La vache [Film]
Espèces d’espèces - films GaavProjeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.
Roar [Nocturne]
Espèces d’espèces - filmsIdée très 70’s que de tourner un film à la gloire des animaux sauvages par le truchement d’un film de genre. Ici, un Survival où une famille est assiégée par une horde de lions. Consacré "film le plus dangereux de tous les temps", il compte en effet son lot d’accidents de plateau, ce qui, au vu des scènes d’attaques animales hallucinantes, se comprend aisément. Des années de tournage furent nécessaires, en comptant les convalescences d’acteurs et actrices lacérées au fur et à mesure des séquences. On y retrouve Tippi Hedren, échappée des "Oiseaux" et des griffes d’Hitchcock, menacée cette fois par des bêtes sauvages avec ses enfants (dont Melanie Griffith) sous la direction de son mari, l’étrange Noel Marshall. Ce dernier joue la plupart des interactions les plus dingues avec les fauves. Le résultat est étonnant et, à défaut de faire rugir, laisse sans voix.
State of Dogs [Film]
Espèces d’espèces - films"State of Dogs" nous conte la parabole de Baasar, un chien de Mongolie qui, mort, refuse de se réincarner en homme comme le veut la croyance populaire. Tué par un chasseur qui a pour mission de débarrasser les rues de la capitale Oulan Bator d’une partie des milliers de canidés errants, l’esprit de Baasar se souvient de sa vie de chien, jadis aimé par une famille nomade des steppes tartares, puis abandonné et rejeté par les humains. Attiré cependant par une jeune citadine enceinte, il ressent un grand danger pour elle : le dragon Rah menace de dévorer le soleil, prémisse à la fin du monde. Plus que la vie d’un chien errant dont on découvre à travers le regard une société traditionnelle, ses mythes et son adaptation à la modernité, l’alchimie de la beauté des images, de la musique et des poèmes qui jalonnent le récit du chien, finissent par transformer "State of Dogs" en une sublime expérience sensorielle sur la condition des êtres vivants.
→ Le 23.09, projection suivie d’une rencontre avec le co-réalisateur Peter Brosens
Jallikattu [Film]
Espèces d’espèces - filmsProjeté lors du Festival Offscreen en 2021, "Jallikattu" est d’un genre nouveau qui a défrayé la chronique de par son étonnante proposition formelle et son intensité. Le titre évoque une fête tamoule où un taureau est lâché dans un village. Les hommes doivent tenter d’entourer l’animal de leurs bras, prouvant ainsi leur dévotion, leur valeur et leur courage. Bien que moins violentes que les équivalents européens entrainant la mort, ces pratiques sont aujourd’hui critiquées. Dans le film, un buffle échappe à son destin de viande et, ce faisant, écrase les cultures d’un village. Une chasse à l’animal s’ensuit, nourrie de plus en plus d’hommes, de différentes positions sociales, aux multiples motifs, enivrés par l’expression de leur virilité et animalité. Une vision maximaliste, effrénée et époustouflante, qui impressionne et questionne comme seul le cinéma de genre peut le faire !
Le Roman de Renard [Cineketje]
Espèces d’espèces - ÉvénementsDans le royaume animal, un goupil nommé Renard, harcèle les habitants. Excédé des plaintes de ses sujets, le roi Lion leur ordonne de ne plus se manger les uns les autres. Renard, carnivore, ne peut se soumettre à cet édit contre-nature, et très vite de nouveaux griefs s’accumulent contre lui… Cette adaptation désopilante de la fameuse épopée moyenâgeuse de même nom, est l’un des premiers et des plus beaux classiques en stop-motion (animation d’objets réels), dont l’espièglerie et la satire sociale n’ont pas pris une ride ! Les adultes y apprécieront les duperies subversives d’un facétieux renard aux dépends des puissants, et les enfants, une cocasse fable anthropomorphe telle celles de Jean de La Fontaine. C’est pourquoi nous proposons ce chef-d’oeuvre en "combi" lors de la soirée d’ouverture, et la semaine suivante en "cineketje" (à partir de 6 ans).
Haulout [Film]
Espèces d’espèces - filmsEvgenia Arbugaeva et Maxim Arbugaev sont nés en Sibérie. La sœur est photographe, le frère cinéaste. Ensemble ou séparément, Evgenia et Maxim documentent la vie dans l’Arctique sibérien. Pour tourner ce court métrage, le duo s’est installé pendant trois mois sur une côte de cette région isolée, dans une hutte battue par les vents. C’est ici que le biologiste marin Maxim Chakilev vient, chaque année à la même période, observer le rassemblement de milliers de morses qui cherchent un peu de repos sur les rivages avant de poursuivre leur migration. Mais le réchauffement des océans entraîne un changement inattendu. En cette année 2020, le climat n’a jamais été aussi chaud dans l’Arctique. Et le biologiste se retrouve bientôt dépassé par les événements… Un film absolument saisissant.
Dierbaren [Film]
Espèces d’espèces - films Sheltered"Dierbaren" nous plonge au cœur d’un refuge pour animaux de compagnie d’Amsterdam. Sans commentaire, ni interview, le film raconte à la fois la condition des pensionnaires meurtris dans leur chair et celle des employés et des bénévoles qui s’en occupent avec compassion. Entre l’arrivée quotidienne d’animaux en souffrance, les soins et la rééducation promulgués sans relâche par une équipe majoritairement féminine, la réalisatrice s’attarde sur les entrevues des candidats à l’adoption d’un animal, voire de maîtres obligés d’abandonner le leur. Au fil des séquences, la chronique s’épaissit d’histoires personnelles, exemplatives du rapport émotionnel qui se joue avec ces petits êtres fragilisés qu’une vie domestique inadaptée. Au final, "Dierbaren" est un hommage à un personnel dévoué qui, malgré les drames vécus, garde l’espoir d’une vie meilleure pour chaque animal recueilli.
Zoo Lock Down [Film]
Espèces d’espèces - filmsLe Zoo de Salzbourg en Autriche est ouvert 365 jours par an, ne laissant aucun répit aux habitants non-humains de cette prison à ciel ouvert. Jusqu’au printemps 2020, où tombe le rideau du confinement planétaire, laissant plusieurs mois les lieux déserts de ses dizaines de milliers de visiteurs. C’est alors qu’Andreas Horvath a pris sa caméra au bond, filmant au jour le jour le zoo jusqu’à l’inéluctable retour à la normale. L’humour décalé engendré par ce temps suspendu parcourt "Zoo Lock Down" qui très vite se transforme en théâtre quasi-burlesque. Dès les premières images, le cadreur-réalisateur nous dévoile le quotidien derrière les décors factices des lieux en une suite de séquences touchant au surréalisme, où les animaux semblent enfin reprendre vie… voire même jouer cette fois dans une pièce de théâtre à ciel ouvert ! La bande sonore travaillée de manière dramatique telle une partition d’opéra n’y est sans doute pas pour rien…
Cemetery [Film]
Espèces d’espèces - filmsAprès un tremblement de terre, Nga, un vieil éléphant, sent venir la fin d’un monde. Sanra, son ami, l’accompagne dans son lent voyage vers le cimetière des éléphants. Invité à partager les ressentis de l’éléphant, le spectateur se retrouve immergé au plus profond de la jungle sri-lankaise, poursuivi par des braconniers, eux aussi à la recherche de ce site immémorial et secret dont ils espèrent voler le trésor. Mais par la magie du cinéma et d’une nature trop grande pour eux, ces chasseurs avides finiront par laisser le spectateur seul témoin d’un voyage hypnotique vers un autre monde, aux limites de la perception sonore et visuelle. À la lisière entre documentaire et arts visuels, le cinéaste espagnol Carlos Casas propose avec “Cemetery” une expérience initiatique et sensorielle vers une compréhension non-humaine de l’espace et du temps.
Cemetery [Film]
Espèces d’espèces - filmsAprès un tremblement de terre, Nga, un vieil éléphant, sent venir la fin d’un monde. Sanra, son ami, l’accompagne dans son lent voyage vers le cimetière des éléphants. Invité à partager les ressentis de l’éléphant, le spectateur se retrouve immergé au plus profond de la jungle sri-lankaise, poursuivi par des braconniers, eux aussi à la recherche de ce site immémorial et secret dont ils espèrent voler le trésor. Mais par la magie du cinéma et d’une nature trop grande pour eux, ces chasseurs avides finiront par laisser le spectateur seul témoin d’un voyage hypnotique vers un autre monde, aux limites de la perception sonore et visuelle. À la lisière entre documentaire et arts visuels, le cinéaste espagnol Carlos Casas propose avec “Cemetery” une expérience initiatique et sensorielle vers une compréhension non-humaine de l’espace et du temps.
Haulout [Film]
Espèces d’espèces - filmsEvgenia Arbugaeva et Maxim Arbugaev sont nés en Sibérie. La sœur est photographe, le frère cinéaste. Ensemble ou séparément, Evgenia et Maxim documentent la vie dans l’Arctique sibérien. Pour tourner ce court métrage, le duo s’est installé pendant trois mois sur une côte de cette région isolée, dans une hutte battue par les vents. C’est ici que le biologiste marin Maxim Chakilev vient, chaque année à la même période, observer le rassemblement de milliers de morses qui cherchent un peu de repos sur les rivages avant de poursuivre leur migration. Mais le réchauffement des océans entraîne un changement inattendu. En cette année 2020, le climat n’a jamais été aussi chaud dans l’Arctique. Et le biologiste se retrouve bientôt dépassé par les événements… Un film absolument saisissant.
Jallikattu [Film]
Espèces d’espèces - filmsProjeté lors du Festival Offscreen en 2021, "Jallikattu" est d’un genre nouveau qui a défrayé la chronique de par son étonnante proposition formelle et son intensité. Le titre évoque une fête tamoule où un taureau est lâché dans un village. Les hommes doivent tenter d’entourer l’animal de leurs bras, prouvant ainsi leur dévotion, leur valeur et leur courage. Bien que moins violentes que les équivalents européens entrainant la mort, ces pratiques sont aujourd’hui critiquées. Dans le film, un buffle échappe à son destin de viande et, ce faisant, écrase les cultures d’un village. Une chasse à l’animal s’ensuit, nourrie de plus en plus d’hommes, de différentes positions sociales, aux multiples motifs, enivrés par l’expression de leur virilité et animalité. Une vision maximaliste, effrénée et époustouflante, qui impressionne et questionne comme seul le cinéma de genre peut le faire !
Phase IV [Nocturne]
Espèces d’espèces - filmsDepuis un désert d’Arizona, des scientifiques captent d’étranges signaux venus de l’espace. Au même moment, des fourmis noires se réunissent par milliers, semblant obéir à des ordres destructeurs. Ernest Hubbs, biologiste, est aux premières loges pour observer ce dérèglement de comportement inquiétant. Avec un spécialiste du langage, ils vont faire une découverte qui dépasse l’entendement. Mais comment l’annoncer au monde ? "Phase IV" est l’unique film de Saul Bass, star d’Hollywood pour ses génériques de "Vertigo", "Anatomy of a Murder" ou encore "West Side Story", Saul Bass a élevé cette discipline au rang d’art. Malgré un budget limité, il nous propose avec "Phase IV" de plonger dans un huis clos Sci-Fi qui regorge de trouvailles visuelles, comme ces macros sur les fourmis, qui nous poussent à l’empathie jusqu’à se demander si elles ne méritent pas de prendre le dessus sur l’humain.
Gorge, cœur, ventre [Film]
Espèces d’espèces - filmsDes vaches, des moutons, un chien et un homme, reliés par un espace, caché, où s’exerce une domination et une destruction du vivant souvent jugées indispensables. Maud Alpi se sert de nos sens pour faire émerger une analyse politique des relations dans un abattoir. Les points de vue de ses personnages émergent par le regard des autres. Les lucarnes s’agrandissent face à l’empathie, qui apparaît comme le grand ennemi de l’industrie de la viande. De la masse des bêtes surgissent des individualités, des tragédies propres à la place très cantonnée que permet cet espace. Boston et Virgile nous offrent leur subjectivité, cachant ainsi un hors champs que le regard préfère éviter. Alors que les positionnements quant à la consommation de viande font débat dans notre société de façon souvent binaire, ce film sensible et puissant propose un pas de côté vers le cinéma, et de se laisser toucher par des regards.
→ Le 30.09 à 20h, projection suivie d’une rencontre avec Maud Alpi.
La vache [Film]
Espèces d’espèces - films GaavProjeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.
Rat Film [Film]
Espèces d’espèces - filmsHagard dans sa poubelle, un rongeur gratte et bondit, avide de liberté. A partir de ce début crissant, Theo Anthony déploie une enquête qui explore le mythe urbain du rat de Baltimore. Urine nauséabonde, dégâts des griffes et autres désagréments ; cette invasion est à l’origine de campagnes de dératisation et autres séances de chasse à coups de batte de baseball. À contre-courant, des amoureux bichonnent ces petites bêtes aux tranchantes incisives. De plans en plans, le film révèle la concordance souhaitée entre terre-à-rats et quartiers pauvres jusqu’à la concrétisation par la planification immobilière des idéaux ségrégationnistes de 1911. Alternant avec audace maquette numérique, rencontres chaleureuses et vues de Baltimore, "Rat Film" quitte la périphérie pour évoquer avec force et intelligence l’impact de rouages tenus secrets sur le destin d’une ville et de sa population, qu’elle soit velue ou non.
Dierbaren [Film]
Espèces d’espèces - films Sheltered"Dierbaren" nous plonge au cœur d’un refuge pour animaux de compagnie d’Amsterdam. Sans commentaire, ni interview, le film raconte à la fois la condition des pensionnaires meurtris dans leur chair et celle des employés et des bénévoles qui s’en occupent avec compassion. Entre l’arrivée quotidienne d’animaux en souffrance, les soins et la rééducation promulgués sans relâche par une équipe majoritairement féminine, la réalisatrice s’attarde sur les entrevues des candidats à l’adoption d’un animal, voire de maîtres obligés d’abandonner le leur. Au fil des séquences, la chronique s’épaissit d’histoires personnelles, exemplatives du rapport émotionnel qui se joue avec ces petits êtres fragilisés qu’une vie domestique inadaptée. Au final, "Dierbaren" est un hommage à un personnel dévoué qui, malgré les drames vécus, garde l’espoir d’une vie meilleure pour chaque animal recueilli.
La plaie [Film]
Espèces d’espèces - films A pragaÀ Porto, se propagent des rumeurs autour de la présence de plus en plus menaçante des goélands. José Roseira, guide énigmatique, nous emmène dans un voyage parsemé d’ambiances terrifiantes, grotesques et irréelles. Les conseils des experts s’y mêlent aux récits populaires, véritables poésies collectives qui évoquent le dialogue complexe entre humains et animaux, qui s’opposent et s’attirent sans cesse, balançant entre peur et fascination. De magnifiques prises de vue et une bande-son détaillée accompagnent notre narrateur qui tente de comprendre au risque de se perdre. Dans ce documentaire qui flirte avec nos souvenirs des "Oiseaux" d’Hitchcock, Porto dévoile ses peurs et ses fantasmes à travers ses légendes animales.
La vache [Film]
Espèces d’espèces - films GaavProjeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.
Zoo Lock Down [Film]
Espèces d’espèces - filmsLe Zoo de Salzbourg en Autriche est ouvert 365 jours par an, ne laissant aucun répit aux habitants non-humains de cette prison à ciel ouvert. Jusqu’au printemps 2020, où tombe le rideau du confinement planétaire, laissant plusieurs mois les lieux déserts de ses dizaines de milliers de visiteurs. C’est alors qu’Andreas Horvath a pris sa caméra au bond, filmant au jour le jour le zoo jusqu’à l’inéluctable retour à la normale. L’humour décalé engendré par ce temps suspendu parcourt "Zoo Lock Down" qui très vite se transforme en théâtre quasi-burlesque. Dès les premières images, le cadreur-réalisateur nous dévoile le quotidien derrière les décors factices des lieux en une suite de séquences touchant au surréalisme, où les animaux semblent enfin reprendre vie… voire même jouer cette fois dans une pièce de théâtre à ciel ouvert ! La bande sonore travaillée de manière dramatique telle une partition d’opéra n’y est sans doute pas pour rien…
E noite na America [Film]
Espèces d’espèces - films Il fait nuit en AmériquePendant le confinement de 2020, on a pu remarquer la présence d’animaux sauvages dans les villes, là où ils ne mettaient habituellement jamais les pattes. À Brasilia, c’est devenu un phénomène courant. Ana Vaz filme ces espèces souvent menacées d’extinction qui, en manque de territoire, se retrouvent à arpenter "nos" espaces. Ces animaux nous regardent ! De fait, ils ne peuvent plus nous ignorer. Régulièrement, les habitants appellent la police environnementale pour signaler leur présence dans leurs jardins. Gardiens de zoo, biologistes et vétérinaires interviennent alors pour en prendre soin. Ana Vaz a choisi de filmer en nuit américaine sur de la pellicule 16mm périmée : la couleur et la texture de l’image nous font nous sentir plus proche du point de vue animal. Ce "film animalier d’éco-terreur", comme le qualifie la cinéaste, pose l’inévitable question de notre rapport aux bêtes sauvages, avec une grande poésie.
→ Le 06.10, projection suivie d’une rencontre avec Ana Vaz.
Roar [Nocturne]
Espèces d’espèces - filmsIdée très 70’s que de tourner un film à la gloire des animaux sauvages par le truchement d’un film de genre. Ici, un Survival où une famille est assiégée par une horde de lions. Consacré "film le plus dangereux de tous les temps", il compte en effet son lot d’accidents de plateau, ce qui, au vu des scènes d’attaques animales hallucinantes, se comprend aisément. Des années de tournage furent nécessaires, en comptant les convalescences d’acteurs et actrices lacérées au fur et à mesure des séquences. On y retrouve Tippi Hedren, échappée des "Oiseaux" et des griffes d’Hitchcock, menacée cette fois par des bêtes sauvages avec ses enfants (dont Melanie Griffith) sous la direction de son mari, l’étrange Noel Marshall. Ce dernier joue la plupart des interactions les plus dingues avec les fauves. Le résultat est étonnant et, à défaut de faire rugir, laisse sans voix.
Dans nos sociétés occidentales, la notion d’espèces “sauvages” est ambivalente. Elle contient à la fois la dimension de ce qui est libre, rare, à protéger, et de ce qui est nuisible, dont il faudrait se protéger, domestiquer voire éradiquer. Cette journée un peu particulière se dépliera autour de différentes relations entre l’humain et le sauvage. Pour tisser la réflexion, nous croiserons les récits et les propositions de nos huit invités, qui dialogueront à partir de leurs livres, sons, films, expériences ou recherches. Nous vous engageons à participer, comme eux, à l’ensemble de la journée !
Les bêtes sauvages [Films + rencontre]
Espèces d’espèces - ÉvénementsDans les parcs de Bruxelles on peut rencontrer corneilles, pigeons, moineaux ou martinets, mais aussi des perruches vertes, ces oiseaux originaires d’Afrique subsaharienne et d’Inde qui ont peu à peu colonisé la ville. Non loin de la frontière franco-belge, la population de renards a soudainement explosé. Comme les hippopotames d’Afrique qui vivent désormais à l’état sauvage en Colombie. Mais que font ces bêtes sauvages si loin de leur environnement naturel ? Une enquête sur la modification du biotope indigène.
→ Projection suivie d’une rencontre avec Eléonore Saintagnan, Grégoire Motte et nos autres invités.
Sauvages imaginaires, sauvages urbains [Rencontre]
Espèces d’espèces - ÉvénementsExploration du "sauvage" à partir de deux ouvrages illustrés... Alexandre Galand, co-auteur de "Sauvage ?" (Seuil, 2022, avec Delphine Jacquot), nous rappellera que cette figure est toujours liée à un regard, et que celles et ceux qu’on qualifie de cet adjectif sont de puissants instigateurs d’imaginaire. Marie Mahler (dessinatrice) et Jean-Michel Leclerq (anthropologue, journaliste et musicien), co-auteurs de "J’habite ici aussi" (CFC, 2022), nous transmettront des récits de rencontres entre humains et animaux sauvages en milieu urbain. Deux de leurs témoins les accompagneront : Willy Vandevelde, garde-forestier à Bruxelles, et Chloé Vanden Berghe qui nous parlera de la sociabilisation des renards en ville, objet de sa thèse de doctorat en sociologie.
Depuis sa cabane, Jean écoute et enregistre les sons des animaux qui peuplent la forêt de Lozère. Une nuit, il entend le cri d’un animal inconnu. Accompagné d’une jeune fille qui chante avec les oiseaux, il part à la recherche de la mystérieuse créature...
Et chante la forêt [Rencontre + écoute sonore + film]
Espèces d’espèces - ÉvénementsLa forêt ("silva" en latin), qui a donné son origine au mot "sauvage", est un lieu mystérieux foisonnant de sons. Les chants d’oiseaux, notamment, que certains humains retranscrivent en notes musicales, et que d’autres enregistrent et ralentissent pour les rapprocher de leur propre perception... Bernard Fort, ornithologue et audionaturaliste, est convaincu que les oiseaux ne chantent pas uniquement à des fins utilitaires. Il nous fera écouter quelques-uns de ses enregistrements et conversera avec Alexandre Galand, Docteur en histoire de l’art et archéologie, et auteur de "Field Recording - L’usage sonore du monde en 100 albums" (Le Mot et le reste, 2012).
Miroir des oiseaux + Trois variations sur l’Évolution [Concert éléctroacoustique]
Espèces d’espèces - ÉvénementsÀ la croisée des disciplines, l’ornithologue français Bernard Fort est aussi compositeur électroacoustique et co-fondateur du Groupe Musiques Vivantes de Lyon. Pour clôturer cette journée, il nous fera le plaisir d’interpréter "Trois variations sur l’Évolution" ainsi qu’une quinzaine de pièces du "Miroir des oiseaux". Dans chacune de celles-ci, Bernard Fort tente la présentation du portrait d’un oiseau avec un contrepoint qui répond à ses propositions musicales. Il s’agit donc de compositions "en miroir", permettant d’entendre le sujet dans sa vérité ornithologique ou naturaliste, et son reflet dans une vérité poétique. Tous les oiseaux présentés ici ont été enregistrés en Europe, le choix des espèces répondant à de simples critères musicaux.
Haulout [Film]
Espèces d’espèces - filmsEvgenia Arbugaeva et Maxim Arbugaev sont nés en Sibérie. La sœur est photographe, le frère cinéaste. Ensemble ou séparément, Evgenia et Maxim documentent la vie dans l’Arctique sibérien. Pour tourner ce court métrage, le duo s’est installé pendant trois mois sur une côte de cette région isolée, dans une hutte battue par les vents. C’est ici que le biologiste marin Maxim Chakilev vient, chaque année à la même période, observer le rassemblement de milliers de morses qui cherchent un peu de repos sur les rivages avant de poursuivre leur migration. Mais le réchauffement des océans entraîne un changement inattendu. En cette année 2020, le climat n’a jamais été aussi chaud dans l’Arctique. Et le biologiste se retrouve bientôt dépassé par les événements… Un film absolument saisissant.
Gorge, cœur, ventre [Film]
Espèces d’espèces - filmsDes vaches, des moutons, un chien et un homme, reliés par un espace, caché, où s’exerce une domination et une destruction du vivant souvent jugées indispensables. Maud Alpi se sert de nos sens pour faire émerger une analyse politique des relations dans un abattoir. Les points de vue de ses personnages émergent par le regard des autres. Les lucarnes s’agrandissent face à l’empathie, qui apparaît comme le grand ennemi de l’industrie de la viande. De la masse des bêtes surgissent des individualités, des tragédies propres à la place très cantonnée que permet cet espace. Boston et Virgile nous offrent leur subjectivité, cachant ainsi un hors champs que le regard préfère éviter. Alors que les positionnements quant à la consommation de viande font débat dans notre société de façon souvent binaire, ce film sensible et puissant propose un pas de côté vers le cinéma, et de se laisser toucher par des regards.
→ Le 30.09 à 20h, projection suivie d’une rencontre avec Maud Alpi.
State of Dogs [Film]
Espèces d’espèces - films"State of Dogs" nous conte la parabole de Baasar, un chien de Mongolie qui, mort, refuse de se réincarner en homme comme le veut la croyance populaire. Tué par un chasseur qui a pour mission de débarrasser les rues de la capitale Oulan Bator d’une partie des milliers de canidés errants, l’esprit de Baasar se souvient de sa vie de chien, jadis aimé par une famille nomade des steppes tartares, puis abandonné et rejeté par les humains. Attiré cependant par une jeune citadine enceinte, il ressent un grand danger pour elle : le dragon Rah menace de dévorer le soleil, prémisse à la fin du monde. Plus que la vie d’un chien errant dont on découvre à travers le regard une société traditionnelle, ses mythes et son adaptation à la modernité, l’alchimie de la beauté des images, de la musique et des poèmes qui jalonnent le récit du chien, finissent par transformer "State of Dogs" en une sublime expérience sensorielle sur la condition des êtres vivants.
→ Le 23.09, projection suivie d’une rencontre avec le co-réalisateur Peter Brosens
Olho animal [Film]
Espèces d’espèces - filmsDes théories affirment que les chiens et les humains auraient co-évolué. Hypothèse confirmée par la science qui nous apprend que les canidés ont développé deux muscles au-dessus des yeux (absent chez le loup gris, leur ancêtre direct), grâce auxquels ils peuvent entrer en interaction avec nous. Vif et éloquent, leur regard nous confronte à notre arrogance anthropocentrée. Maxime Martinot signe une comédie animalière singulière qui cherche à démontrer la sincérité de l’animal. Nous invitant à suivre le cheminement d’un cinéaste-chien à la recherche d’une forme, pour raconter l’indicible lien qui l’uni à ses amis canins. Faisant appel à l’histoire du cinéma pour éclairer ses images, le cinéaste nous fait cheminer à travers des regards. La fabrication du film devient alors récit souterrain de sa relation complexe avec sa productrice. S’intéressant à un animal qui sort de l’animalité par sa domestication, Maxime Matrinot questionne aussi l’aliénation de son regard par le cinéma.
→ Le 12.10, en présence du réalisateur et des monteurs Théophile Gay-Mazas et Lou Vercelletto
Rat Film [Film]
Espèces d’espèces - filmsHagard dans sa poubelle, un rongeur gratte et bondit, avide de liberté. A partir de ce début crissant, Theo Anthony déploie une enquête qui explore le mythe urbain du rat de Baltimore. Urine nauséabonde, dégâts des griffes et autres désagréments ; cette invasion est à l’origine de campagnes de dératisation et autres séances de chasse à coups de batte de baseball. À contre-courant, des amoureux bichonnent ces petites bêtes aux tranchantes incisives. De plans en plans, le film révèle la concordance souhaitée entre terre-à-rats et quartiers pauvres jusqu’à la concrétisation par la planification immobilière des idéaux ségrégationnistes de 1911. Alternant avec audace maquette numérique, rencontres chaleureuses et vues de Baltimore, "Rat Film" quitte la périphérie pour évoquer avec force et intelligence l’impact de rouages tenus secrets sur le destin d’une ville et de sa population, qu’elle soit velue ou non.
Cemetery [Film]
Espèces d’espèces - filmsAprès un tremblement de terre, Nga, un vieil éléphant, sent venir la fin d’un monde. Sanra, son ami, l’accompagne dans son lent voyage vers le cimetière des éléphants. Invité à partager les ressentis de l’éléphant, le spectateur se retrouve immergé au plus profond de la jungle sri-lankaise, poursuivi par des braconniers, eux aussi à la recherche de ce site immémorial et secret dont ils espèrent voler le trésor. Mais par la magie du cinéma et d’une nature trop grande pour eux, ces chasseurs avides finiront par laisser le spectateur seul témoin d’un voyage hypnotique vers un autre monde, aux limites de la perception sonore et visuelle. À la lisière entre documentaire et arts visuels, le cinéaste espagnol Carlos Casas propose avec “Cemetery” une expérience initiatique et sensorielle vers une compréhension non-humaine de l’espace et du temps.
Phase IV [Nocturne]
Espèces d’espèces - filmsDepuis un désert d’Arizona, des scientifiques captent d’étranges signaux venus de l’espace. Au même moment, des fourmis noires se réunissent par milliers, semblant obéir à des ordres destructeurs. Ernest Hubbs, biologiste, est aux premières loges pour observer ce dérèglement de comportement inquiétant. Avec un spécialiste du langage, ils vont faire une découverte qui dépasse l’entendement. Mais comment l’annoncer au monde ? "Phase IV" est l’unique film de Saul Bass, star d’Hollywood pour ses génériques de "Vertigo", "Anatomy of a Murder" ou encore "West Side Story", Saul Bass a élevé cette discipline au rang d’art. Malgré un budget limité, il nous propose avec "Phase IV" de plonger dans un huis clos Sci-Fi qui regorge de trouvailles visuelles, comme ces macros sur les fourmis, qui nous poussent à l’empathie jusqu’à se demander si elles ne méritent pas de prendre le dessus sur l’humain.
Souvent, les villes abritent des animaux sauvages dans des zoos qui n’en finissent plus d’inventer arguments et innovations pour justifier leur anachronisme. Leur existence resterait légitime en usant la métaphore de l’arche de Noé, comme outil pédagogique et comme moyen de protéger les espèces qui ont pour certaines déjà disparues à l’état sauvage. On dit se préoccuper de leur santé du point de vue hygiénique et médical, sans évoquer leur bien-être. À grand renfort de communication verte pomme, on accueille en local une biodiversité exogène sous couvert de la destruction de l’écosystème lointain. Ce soir, nous vous proposons de visiter un zoo d’une autre époque avec un Live Soundtrack sur des archives du Zoo d’Anvers, et de déambuler la nuit à travers un zoo contemporain avec "Bleues", une inquiétante balade radiophonique.
Bleues [Séance d’écoute]
Espèces d’espèces - ÉvénementsAu cœur d’une ville banale, un zoo peuplé de créatures humaines et animales. Par une sombre et inquiétante nuit, dans des allées vides, les koalas ronflent, les fauves ne dorment que d’une oreille. Une ambiance peu propice à s’adonner à la solitude, pourtant quelques femmes trainent dans les parages. Une travailleuse veille et élabore les menus. A son passage, les tigres serrent les dents, les guépards salivent. Le crocodile passera t-il à l’acte, lui qui rêve de dévorer un animal de cette espèce ? Une amoureuse transie attend son amant devant le grand aquarium. Dehors, un chauffard bruyant rompt le silence, un meurtre violent vient d’avoir lieu. La tranquillité de la nuit est brisée. "Bleues" est un thriller radiophonique à travers les points de vues et les pensées de cinq femmes qui ne trouvent pas le sommeil. La nuit est redoutable, pleine de mystères et de tourments. Les vautours en profitent pour sortir mais mieux vaut les charognards du zoo que ceux du dehors, n’est-ce pas ?
Zoologie [Live Soundtrack]
Espèces d’espèces - Événements Accompagné en live par Frédérique Franke & Philip MayPresque 10 ans après avoir réalisé un Live Soundtrack sur le film expérimental “Une page folle” de Teinosuke Kinugasa, Frédérique Franke et Philip May reviennent au Nova. Avec un dispositif électronique et des effets, le duo Odessa accompagnera sonorement des courts métrages extraits d’une anthologie de matériels audiovisuels anciens (1910-1960), constituée par la Cinémathèque Royale sur le thème du Zoo d’Anvers. Un mélange de films didactiques, de reportages et de films amateurs datant de la période coloniale, qui montrent tout autant l’animalité captive mise en scène par l’homme blanc que sa propre aliénation, des images de danses folkloriques de masse que des regards fuyants et des corps mal à l’aise, des animaux présentés comme des trophées mais qui sont malades… Des images pleines de paradoxes, qui questionnent notre regard sur les animaux et l’idée même du zoo.
www.soundcloud.com/sassi_franke
www.soundcloud.com/philipmay
Aventures en cryptozoologie [Cineketje]
Espèces d’espèces - Événements théâtre d’ombresCela faisait un bail que l’équipe du théâtre du Nombr’île n’était pas venue présenter leurs créations de théâtre d’ombres au Nova. Les revoilà enfin, avec 2 petites histoires abracadabrantes où la jeune zoologue Lucy se retrouve dans une Écosse mystérieuse à la recherche du fameux monstre du Loch Ness, puis sur les sommets de l’Himayala, dans l’espoir d’y observer le Yéti. Des "aventures en cryptozoologie" aux multiples péripéties, en musique aussi, qui ne manqueront pas d’amuser petits et grands (à partir de 5 ans) !
La plaie [Film]
Espèces d’espèces - films A pragaÀ Porto, se propagent des rumeurs autour de la présence de plus en plus menaçante des goélands. José Roseira, guide énigmatique, nous emmène dans un voyage parsemé d’ambiances terrifiantes, grotesques et irréelles. Les conseils des experts s’y mêlent aux récits populaires, véritables poésies collectives qui évoquent le dialogue complexe entre humains et animaux, qui s’opposent et s’attirent sans cesse, balançant entre peur et fascination. De magnifiques prises de vue et une bande-son détaillée accompagnent notre narrateur qui tente de comprendre au risque de se perdre. Dans ce documentaire qui flirte avec nos souvenirs des "Oiseaux" d’Hitchcock, Porto dévoile ses peurs et ses fantasmes à travers ses légendes animales.
E noite na America [Film]
Espèces d’espèces - films Il fait nuit en AmériquePendant le confinement de 2020, on a pu remarquer la présence d’animaux sauvages dans les villes, là où ils ne mettaient habituellement jamais les pattes. À Brasilia, c’est devenu un phénomène courant. Ana Vaz filme ces espèces souvent menacées d’extinction qui, en manque de territoire, se retrouvent à arpenter "nos" espaces. Ces animaux nous regardent ! De fait, ils ne peuvent plus nous ignorer. Régulièrement, les habitants appellent la police environnementale pour signaler leur présence dans leurs jardins. Gardiens de zoo, biologistes et vétérinaires interviennent alors pour en prendre soin. Ana Vaz a choisi de filmer en nuit américaine sur de la pellicule 16mm périmée : la couleur et la texture de l’image nous font nous sentir plus proche du point de vue animal. Ce "film animalier d’éco-terreur", comme le qualifie la cinéaste, pose l’inévitable question de notre rapport aux bêtes sauvages, avec une grande poésie.
→ Le 06.10, projection suivie d’une rencontre avec Ana Vaz.
Dierbaren [Film]
Espèces d’espèces - films Sheltered"Dierbaren" nous plonge au cœur d’un refuge pour animaux de compagnie d’Amsterdam. Sans commentaire, ni interview, le film raconte à la fois la condition des pensionnaires meurtris dans leur chair et celle des employés et des bénévoles qui s’en occupent avec compassion. Entre l’arrivée quotidienne d’animaux en souffrance, les soins et la rééducation promulgués sans relâche par une équipe majoritairement féminine, la réalisatrice s’attarde sur les entrevues des candidats à l’adoption d’un animal, voire de maîtres obligés d’abandonner le leur. Au fil des séquences, la chronique s’épaissit d’histoires personnelles, exemplatives du rapport émotionnel qui se joue avec ces petits êtres fragilisés qu’une vie domestique inadaptée. Au final, "Dierbaren" est un hommage à un personnel dévoué qui, malgré les drames vécus, garde l’espoir d’une vie meilleure pour chaque animal recueilli.
La vache [Film]
Espèces d’espèces - films GaavProjeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.
D’accord, notre salle n’accueille que 200 sièges ; sur une plateforme de partage vidéo, les paires d’yeux peuvent être innombrables. Mais, l’accumulateur de vues en ligne ne peut rien face à 200 personnes (ou moins, soyons francs, ça arrive aussi), qui s’exclament, vibrent ou sont transies de silence à la découverte des films des vidéastes du soir. En bonus, nous n’avons aucune clause d’exclusivité, nous pouvons même rester muets comme des carpes et taire la présence d’un film dans notre série peu importe la raison invoquée. Films de vacances, production indépendante, tentative de salto à la caméra super8 ou poésie depuis un téléphone de dealer, tout ce qui peut être projeté et qui fait maximum 15 minutes est bienvenu. Une voie royale : l’envoi d’un mail à l’adresse suivante : openscreen@nova-cinema.org
Haulout [Film]
Espèces d’espèces - filmsEvgenia Arbugaeva et Maxim Arbugaev sont nés en Sibérie. La sœur est photographe, le frère cinéaste. Ensemble ou séparément, Evgenia et Maxim documentent la vie dans l’Arctique sibérien. Pour tourner ce court métrage, le duo s’est installé pendant trois mois sur une côte de cette région isolée, dans une hutte battue par les vents. C’est ici que le biologiste marin Maxim Chakilev vient, chaque année à la même période, observer le rassemblement de milliers de morses qui cherchent un peu de repos sur les rivages avant de poursuivre leur migration. Mais le réchauffement des océans entraîne un changement inattendu. En cette année 2020, le climat n’a jamais été aussi chaud dans l’Arctique. Et le biologiste se retrouve bientôt dépassé par les événements… Un film absolument saisissant.
Gorge, cœur, ventre [Film]
Espèces d’espèces - filmsDes vaches, des moutons, un chien et un homme, reliés par un espace, caché, où s’exerce une domination et une destruction du vivant souvent jugées indispensables. Maud Alpi se sert de nos sens pour faire émerger une analyse politique des relations dans un abattoir. Les points de vue de ses personnages émergent par le regard des autres. Les lucarnes s’agrandissent face à l’empathie, qui apparaît comme le grand ennemi de l’industrie de la viande. De la masse des bêtes surgissent des individualités, des tragédies propres à la place très cantonnée que permet cet espace. Boston et Virgile nous offrent leur subjectivité, cachant ainsi un hors champs que le regard préfère éviter. Alors que les positionnements quant à la consommation de viande font débat dans notre société de façon souvent binaire, ce film sensible et puissant propose un pas de côté vers le cinéma, et de se laisser toucher par des regards.
→ Le 30.09 à 20h, projection suivie d’une rencontre avec Maud Alpi.
L’effort après la reconnaissance… Plus d’un an et demi après que la rumba congolaise ait été reconnue en tant que patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, plusieurs questions ont vu le jour. Dont celle de la pérennisation de cet héritage culturel. Ces interrogations nous ont donné envie de réunir des personnes connues et moins connues, afin de nous apporter des éléments de réponse. La soirée, initiée par le label Planet Ilunga et organisée en collaboration avec le laboratoire d’idées IKOTEMA, sera l’occasion de célébrer la richesse culturelle de la rumba congolaise, de vivre l’ambiance et la joie de vivre au cœur de cette musique envoûtante.
Tango Ya Ba Wendo [Film + rencontre]
Concerts & plusCette soirée s’ouvre avec “Tango Ya Ba Wendo” (lingala pour “l’époque de Wendo”) en 16mm. Un retour sur les années ‘40 - ‘50 où les pionniers de la rumba congolaise émergent avec comme figure principale, Wendo Kolosoy. Il évoque avec simplicité et pudeur ses débuts chanceux dans l’industrie musicale, son statut de fils de pleureuse, les liens entre les éditeurs et les musiciens. Parmi de nombreuses anecdotes se distingue celle de son premier succès, Marie-Louise, qui suscita la hantise de l’administration coloniale bien qu’il s’agisse d’une simple chanson d’amour. Ce portrait musical d’une époque, réalisé en 1992 et récompensé au FesPaCo, doté d’une très belle photographie, apparaît comme l’un des documentaires les plus chaleureux et des plus authentiques, sur la rumba congolaise.
Yannick Koy & guests [Concert]
Concerts & plusYannick Koy, chanteur dans plusieurs groupes de rumba congolaise, n’est pas étranger aux bars bruxellois où la rumba congolaise est encore jouée en live. Pour la soirée au Nova, il invite des musiciens-mélomanes comme Petit Poisson, Ya Paulo et d’autres pour jouer une sélection de rumba congolaise dans le thème de la soirée. Pensez Ata Ndele, Maria Tchebo, Africa Mokili Mobimba, Bougie Ya Motema, Parafifi… Laissez-vous transporter par les mélodies entraînantes, les rythmes enivrants et les voix captivantes pour vibrer aux sons d’une authentique rumba congolaise !
La vache [Film]
Espèces d’espèces - films GaavProjeté à Cannes et à la Mostra de Venise à une époque où le cinéma iranien n’existait pas aux yeux du monde, “La Vache” est considérée comme une œuvre pionnière de la Nouvelle vague du cinéma iranien. Influencé par le néoréalisme italien, Dariush Mehrjui l’a réalisée dans un noir et blanc magnifique, avec des acteurs pour la plupart non professionnels. Le film propose un récit universel, d’une grande simplicité, qui produit encore ses effets aujourd’hui. C’est l’histoire d’un animal qui tend un miroir au monde des humains. C’est l’histoire d’un village pauvre. Un village sans électricité, perdu au milieu de collines arides, où Dariush Mehrjui s’intéresse à la relation singulière qu’un villageois entretient avec sa vache. Ce villageois, c’est Hassan. Il n’a pas d’enfants. Sa vache est tout pour lui, et il la soigne d’autant plus qu’elle s’apprête à mettre bas. Mais à son retour d’un voyage à la capitale, la vache n’est plus là. Elle est morte. Les villageois, craignant la réaction d’Hassan, tentent cependant de faire croire qu’elle s’est enfuie. L’homme refuse à la fois de les croire et d’accepter cette situation. Fou de douleur, il s’isole, s’enferme dans sa solitude et, s’identifiant de plus en plus à son animal disparu, subit une sorte de métamorphose. À présent, il est la vache.
→ La séance du 22.09 sera présentée par Talheh Daryanavard, fin connaisseur du cinéma iranien, lui-même réalisateur.
Olho animal [Film]
Espèces d’espèces - filmsDes théories affirment que les chiens et les humains auraient co-évolué. Hypothèse confirmée par la science qui nous apprend que les canidés ont développé deux muscles au-dessus des yeux (absent chez le loup gris, leur ancêtre direct), grâce auxquels ils peuvent entrer en interaction avec nous. Vif et éloquent, leur regard nous confronte à notre arrogance anthropocentrée. Maxime Martinot signe une comédie animalière singulière qui cherche à démontrer la sincérité de l’animal. Nous invitant à suivre le cheminement d’un cinéaste-chien à la recherche d’une forme, pour raconter l’indicible lien qui l’uni à ses amis canins. Faisant appel à l’histoire du cinéma pour éclairer ses images, le cinéaste nous fait cheminer à travers des regards. La fabrication du film devient alors récit souterrain de sa relation complexe avec sa productrice. S’intéressant à un animal qui sort de l’animalité par sa domestication, Maxime Matrinot questionne aussi l’aliénation de son regard par le cinéma.
→ Le 12.10, en présence du réalisateur et des monteurs Théophile Gay-Mazas et Lou Vercelletto
E noite na America [Film]
Espèces d’espèces - films Il fait nuit en AmériquePendant le confinement de 2020, on a pu remarquer la présence d’animaux sauvages dans les villes, là où ils ne mettaient habituellement jamais les pattes. À Brasilia, c’est devenu un phénomène courant. Ana Vaz filme ces espèces souvent menacées d’extinction qui, en manque de territoire, se retrouvent à arpenter "nos" espaces. Ces animaux nous regardent ! De fait, ils ne peuvent plus nous ignorer. Régulièrement, les habitants appellent la police environnementale pour signaler leur présence dans leurs jardins. Gardiens de zoo, biologistes et vétérinaires interviennent alors pour en prendre soin. Ana Vaz a choisi de filmer en nuit américaine sur de la pellicule 16mm périmée : la couleur et la texture de l’image nous font nous sentir plus proche du point de vue animal. Ce "film animalier d’éco-terreur", comme le qualifie la cinéaste, pose l’inévitable question de notre rapport aux bêtes sauvages, avec une grande poésie.
→ Le 06.10, projection suivie d’une rencontre avec Ana Vaz.
Filem’on au Nova [Festival]
Filem’on 26 & 27.10Au Nova, nous faisons découvrir des histoires vivifiantes, émouvantes et réconfortantes racontées du point de vue des enfants et des jeunes, familières à toutes les générations, avec pour décor la Belgique !
→ Le programme complet de Filem’on sera mis en ligne à partir du 30 septembre ici même et sur www.filemon.be. Il figurera aussi dans le programme papier de Filem’on que vous trouverez à l’entrée du Nova.
Aperçu :
→ Tout cela et bien d’autres choses sont à découvrir au Nova les jeudi 26 et vendredi 27 octobre.
Filem’on au Nova [Festival]
Filem’on 26 & 27.10Au Nova, nous faisons découvrir des histoires vivifiantes, émouvantes et réconfortantes racontées du point de vue des enfants et des jeunes, familières à toutes les générations, avec pour décor la Belgique !
→ Le programme complet de Filem’on sera mis en ligne à partir du 30 septembre ici même et sur www.filemon.be. Il figurera aussi dans le programme papier de Filem’on que vous trouverez à l’entrée du Nova.
Aperçu :
→ Tout cela et bien d’autres choses sont à découvrir au Nova les jeudi 26 et vendredi 27 octobre.
Un pélican dans un bassin d’eau en plein désert, entendre soudain une musique douce dans ses oreilles alors qu’on était sourd, voir sa ville natale qui brûle petit à petit, parler à son bourreau dans l’espoir de le faire changer d’avis… Rêves, mais aussi cauchemars et mirages peuplent le cinéma iranien. Un cinéma poétique et politique. Depuis un an, en Iran, on assiste à un véritable rugissement de voix étouffées, notamment celles des femmes. En collaboration avec le collectif "Comment peut-on être persan ?", le Nova propose deux soirées de courts et longs métrages iraniens en résonance avec les évènements récents. Des films d’hier et d’aujourd’hui pour donner à voir les rêves, les espoirs mais aussi les frustrations d’une population sous pression et constater que la dissidence était déjà présente depuis fort longtemps. Un éventail de films qui au travers de regards personnels, et loin des clichés exotiques, montrent et questionnent une réalité complexe. Pour rendre hommage, aussi, par la présence de nombreuses propositions de réalisatrices, au combat au long cours des femmes iraniennes, entre rage et larmes, attentes et détermination.
Fragments persans [Compilation]
Des Rêves Et Resistances - Autour du cinéma iranienEntre passé et présent, cette séance de courts métrages nous fera progressivement entrer en matière, en nous faisant découvrir différentes sensibilités de cinéastes. Le programme débutera par une touche de réalisme magique "à l’orientale" avec “P comme Pélican”, où l’on suit un oiseau qui nous mène jusqu’à une oasis dans un désert d’Iran. Un conte poétique qui nous caresse en douceur, entre espoirs et mirages. Réalisé il y a 50 ans par le réalisateur iranien culte Parviz Kimiavi. “Tight Skin of the Ambience” est signé par un des rares réalisateurs de films expérimentaux iraniens, Mohammad Shirvani. Tourné avec son téléphone, ce film nous emmène dans un parc d’attractions de Téhéran au gré des joyeuses découvertes d’un groupe de sourds et muets qui s’y promènent. ”Gladiolus” de Azadeh Navai s’attarde sur les glaïeuls, une fleur qui joue un rôle très particulier dans les mariages et les funérailles en Iran. Réalisé à partir de séquences found footage, “Subtotals” révèle comment les chiffres sont devenus l’obsession du réalisateur Mohammadreza Farzad. Tourné en Super 8, ”Koocheh Zoghali” de Niyaz Saghari, montre la vie quotidienne dans un quartier populaire de Téhéran. Enfin, dans ”Phobos” la réalisatrice en exile Mina Keshavarz nous conte sa ville natale aux travers des commentaires de sa famille et de ses amis.
Réalisateur qui s’était fait remarquer il y a quelques années avec les films "Bassidji" (2009) et "Iranien" (2014), Mehran Tamadon est plus que jamais dans l’actualité avec deux nouveaux films documentaires conçus en forme de diptyque. Les deux abordent le sujet des prisonniers politiques en Iran, en adoptant des dispositifs et des angles de vue différents. Dans "Where God is Not" Tamadon demande à trois ex-prisonniers et prisonnières de raconter et reconstituer, via une mise en scène qui se veut rudimentaire, l’expérience de détention vécue dans une prison iranienne. Lors de plusieurs interviews, le réalisateur a assuré avoir usé du plus grand tact pour tourner certaines séquences. L’expérience reste néanmoins contraignante et rude à voir, alors que justement on ne "voit" rien, surtout on écoute. L’objectif de Tamadon est clairement que les spectateurs et spectatrices saisissent l’ampleur de l’horreur qui se vit en Iran. Comme dans ses autres films, Tamadon s’appuie sur un dispositif particulier et personnel où la caméra sert à provoquer le réel.
Un pélican dans un bassin d’eau en plein désert, entendre soudain une musique douce dans ses oreilles alors qu’on était sourd, voir sa ville natale qui brûle petit à petit, parler à son bourreau dans l’espoir de le faire changer d’avis… Rêves, mais aussi cauchemars et mirages peuplent le cinéma iranien. Un cinéma poétique et politique. Depuis un an, en Iran, on assiste à un véritable rugissement de voix étouffées, notamment celles des femmes. En collaboration avec le collectif "Comment peut-on être persan ?", le Nova propose deux soirées de courts et longs métrages iraniens en résonance avec les évènements récents. Des films d’hier et d’aujourd’hui pour donner à voir les rêves, les espoirs mais aussi les frustrations d’une population sous pression et constater que la dissidence était déjà présente depuis fort longtemps. Un éventail de films qui au travers de regards personnels, et loin des clichés exotiques, montrent et questionnent une réalité complexe. Pour rendre hommage, aussi, par la présence de nombreuses propositions de réalisatrices, au combat au long cours des femmes iraniennes, entre rage et larmes, attentes et détermination.
"The Sealed Soil" est l’un des rares longs métrages réalisés par une femme, Marva Nabili, produit et tourné en Iran deux ans avant la révolution iranienne de 1979. Le film dépeint le parcours d’une jeune femme de 18 ans qui ne veut pas suivre le même destin que sa mère et sa grand-mère. Prise en étau entre les valeurs traditionnelles de son petit village et les faux espoirs d’une vie meilleure, la jeune femme cherche à vivre une voie différente mais finit par s’isoler de plus en plus. Sa famille, qui juge ses comportements confus et inacceptables, pense qu’elle est possédée par des esprits maléfiques et demande alors l’aide d’un exorciste. En toile de fond le film nous montre une société qui est en pleine transformation. Un changement radical semble s’annoncer, et une révolution, autre que celle de 1979, se dessine : celle des femmes qui s’émancipent. Premier film tourné par une iranienne, le film fut immédiatement censuré et n’a d’ailleurs toujours pas été montré en Iran. Contrairement à de nombreux films de l’époque, "The Sealed Soil" ne présente pas le personnage féminin comme un objet sexuel mais comme un être traversé par des doutes et des questionnements. Chose qui évidemment ne pouvait plaire au régime en place.
"Dream of Silk" est un documentaire de Nahid Rezai , une réalisatrice de Téhéran. En 2003 elle revient dans son école secondaire, vingt ans après l’avoir quittée, pour filmer des jeunes licéennes de 17 ans et les interviewer sur leurs rêves et espoirs . Déjà, on y perçoit le besoin criant de liberté qui traverse la société iranienne aujourd’hui. Frappant quand on sait qu’actuellement ce sont aussi des filles de 17 ans qui se font tirer dessus ou qui sont empoisonnées dans leurs écoles.
Dans ce deuxième volet du dyptique consacré aux affres du régime tortionnaire iranien, Mehran Tamadon, qui vit en France, se met lui-même en scène pour vivre la reconstitution d’un interrogatoire tel qu’il pourrait être mené en Iran par des agents de la République islamique. Il rencontre pour cela plusieurs ex-détenus politique iraniens à qui il demande s’ils veulent bien jouer le rôle du bourreau. Son idée, des plus radicales et extravagantes (disons-le !), serait de montrer le film aux tortionnaires du régime pour qu’ils prennent conscience de leurs actes. C’est finalement Zar Amir Ebrahimi (l’actrice entre autres de "Holy Spider"), qui a aussi subi, dans le passé, des interrogatoires douloureux, qui accepte de revêtir le rôle de l’agente inquisitrice. De par son talent d’actrice, elle réussit à brouiller la ligne ténue entre documentaire et fiction, questionnant pour de ’vrai’ le rôle et le statut de Mehran Tamadon dans le film. Le réel rattrape ainsi la fiction, nous poussant à nous demander si l’intention première du film était viable, et s’il est réellement possible d’instaurer un dialogue avec des tortionnaires.