38'
  • ven 16.10 > 21:30

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  • sam 17.10 > 17:00

    Ralfs Farben

    À la folie
    Lukas Marxt, 2019, DE-AT-ES-FR, DCP, de st fr & ang, 74'
    "Je ne suis jamais véritablement advenu en ce monde." Ralf s’est retiré depuis longtemps dans les terres désolées de Lanzarote. Il vit seul dans les vestiges d’une villa qui surplombe la mer, à deux pas d’un gigantesque barrage abandonné. Rien ne bouge dans ce territoire minéral, si ce n’est la silhouette de l’homme hirsute ou celle d’un chien sans maître qui arpentent les lieux, chacun pour soi, hors du temps civilisé. La voix de Ralf s’adresse à celui qui est venu l’écouter. Elle répond aux questions laissées dans le silence et nous parle d’existence, de survie, de cloison instable entre les vivants et les morts, de l’avenir de l’humanité dans un monde dominé par l’argent et les "compétiteurs". Lukas Marxt suit les cercles hypnotiques de la pensée de Ralf. Il en saisit les fulgurances comme le miroir du fou capte les éclats de lumières dans la nuit. Une vision puissante, organique, ancrée dans la matière physique et mentale d’un homme que l’on dit "schizophrène".
    + Saute ma ville
    Chantal Akerman, 1968, BE, 16mm, sans dial, 12'
  •    sam 17.10 > 19:00

    La mort de Danton

    Périphéries (En ville !)
    Alice Diop, 2010, FR, vo fr , 64'
    Steve vit en Seine-Saint-Denis dans un quartier populaire. Il est noir et il rêve de tenir le rôle de Danton au théâtre. Pendant trois ans, il a suivi l’enseignement délivré par le Cours Simon à Paris. Alice Diop, sa voisine de palier aux 3000, l’a accompagné dans un voyage social qu’il n’est lui-même pas très sûr d’avoir le droit de faire, coincé par la peur du jugement des autres, par son histoire de gamin des cités "où ton image on en a rien à foutre qu’elle soit propre ou sale. Mais quand tu arrives à Paris c’est pas comme ça". Derrière le portrait délicat et tendre d’un jeune homme de banlieue qui se donne les moyens de faire bouger les curseurs, la réalisatrice filme toute la violence qu’une telle démarche provoque dans une société française très figée. Clichés, stigmatisations, paroles confisquées : pourquoi y-a-t-il toujours un prix à payer pour dépasser les rôles très limités que nos lieux de naissance et de vie nous ont attribués ?
    + Vers la tendresse
    Alice Diop, 2016, FR, HD, vo fr , 38'
  •    sam 17.10 > 19:00

    Vers la tendresse   [Films + rencontre]

    Périphéries (En ville !)
    Alice Diop, 2016, FR, HD, vo fr , 38'
    Comment parler de l’amour quand on est un garçon et qu’on habite dans une cité ? C’est la question à laquelle se cogne Alice Diop avec "Vers la tendresse". Exploration intime du territoire masculin en banlieue, le film fait entendre quatre jeunes hommes avec lesquels la réalisatrice a échangé autour de leurs relations amoureuses : "A Montreuil, des garçons traînent devant chez moi du matin jusqu’au soir. Je me suis dit qu’ils pourraient peut-être porter leur voix et je suis allée les voir. Je leur ai proposé de travailler avec moi et j’ai organisé un atelier avec quatre d’entre eux. En entendant ce que j’avais filmé, ils ont prétendu ne pas s’y reconnaître ; mais m’ont parlé différemment lorsqu’on s’est vus en tête-à-tête" (Alice Diop).
    + La mort de Danton
    Alice Diop, 2010, FR, vo fr , 64'
  • dim 18.10 > 15:00

    Sileni

    À la folie
    Jan Svankmajer, 2005, CZ, 35mm, vo cs st fr & ang, 115'
    Librement inspiré de deux nouvelles d’Edgar Allan Poe et du Marquis de Sade, cette fiction baroque et transgressive évoque l’apprentissage de la folie humaine à travers le personnage naïf de Jean qui découvre l’ambivalence absurde du monde. Cauchemars, hallucinations, figures et situations grotesques, décadence, humour noir, mise en scène vivante de "La liberté guidant le peuple"... Le tout est ponctué d’innombrables morceaux de barbac animés, chers au "maître tchèque de l’animation". Pour Jan Svankmajer, ce film relève de l’horreur et propose un débat idéologique sur la façon de gérer un asile en explorant une voie médiane entre liberté totale et enfermement coercitif, et en choisissant les pires aspects des deux solutions comme métaphore de nos vies. Un voyage initiatique surréaliste, satirique, imprévisible, loufoque et réjouissant au cœur de la folie. Déjà montré en 2007 au Nova, nous ne résistons pas à le reprogrammer tant il résonne avec notre thématique.
  • dim 18.10 > 17:30

    Le Sous-bois des insensés

    À la folie
    Martine deyres, 2015, FR-CH, DCP, fr st ang, 89'
    "Le précaire c’est la base de l’organisationnel, si dans une communauté il n’y a pas de précaire, c’est un camp…" Dernière interview de Jean Oury, fondateur de la clinique de La Borde en France dans le Loir-et-cher, un des lieux les plus inouïs de la prise en charge de la folie humaine, "Le Sous-bois des insensés" dévoile la parole d’un maître sage. Indéniablement maître psychiatre après 65 ans de pratique avec des psychotiques et certainement plus sage que psychiatre pour avoir su élaborer, commenter et enseigner une approche subtile et profondément humaine de la folie, Jean Oury trace les lignes fondamentales de sa pensée en peuplant son récit de références littéraires et d’anecdotes vécus. Sa voix est douce, posée, agréable à entendre, même si de temps à autre un "Faut pas se ficher du monde !" lui échappe. Car au-delà de cette bienveillance qui le caractérise, il incarne un engagement ferme contre tout ce qui nous pousse vers le concentrationnaire, ce qui nous transforme en "petit soldat" privé de liberté.
  •    dim 18.10 > 20:00

    Ingrid + FiveYear Diary + L’ensemble des choses   [Performance]

    À la folie
    + Ingrid
    Interprétation : Nathalie Rjewsky, Texte et mise en scène : Clément Laloy, Scénographie : Jean-François Castel, 30'
    + L’ensemble des choses
    Conception : Thomas Turine, Hélène Mathon, Musique live : Thomas Turine, Voix : Nathalie Rjewsky, Clément Laloy, 30'
  • jeu 22.10 > 19:00

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  • jeu 22.10 > 21:30

    Ce qu’il reste de la folie

    À la folie
    Joris Lachaise, 2014, FR, DCP, vo fr st ang, 93'
    Dans l’hôpital psychiatrique de Thiaroye en périphérie de Dakar, ce sont les malades qui nous parlent. Leurs paroles témoignent de leur difficulté à comprendre le monde. Ils nous questionnent, remettent en cause nos certitudes. La maladie mentale est envisagée comme s’inscrivant dans les malaises d’une société post-coloniale. L’écrivain Khady Sylla livre son expérience de la maladie mentale tout au long du film. Sur les pas du Docteur Henri Collomb, pionnier d’un rapprochement entre médecine occidentale et médecine traditionnelle, les scènes de transe et rites magiques, loin de tout folklore, sont ici d’autres façons de soigner.
  •    ven 23.10 > 20:00

    Seuls les pirates   [Film + rencontre]

    Périphéries (En ville !)
    Gaël Lépingle, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 90'
    Après un court, un documentaire, deux moyens métrages (dont "Une si jolie vallée", en forme de comédie musicale dans le Tarn), "Seuls les pirates" chemine tranquillement, dans la bataille que mènent quelques doux rêveurs, flibustiers ou escrocs en vadrouille contre la gentrification en marche dans leur ville. Entre pavillons urbains, centres commerciaux et nouveaux éco-quartiers, le film avance par tableaux, mélange les genres et se balade entre la chronique sociale, le polar et la romance. Il s’offre des tangentes à travers champs, des parenthèses hors sujets et s’en va sillonner le quotidien de ces braves ordinaires, avec humour et mélancolie. Ce mélange, cette fantaisie, c’est toute la saveur de "Seuls les pirates" qui met en scène avec tendresse et drôlerie le monde modeste de ces petites gens. Et la lutte en jeu est finalement à l’image du film : ce n’est pas seulement un territoire qu’il s’agit de sauver mais plus justement un espace où se rencontrer et s’inventer, des horizons rêvés, des imaginaires.
  • sam 24.10 > 18:00

    Compil folle   [Courts métrages]

    À la folie
    + Le ventre un supermonde
    Boris Lehman, René Paquot, 1973, BE, super8 > video, vo fr , 20'
    + Scrapbook
    Mike Hoolboom, 2015, CA, super16 > video, vo ang st fr, 18'
    + Natpwe, le festin des esprits
    Jean Dubrel, Tiane Doan Na Champassak, 2012, FR, 16mm > video, sans dial, vo 31'
    + Morsures
    Denis de Wind, 2018, BE, DCP, sans dial, vo fr , 6'
    + L’homme machine
    Denis de Wind, 2017, BE, video, sans dial, vo 12'
    + ...
  •    sam 24.10 > 20:30

    Anosognosies   [Performance]

    À la folie
    L'Appétit des Indigestes, BE, vo fr , 55'
    C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir des schizos en vrai ! À partir des textes rédigés lors d’ateliers d’écriture, soignants et soignés, artistes confirmés ou débutants, réunis dans la troupe de théâtre L’Appétit des Indigestes, proposent un spectacle qui interroge les folies, des plus visibles aux plus invisibles, celles des hommes et des femmes que l’on dit ordinaires, celles de ceux que l’on dit fous : la folie admise de l’état amoureux, la folie sociétale de l’utilité et de la rentabilité, la folie de l’ego, la folie des étiquettes et des catégories. L’anosognosie est l’incapacité pour un patient à reconnaître sa maladie. Sur scène, les acteurs dévoilent leurs petites et grandes folies pendant que dans le public, d’autres personnes commentent le spectacle avec une question en toile de fond : qu’est-ce que nos folies et nos anosognosies ont de commun, d’universel et finalement de profondément humain ?
  • dim 25.10 > 15:00

    La cravate

    La cravate
    Mathias Théry, Etienne Chaillou, 2019, FR, DCP, vo fr st ang, 97'
    La cravate, c’est l’attribut du politicien. Pour le Front National, c’est un symbole de sa quête de respectabilité, comme son changement de nom (désormais Rassemblement national), de discours, de look ou sa cure de jeunesse... Né de l’envie de filmer de jeunes politiciens, le film d’Étienne Chaillou & Mathias Théry ("La Sociologue et l’ourson") raconte l’histoire de Bastien, vingt ans au compteur mais déjà cinq comme militant de ce parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, le jeune homme est invité par son supérieur à s’engager davantage. En passant la cravate comme une tenue de combat, il espère pouvoir faire évoluer sa vie. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, le voilà qui se prend à rêver d’une carrière politique. Mais de vieux démons resurgissent qui risquent de briser son ambition... "La cravate" choisit un dispositif narratif d’une grande originalité et se savoure comme un roman. Assis dans un fauteuil, face caméra, Bastien lit sa propre histoire écrite par les réalisateurs, qu’il valide, commente ou dans laquelle il s’oublie, comme tout lecteur ("Est-ce que je suis un connard ?", demande ainsi Bastien à la caméra). En voix off, les auteurs déroulent ce même fil narratif et l’illustrent de séquences tournées à ses côtés. "Nous avions compris que parler frontalement d’un parti que l’on souhaite combattre pouvait être contreproductif", expliquent les réalisateurs. "La force du roman est de centrer l’attention sur un personnage, lequel nous permet d’entrer dans un milieu. Nous avons décidé que ce serait le destin de Bastien qui nous donnerait des clés de compréhension du parti d’extrême-droite et non l’inverse. Chaque étape de sa relation au FN (besoin d’autorité, quête de respectabilité, dissimulation des vieux démons, etc.) nous renseigne sur le parti lui-même." S’emparant du langage de la fiction, se construisant à l’image comme un film de cinéma muet pour laisser place à un véritable travail littéraire de voix off, "La cravate" se construit à rebours du documentaire (...+)
  •    dim 25.10 > 17:00

    Les Heures Heureuses   [Film + rencontre]

    À la folie
    Martine Deyres, 2019, FR-CH, DCP, vo fr st ang, 77'
    Dans "Les Heures Heureuses", chaque mot et chaque image sont pesés pour nous plonger dans l’histoire depuis les années trente jusqu’aux années septente, et dans la vie quotidienne d’un asile aujourd’hui devenu légendaire : l’Hôpital de Saint-Alban-sur-Limagnole. Avec beaucoup de poésie et de sensibilité, Martines Deyres utilise des images d’époque, nourries par les témoignages de paysans devenus infirmiers grâce à l’enseignement du psychiatre révolutionnaire Francesco de Tosquelles. Ces paroles sans détours livrent la réalité pratique des occupants de Saint-Alban. Les récits intimes de certains pensionnaires créateurs (Forestier, Sirvins, Arneval) s’immiscent dans le déroulé du film. On croise aussi Paul Eluard, réfugié à Saint-Alban pendant la guerre, Jean Dubuffet venu glaner des oeuvres et bien d’autres noms célèbres. Le film prend l’allure d’un conte où se mêlent résistance au nazisme, art brut, surréalisme, nouveau regard sur la folie, socialisation par le travail, invention des clubs thérapeutiques et naissance de la psychothérapie institutionnelle.
  • dim 25.10 > 19:00

    Baudouin de Jaer / Wölfli   [Performance]

    À la folie
    INTERPRÉTATIONS DE L’UNIVERS MUSICAL DE ADOLF WÖLFLI par Baudouin de Jaer
    Interné de 1900 à 1930, le bûcheron suisse Adolf Wölfli (1864-1930) se met à dessiner. À sa mort, il laisse dans sa chambre une oeuvre colossale de 25.000 dessins dont 5000 contiennent des notes de musique indéchiffrables. Pendant 80 ans, ces notes restent décoratives. Le hasard pousse Baudouin de Jaer, violoniste et compositeur belge, à en découvrir la clé de déchiffrage qui s’applique sans exception à toutes les partitions de Wölfli. La musique est écrite sur des portées de six lignes, pratique singulière, et en deux passages sur une même portée. Lors du deuxième passage, Adolf Wölfli venait intercaler d’autres notes, la queue vers le bas. Ce système de notation lui permettait ainsi de gagner beaucoup d’espace, sa grande inquiétude étant de manquer de papier. Adolf Wölfli est actuellement considéré comme une figure majeure de l’art brut. Ce concert vous offrira une occasion d’entendre cette musique !
  • dim 25.10 > 21:30

    The act of killing

    À la folie
    Joshua Oppenheimer, 2012, GB-DK-NO-GB, video, vo tl st fr & ang, 158'
    Indonésie 1965. Le général Soeharto se sert de gangsters et d’organisations paramilitaires pour exécuter plus d’un million de personnes accusées d’être communistes. Aujourd’hui, ces hommes participent au régime corrompu et continuent de persécuter leurs opposants en réprimant toute forme d’organisation politique et syndicale dans les villages. Joshua Oppenheimer tente de recueillir les témoignages des victimes des massacres de 1965, mais les interventions brutales de la police rendent ce projet impossible. Une survivante lui dit alors que la meilleure manière de faire comprendre au monde la nature de ce régime de terreur est de filmer la vantardise des tortionnaires. Pendant sept ans, il filme ces hommes dans leur quotidien de criminel et leur donne les moyens de mettre en scène leur version des massacres. De leur imaginaire imbibé de westerns et de films de gangsters hollywoodiens surgissent des scènes d’interrogatoire et d’exécution stupéfiantes et grotesques. Un film hors du commun dont on ne sort pas indemne.
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