Vente des tickets et ouverture du bar : 30 minutes avant la première séance.

#174 Ré/créations Révolutions

  • dim 22.09 > 17:00

    Queimada

    Ré/créations Révolutions
    Burn !
    Gillo Pontecorvo, 1969, IT, 132'
    Au milieu d’un 19e siècle où les courants favorables à l’abolitionnisme se multiplient, l’agent colonial anglais William Walker (encore lui !) pousse les esclaves de l’île de Queimada à mener la révolution pour affaiblir l’empire portugais. Son but : renforcer les intérêts économique de l’Angleterre dans les Caraïbes et surtout la production et le commerce de la canne à sucre. Dix ans après le coup d’état donnant le pouvoir aux créoles, Walker est de retour sur l’île mais cette fois-ci au service d’une grande compagnie sucrière pour mater la rébellion qu’il a lui même initiée. En 1969, Gillo Pontecorvo est passé maître de la contre-histoire, loin du story-telling des grands romans nationaux, et appuie là où ça fait mal. Avec Franco Solinas, le scénariste de ses deux précédents films "Kapo" et "La Bataille d’Alger", ils remettent le couvert et s’attellent avec "Queimada" à démonter les rouages de la guerre intrusive dans un empire coloniale à l’aube du capitalisme mondialisé. Véritable démonstration filmique sur la déconstruction du colonialisme – l’émancipation du leader de la rébellion incarné par Evanisto Marquez en est presque archétypal –, ce film sur la résistance à l’oppression reste terriblement d’actualité, ce qui ne manquera pas de vous ravir.
  • dim 22.09 > 20:00

    Chez jolie coiffure

    FESPACO
    Rosine Mbakam, 2018, BE, DCP, fr , 61'
    Sabine vient du Cameroun et tient un petit salon de coiffure dans la galerie à Matonge, Porte de Namur. Dans ce minuscule espace, elle s’occupe des cheveux de ses clientes, mais elle est surtout une oreille attentive aux besoins de ses amis et de sa communauté. A partir de ce petit salon, on vit avec Sabine et ses clientes le regard voyeur des touristes qui passent dans la galerie « africaine » de Bruxelles. Mais on ressent aussi la peur des rafles de flics qui recherchent ceux et celles n’ayant pas les papiers adéquats. Rosine Mbakam filme avec pudeur et justesse, dans une proximité forcée par ce lieu si particulier, et recueille l’histoire bouleversante et puissante de Sabine. Une proposition de cinéma forte sur une situation qui se déroule à quelques centaines de mètres du Nova et dont le film rend compte avec pertinence et empathie.
  • dim 22.09 > 22:00

    Le loup d’or de Balolé

    FESPACO
    Aïcha Boro, 2019, BF, st fr, 80'
    Aïcha Boro filme une carrière de granit à ciel ouvert, d’une impressionnante manière. Photos et cadres magnifiques, de beaux survols, nous font découvrir cet endroit spectaculaire pourtant ignoré par une grande partie de la population de Ouagadougou. Cette présentation formelle engageante et fluide entraîne le spectateur directement au cœur des enjeux de la vie de quelques personnages, parmi quelques 2500 travailleurs s’échinant dans ce trou béant, qui tentent de s’organiser, de créer des solidarités, d’améliorer leurs conditions de travail et leur sécurité. Dans l’après insurrection de 2014, le film arpente les questions que posent ce « nouvel » état des choses, les changements et les espoirs, les déceptions et les prises de consciences émancipatrices qu’elle aura suscité tout en prenant le temps d’écouter et de documenter la riche parole de celles et ceux qui pensent collectivement leur survie.
  • jeu 26.09 > 20:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • ven 27.09 > 20:00

    Moranbong, chronique coréenne

    Armand Gatti
    Claude-Jean Bonnardot, 1959, FR-KP, 35mm, ko st fr, 84'
    Après avoir effectué des voyages en Chine et en Sibérie (en compagnie de Chris Marker), Gatti, récemment devenu rédacteur en chef de "Libération", part en Corée du Nord avec une délégation française, la première d’Europe occidentale à être invitée dans le pays après la guerre de Corée, On y retrouve, entre autres, le chansonnier Francis Lemarque, les cinéastes Chris Marker, Claude Lanzmann et Claude-Jean Bonnardot. C’est avec ce dernier que Gatti se lance dans ce film, dont il écrit le scénario, en s’inspirant de l’observation des blessures de la guerre et du traumatisme de la partition d’une nation. Entièrement tourné sur place, avec des artistes et techniciens locaux, le film, hors de tout exotisme mais avec un parti-pris pacifiste, met en scène l’histoire de deux amoureux séparés par la guerre. Jamais projeté en Corée du Nord jusqu’en 2010, le film fut aussi censuré en France jusqu’en 1963 pour "atteinte à la politique étrangère" du pays.
  • ven 27.09 > 22:00

    Agnus Dei

    Ré/créations Révolutions
    Égi bárány
    Miklós Jancsó, 1971, HU, hu , 90'
    Droit comme un cierge, athlétique et imberbe, il incarne la perfection cléricale. Certainement guidé par le Créateur, il a su faire face au régime proto-soviétique hongrois de 1919 - la République Hongroise des Conseils - et recrute désormais ses ouailles parmi la paysannerie pour, implacable, rétablir l’ordre et punir ce qui dépasse. Avec les communistes, libertaires et anarchistes de tout poil comme cibles de choix de ses rituels assassins. Dans sa trilogie révolutionnaire, Miklós Jancsó – dont nous avons montré le somptueux "Psaume rouge" au mois de juin passé – se sert de ce contexte historique pour mettre en scène la violence des contre-révolutions réactionnaires. Psalmodies et encens embrument l’espace lumineux de ses magnifiques longs plans séquences chorégraphiés avec maestria et des verts vallons sauvés de l’abattement et du désespoir par les chants et musiques d’un peuple qui dispose de ses seuls sons pour narguer le clerc. Un revers de médaille révolutionnaire orchestré d’une magistrale caméra pour un film d’angoisse sociale où ce zélote séducteur incarne à lui seul la renaissance d’un conservatisme mortifère. Jusqu’à la libération finale tant attendue où la musique reprend ses droits...
  • sam 28.09 > 19:00

    Soy Cuba

    Ré/créations Révolutions
    Mikhail Kalatozov, 1964, CU-URSS, 35mm, es st fr, 140'
    Coproduit par l’URSS et Cuba, écrit par un poète russe et un écrivain cubain, la trajectoire du film de Mikhail Kalatozov est marqué par un tournage difficile, le rejet et la censure à sa sortie, et la nuit de l’oubli pour boucler son destin de film maudit. En 1992, il renaît de ses cendres grâce au festival de Telluride et ressort en salle en France en 2003. Ce film mal aimé est pourtant un véritable poème lyrique en hommage aux damnés de la terre. Grâce aux prouesses du chef opérateur Serguei Urussevski, le film déploie de longs plans séquences époustouflants pour se frayer un chemin sensuel et tragique dans l’île à la suite de quatre personnages voués à l’enfer par le capitalisme (l’acteur français Jean Bouise, le Cristobal révolutionnaire de Gatti, est l’un de ses agents). A travers leurs rêves et leurs désespoirs, "Soy Cuba" sinue lentement de la violence du régime de Batista aux prémisses de la révolution de Castro. Loin de tout réalisme social, avec une ambition démesurée, fascinée, formaliste et épique, le film dresse le portrait déchirant d’un peuple réduit à l’esclavage que seules les armes pourront libérer.
  • sam 28.09 > 22:00

    Walker

    Ré/créations Révolutions
    Alex Cox, 1987, ES-US-MX, es , 95'
    William Walker est un marcheur. D’après le récit officiel, il lui arrivait de mener ses troupes au milieu d’un affrontement armé, dans le sifflement des balles. Mercenaire-missionnaire, Ed Harris (ici à contre-emploi) avance avec détermination, en éclaireur. Ni les procureurs démocrates, ni les guerrieros locaux ne le feront dévier de son dessein : apporter Démocratie et Liberté dans le Nicaragua du milieu du XIXème. Mais cela aurait pu être Cuba, l’Europe de 1945, le Chili, la Corée, l’Afghanistan… Les Etats-Unis ne sont-ils pas un phare qui éclaire l’Humanité ? Certes, le sang a dû couler. Mais ne doutons pas que ses valeureux généraux en ont limité les fatales effusions aux indispensables nécessités de la guerre juste. Comme notre héros lors de sa marche salvatrice cyniquement confrontée aux images de cadavres innombrables et aux miraculeux anachronismes du récit, éclairant ainsi le coup d’état reaganien à venir. Film que tout le monde déconseilla à Cox d’entreprendre, voué à l’échec commercial, mais soutenu par la révolte sandiniste. Car plus Walker avance sous nos yeux, plus la noirceur de ce phare si lumineux apparaît…
  • dim 29.09 > 17:00

    Rey

    Ré/créations Révolutions
    Niles Atallah, 2017, FR-CL, DCP, es st fr, 90'
    Chili, 1858. Orllie-Antoine de Tounens, jeune avocat français, débarque en Terre de Feu animé par un rêve : réunifier les peuples Mapuche de Patagonie et d’Araucanie sous une seule et même bannière. Pour mener à bien son vaste projet, il repart vers ces terres éloignées. Pas de bol, son homme de confiance est mort, le nouveau chef est animé d’une haine vis-à-vis des blancs et son guide traducteur a pour fâcheuse tendance à remâcher les paroles des autochtones à sa sauce… Avant même son intronisation, le roi dévisse. Structuré autour de la reconstitution du procès – réel – de Orllie-Antoine de Tounens par les autorités chiliennes, "Rey" s’émancipe du récit purement historique pour fomenter un coup esthético-politique. Au procès peuplé de masques inertes en papier mâché répondent les prises de vue en 16mm grattées et retravaillées de l’histoire narrée par le roi et son guide. Travail de mémoire qui en explore les failles, manipulations et autres fantasmes, "Rey" bascule dans un univers onirique où le travail virtuose des images accompagne le spectateur dans les zones folles d’une histoire oubliée et de la psyché d’un homme dont la volonté est incertaine. Mégalomane pour sûr mais le doute persiste : et si l’histoire sud-américaine était passée à côté d’une révolution majeure, celle de l’émergence d’un territoire autochtone indépendant ?
  • dim 29.09 > 19:00

    L’époque

    Ré/créations Révolutions
    Matthieu Bareyre, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 94'
    Depuis 2005, une année sur deux, sur trois, la France s’enflamme. Des manifestations contre la loi CPE à celles contre la loi travail, des Nuits Debout aux Gilets Jaunes, des ZAD aux émeutes des quartiers, des lycéens aux étudiants, notre imaginaire collectif est désormais saturé de ces images de fumigènes, de voitures brûlées, de CRS qui chargent, de corps qui courent ou reçoivent des coups… Alors "L’époque" est peut être le film qu’on attendait, celui qui arriverait à transformer ce flux constant d’images en l’histoire de notre présent, à les transcender à la hauteur d’un récit cinématographique. Errant à travers les nuits parisiennes, "L’époque" interroge les rêves et les dégoûts d’une jeunesse aux mille visages que son montage lie dans la même matière, celle de l’énergie des corps passionnés, entre colère et joie. Dans ces nuits longues et flottantes où s’abolit le temps et les différences, comme une seule et même nuit hallucinée et rêveuse qui n’en finirait pas, la ville devient aussi un seul immense terrain de lutte et de jeu. Dans l’intimité de l’obscurité, des crépuscules et des demie-teintes, les confidences se déploient, les mots et les corps se libèrent, les visages se croisent, les paroles se mêlent et se répondent. Et les corps, qu’ils luttent, dansent, se heurtent ou se caressent, cherchent à habiter la nuit que seule cette énergie qui lie, rebondit et solidarise pourrait peut-être faire basculer vers un ailleurs plus lumineux, encore inconnu et tant désiré.
  • dim 29.09 > 21:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • jeu 03.10 > 20:00

    L’époque

    Ré/créations Révolutions
    Matthieu Bareyre, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 94'
    Depuis 2005, une année sur deux, sur trois, la France s’enflamme. Des manifestations contre la loi CPE à celles contre la loi travail, des Nuits Debout aux Gilets Jaunes, des ZAD aux émeutes des quartiers, des lycéens aux étudiants, notre imaginaire collectif est désormais saturé de ces images de fumigènes, de voitures brûlées, de CRS qui chargent, de corps qui courent ou reçoivent des coups… Alors "L’époque" est peut être le film qu’on attendait, celui qui arriverait à transformer ce flux constant d’images en l’histoire de notre présent, à les transcender à la hauteur d’un récit cinématographique. Errant à travers les nuits parisiennes, "L’époque" interroge les rêves et les dégoûts d’une jeunesse aux mille visages que son montage lie dans la même matière, celle de l’énergie des corps passionnés, entre colère et joie. Dans ces nuits longues et flottantes où s’abolit le temps et les différences, comme une seule et même nuit hallucinée et rêveuse qui n’en finirait pas, la ville devient aussi un seul immense terrain de lutte et de jeu. Dans l’intimité de l’obscurité, des crépuscules et des demie-teintes, les confidences se déploient, les mots et les corps se libèrent, les visages se croisent, les paroles se mêlent et se répondent. Et les corps, qu’ils luttent, dansent, se heurtent ou se caressent, cherchent à habiter la nuit que seule cette énergie qui lie, rebondit et solidarise pourrait peut-être faire basculer vers un ailleurs plus lumineux, encore inconnu et tant désiré.
  • jeu 03.10 > 22:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • ven 04.10 > 20:00

    Subtle turnhips   [Concert]

    Chadbourne & Subtle Turnhips
    Le minimalisme hargneux des Subtle Turnhips, c’est de la carne : dure à cuire mais savoureuse quand elle est bien faisandée. Le trio vient de publier son cinquième album en vingt ans, comme à chaque fois sur un label différent du précédent épisode, parvenant à maintenir décent cet étonnant grand écart entre les influences de Captain Beefheart et des Brainbombs. Jamais là où on les attend, n’en faisant qu’à leur tête, les Subtle Turnhips exhalent une troublante folie primitive. Le webzine "Perte et Fracas" les saisit à point : "Subtle Turnhips, c’est bon et rebon parce que c’est méchamment basique, candidement rock’n’roll, vicieusement efficace, foutrement attachant et que ça donne soif." Gageons que l’ouverture du concert d’Eugène Chadbourne au Nova sera électrique et poisseuse.
  • ven 04.10 > 22:00

    Eugene Chadbourne   [Concert]

    Chadbourne & Subtle Turnhips
    Eugene Chadbourne est de retour au Nova ! Depuis sa première venue en trio en octobre 2003, il y a souvent remis les pieds, le banjo, les guitares, les grimaces, les reprises, les compos, les duos, les soli, les envolées, du jazz, de la country, du blues, du folk, des boîtes en forme de cercueil, des CD-Rs, des vinyls, des inédits, etc. Évoquer les noms improbables avec qui il a collaboré, ajouterait encore des allitérations et des accumulations à ce texte de présentation qui n’en a pas besoin. La liberté du bonhomme, qu’elle soit intrinsèque à sa musique, la façon de la présenter, de tourner, de voyager, de fabriquer ses disques, lui permet de se renouveler tout en gardant un cap et une passion pour la musique qui ne s’étanche pas avec les ans. Nul doute que de partager la soirée avec un groupe qui, lui aussi, suit ses propres chemins, sera inspirante à plus d’un titre !
  • sam 05.10 > 19:00

    Rey

    Ré/créations Révolutions
    Niles Atallah, 2017, FR-CL, DCP, es st fr, 90'
    Chili, 1858. Orllie-Antoine de Tounens, jeune avocat français, débarque en Terre de Feu animé par un rêve : réunifier les peuples Mapuche de Patagonie et d’Araucanie sous une seule et même bannière. Pour mener à bien son vaste projet, il repart vers ces terres éloignées. Pas de bol, son homme de confiance est mort, le nouveau chef est animé d’une haine vis-à-vis des blancs et son guide traducteur a pour fâcheuse tendance à remâcher les paroles des autochtones à sa sauce… Avant même son intronisation, le roi dévisse. Structuré autour de la reconstitution du procès – réel – de Orllie-Antoine de Tounens par les autorités chiliennes, "Rey" s’émancipe du récit purement historique pour fomenter un coup esthético-politique. Au procès peuplé de masques inertes en papier mâché répondent les prises de vue en 16mm grattées et retravaillées de l’histoire narrée par le roi et son guide. Travail de mémoire qui en explore les failles, manipulations et autres fantasmes, "Rey" bascule dans un univers onirique où le travail virtuose des images accompagne le spectateur dans les zones folles d’une histoire oubliée et de la psyché d’un homme dont la volonté est incertaine. Mégalomane pour sûr mais le doute persiste : et si l’histoire sud-américaine était passée à côté d’une révolution majeure, celle de l’émergence d’un territoire autochtone indépendant ?
  • sam 05.10 > 21:00

    Queimada

    Ré/créations Révolutions
    Burn !
    Gillo Pontecorvo, 1969, IT, 132'
    Au milieu d’un 19e siècle où les courants favorables à l’abolitionnisme se multiplient, l’agent colonial anglais William Walker (encore lui !) pousse les esclaves de l’île de Queimada à mener la révolution pour affaiblir l’empire portugais. Son but : renforcer les intérêts économique de l’Angleterre dans les Caraïbes et surtout la production et le commerce de la canne à sucre. Dix ans après le coup d’état donnant le pouvoir aux créoles, Walker est de retour sur l’île mais cette fois-ci au service d’une grande compagnie sucrière pour mater la rébellion qu’il a lui même initiée. En 1969, Gillo Pontecorvo est passé maître de la contre-histoire, loin du story-telling des grands romans nationaux, et appuie là où ça fait mal. Avec Franco Solinas, le scénariste de ses deux précédents films "Kapo" et "La Bataille d’Alger", ils remettent le couvert et s’attellent avec "Queimada" à démonter les rouages de la guerre intrusive dans un empire coloniale à l’aube du capitalisme mondialisé. Véritable démonstration filmique sur la déconstruction du colonialisme – l’émancipation du leader de la rébellion incarné par Evanisto Marquez en est presque archétypal –, ce film sur la résistance à l’oppression reste terriblement d’actualité, ce qui ne manquera pas de vous ravir.
  • dim 06.10 > 16:00

    Cineketje   [Cineketje]

    Ré/créations Révolutions
    D’une danse amérindienne symbolisant le cycle de la vie de Mélanie Jackson à la révolte d’une chaise par Claude Jutras et Norman McLaren, de la célébration de l’été en musique par un bestiaire greco-romain par Ub Iwerks à l’univers rock façon poil à gratter de Aurel Klimt et sa cloche magique, ce programme de films d’animation spécialement concocté pour nos plus jeunes spectateurs tourbillonne autour des notions de mutation, de rupture et de transformation. Un prolongement ludique et poétique à ce programme récréatif et révolutionnaire.
    + Les danseurs de l’herbe
    Mélanie Jackson, 2009, CA, DCP, sans dial, 2'
    + Story of Flowers
    Azuma Makoto, 2017, JP, DCP, sans dial, 4'
    + Summertime
    Ub Iwerks, 1935, US, DCP, 8'
    + An Object at Rest
    Seth Boyden, 2014, US, DCP, sans dial, 6'
    + Dans Paris
    Laurie Mellier & Dimitri Lecoussis, 2017, FR, HD, sans dial, 2'
    + Il était une chaise
    Claude Jutras & Norman McLaren, 1957, CA, 35mm > video, 10'
    + Soudain
    Vân Ta-Minh, 2007, FR, video, 1'
  • dim 06.10 > 18:00

    Walker

    Ré/créations Révolutions
    Alex Cox, 1987, ES-US-MX, es , 95'
    William Walker est un marcheur. D’après le récit officiel, il lui arrivait de mener ses troupes au milieu d’un affrontement armé, dans le sifflement des balles. Mercenaire-missionnaire, Ed Harris (ici à contre-emploi) avance avec détermination, en éclaireur. Ni les procureurs démocrates, ni les guerrieros locaux ne le feront dévier de son dessein : apporter Démocratie et Liberté dans le Nicaragua du milieu du XIXème. Mais cela aurait pu être Cuba, l’Europe de 1945, le Chili, la Corée, l’Afghanistan… Les Etats-Unis ne sont-ils pas un phare qui éclaire l’Humanité ? Certes, le sang a dû couler. Mais ne doutons pas que ses valeureux généraux en ont limité les fatales effusions aux indispensables nécessités de la guerre juste. Comme notre héros lors de sa marche salvatrice cyniquement confrontée aux images de cadavres innombrables et aux miraculeux anachronismes du récit, éclairant ainsi le coup d’état reaganien à venir. Film que tout le monde déconseilla à Cox d’entreprendre, voué à l’échec commercial, mais soutenu par la révolte sandiniste. Car plus Walker avance sous nos yeux, plus la noirceur de ce phare si lumineux apparaît…
  • dim 06.10 > 20:00

    Le monde parfait   [Films + rencontre]

    Varia
    Patric Jean, 2019, FR, DCP, vo 54'
    Si vous adoriez les lumières des centres commerciaux quand vous étiez petit. Si, au moment de Noël, vous y rencontriez des lutins automates qui égayaient les allées centrales de leurs sourires malicieux et de leurs activités un peu répétitives certes, néanmoins ensorcelantes. Vous vibrerez de bonheur de retrouver ces petits bonhommes, cette atmosphère de fête et de joyeuses fanfares. "On se croirait à New York ici", pour reprendre les mots du monsieur Loyal du Mall de Beziers, où le dernier documentaire de Patric Jean est tourné. Dans ce film aux allures de "Que sont ils devenus ?" pour celles et ceux qui n’ont plus mis un pied dans un centre commercial depuis longtemps, les fondamentaux sont encore là : des allées colorées, les rires d’ado qui s’y retrouvent, une impression de sécurité grâce aux vigiles qui y travaillent et aux caméras qui y sont installées. Des vendeurs et vendeuses avenant.e.s, accessibles et accueillant.e.s. La possibilité de passer des journées d’émerveillements renouvelés pour les un.es et les froides stratégies marketing des autres, tel ce directeur rappelant leur fonction : "mettre le client en condition de prêt à consommer… Qu’il pose son cerveau, il est chez Disney, tout va bien, il est dans son cocon… Et l’utopie c’est qu’il faut qu’on arrive à transformer cela en rêve". Atmosphère ensorcelante, on vous le disait. Ou presque.
    + Toujours plus
    Luc Moullet, 1994, FR, DCP, vo 24'
  • jeu 10.10 > 20:00

    Open Screen

    Varia
    Sans tâtonnement, la révolution n’aura pas lieu ! Fiers concepteurs de films en tous genres, si vos regards se posent sur ces mots, sachez que vos films sont appelés à bouleverser l’univers culturel, au moins le temps d’une séance. Vous ne le savez pas encore, mais participer à un Open Screen, à ses pulsions sous tous formats – sous acide ou même sous l’influence de ferveur propagandiste – c’est déjà prendre part à la révolte à venir ou, du moins, à sa (re)création. Faites vite ! Inscrivez vos films si ils font maximum 15 minutes – seule contrainte. Quatre mois de disette se font sentir et, déjà, la séance se remplit.
  • ven 11.10 > 20:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • ven 11.10 > 22:00

    L’époque

    Ré/créations Révolutions
    Matthieu Bareyre, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 94'
    Depuis 2005, une année sur deux, sur trois, la France s’enflamme. Des manifestations contre la loi CPE à celles contre la loi travail, des Nuits Debout aux Gilets Jaunes, des ZAD aux émeutes des quartiers, des lycéens aux étudiants, notre imaginaire collectif est désormais saturé de ces images de fumigènes, de voitures brûlées, de CRS qui chargent, de corps qui courent ou reçoivent des coups… Alors "L’époque" est peut être le film qu’on attendait, celui qui arriverait à transformer ce flux constant d’images en l’histoire de notre présent, à les transcender à la hauteur d’un récit cinématographique. Errant à travers les nuits parisiennes, "L’époque" interroge les rêves et les dégoûts d’une jeunesse aux mille visages que son montage lie dans la même matière, celle de l’énergie des corps passionnés, entre colère et joie. Dans ces nuits longues et flottantes où s’abolit le temps et les différences, comme une seule et même nuit hallucinée et rêveuse qui n’en finirait pas, la ville devient aussi un seul immense terrain de lutte et de jeu. Dans l’intimité de l’obscurité, des crépuscules et des demie-teintes, les confidences se déploient, les mots et les corps se libèrent, les visages se croisent, les paroles se mêlent et se répondent. Et les corps, qu’ils luttent, dansent, se heurtent ou se caressent, cherchent à habiter la nuit que seule cette énergie qui lie, rebondit et solidarise pourrait peut-être faire basculer vers un ailleurs plus lumineux, encore inconnu et tant désiré.
  • sam 12.10 > 18:00

    L’enclos   [Film + rencontre]

    Armand Gatti
    Armand Gatti, 1960, FR, 35mm > video, st fr, 105'
    Printemps 1944. Au camp de concentration de Ianenberg, le commandant SS a l’idée de jeter dans un enclos deux détenus condamnés à mort : un Allemand, militant anti-nazi de la première heure, et un juif Français, jusque-là épargné pour avoir su réparer le coucou du commandant. Ils passeront la nuit ensemble, mais à l’aube, celui qui aura eu l’atroce courage de tuer son compagnon sera gracié. Jean Cocteau verra dans ce premier film d’Armand Gatti (tourné en Yougoslavie et accompagné de la voix off de Jean Vilar) : "la transcendance mystérieuse d’un documentaire tourné au cœur même de la haine par quelque diable boiteux. Car on s’étonne qu’un appareil puisse enregistrer les preuves d’un crime sans que les criminels s’en aperçoivent et ne le détruisent. ’L’enclos’ témoigne au même titre que ’Nuit et Brouillard’, le film d’Alain Resnais. Il témoigne avec une puissance irrésistible. Ils nous empoigne par la peau du cou. Il nous jette face à face avec cette tête de Méduse par laquelle notre courage doit se laisser pétrifier et convaincre."
    + L’Or du Rhin
    Boris Lehman, 1997, BE, 16mm > video, 10'
  • sam 12.10 > 21:00

    Le lion, sa cage & ses ailes   [Compilation]

    Armand Gatti
    Cette série de films réalisée en 1975 par le trio composé d’Armand Gatti, de son fils Stéphane Gatti et d’Hélène Châtelain, expose le spectateur à l’immigration ouvrière de ces années-là. Toujours animé de la volonté de briser les barrières et les codes quand c’est nécessaire, la bande à Gatti ne se contente pas de filmer les flux tendus de mécaniques infatigables et d’humains interchangeables. C’est en compagnie de chacune des communautés d’immigrés de l’usine Peugeot de Montbéliard qu’elle va concevoir les scénarios de chacune des parties de cette fresque ouvrière pour devenir une véritable (re)création collective. Une dynamique de réappropriation qui rappelle les groupes Medvedkine menés entre autre par Chris Marker (encore lui) avec deux spécificités pourtant : le trio demeure à la réalisation, ce sont les scenarii qui sont tous issus de co-écritures et quand les groupes Medvedkine s’inscrivent dans des temporalités bouleversées, "Le Lion, sa cage & ses ailes" documente le quotidien. Des huit films, deux ont été sélectionnés.
    + Arakha
    Armand Gatti, 1975, FR, video, 59'
    + La bataille des 3 P
    Armand Gatti, 1975, FR, video, 43'
    + ...
  • dim 13.10 > 15:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • dim 13.10 > 17:30

    La première lettre

    Armand Gatti
    En 1978, Gatti s’installe avec la Tribu (nom qu’il donne aux personnes qui travaillent avec lui) dans la ville nouvelle de L’Isle-d’Abeau pour y mener un projet d’écriture collective. Comme point de départ, il écrit un poème sur Roger Rouxel, jeune métallo de Vitry entré en résistance et membre du groupe Manouchian, arrêté, torturé et fusillé au Mont Valérien avec 22 de ses compagnons. L’idée de Gatti est de "donner quelques instants de plus à vivre, à travers votre imaginaire" à Roger Rouxel, au long d’un opéra de sept films qui retrace son amour condamné avec Mathilde, tout en rendant compte de la manière dont des habitants de la région s’emparent du personnage et de son histoire en fonction de leur propre vie. En voici deux extraits, les quatrième et septième épisodes.
    + Les loulous
    Hélène Châtelain, Stéphane Gatti & Claude Mouiéras, 1979, FR, video, 58'
    + La dernière nuit
    Hélène Châtelain, Stéphane Gatti & Claude Mouiéras, 1979, FR, video, 50'
  • dim 13.10 > 20:30

    Nous étions tous des noms d’arbres

    Armand Gatti
    Armand Gatti, 1983, FR, 16mm > video, st fr, 110'
    En 1981, Gatti s’installe à Derry, en Irlande du Nord , pour y préparer un film avec des habitants de cette ville dévastée par la lutte anglo-irlandaise et les confrontations entre catholiques et protestants. Edward Hobson, 20 ans, chômeur du lancashire, engagé dans l’armée britannique, s’écroule tué par une balle anonyme. Derry ou Londonderry ? Autrefois les lettres de l’alphabet gaélique correspondaient à des noms d’arbres. Derry signifiait : "forêt des petits chênes", puis ils ont changé Derry en Londonderry. C’est au carrefour des noms d’arbres et de ce non sens qu’est tombé le jeune soldat. C’est à ce même carrefour que passent et repassent des enfants de ces ghettos et d’une histoire qu’ils se tatouent sur les bras ou qu’ils gravent sur les murs... La police anglaise mène l’enquête, observe aux moyens de caméras les quartiers "sensibles" de la ville et étudie les fiches signalétiques des suspects potentiels, principalement celles des jeunes du Workshop, école alternative pour l’apprentissage de métiers manuels, qui a pour spécificité d’accueillir indifféremment protestants et catholiques, mais qui est pour la police anglaise un lieu de sédition.
  • jeu 17.10 > 20:00

    Octobre : dix jours qui ébranlèrent le monde   [Live Soundtrack]

    Ré/créations Révolutions
    Октябрь : Десять дней, которые потрясли мир
    Musique : René Binamé, Sergueï Eisenstein & Grigori Aleksandrov, 1928, URSS, 35mm, 102'
    Février 1917, une foule abat la statue d’Alexandre III, l’empire russe laisse la place à un gouvernement provisoire où bourgeoisie, armée et Église se partagent le pouvoir. A sa tête, Kerenzsky veut continuer la guerre contre l’Allemagne, à l’encontre de l’aspiration à la paix d’un peuple affamé. Mais la colère gronde à Pétrograde, jusqu’à l’insurrection finale du 25 octobre 1917… Film de commande en vue du jubilé de la révolution bolchévique, "Octobre" ne sortira qu’en 1928, après que Staline aurait exigé d’expurger les scènes avec Trotski qu’il venait d’exclure du Parti. Cette absence du bras droit de Lénine, reprochée pourtant à Eisenstein par la Sovkino dès l’écriture du scénario, n’est d’ailleurs pas la seule infidélité historique du film. Propagande oblige, "Octobre" est d’abord une affabulation de la réalité d’autant plus réussie qu’elle est le fait d’un réalisateur aux théories qui révolutionneront le cinéma. Pourvu d’un montage dynamique dit d’"attraction", aux figures allégoriques et satyriques, hyper-réaliste par ses acteurs non professionnels et mouvements de foules dans les décors mêmes de la révolution, "Octobre" vise d’abord à impressionner son audience. Chef d’œuvre du cinéma muet, il prendra ce soir une dimension autrement insurrectionnelle, grâce à l’accompagnement incendiaire de René Binamé, ce joyeux groupe anarcho-punk belge dont les riffs de guitares ont à de multiples reprises enthousiasmé le public du Nova !
  • ven 18.10 > 20:00

    L’époque

    Ré/créations Révolutions
    Matthieu Bareyre, 2018, FR, DCP, vo fr st ang, 94'
    Depuis 2005, une année sur deux, sur trois, la France s’enflamme. Des manifestations contre la loi CPE à celles contre la loi travail, des Nuits Debout aux Gilets Jaunes, des ZAD aux émeutes des quartiers, des lycéens aux étudiants, notre imaginaire collectif est désormais saturé de ces images de fumigènes, de voitures brûlées, de CRS qui chargent, de corps qui courent ou reçoivent des coups… Alors "L’époque" est peut être le film qu’on attendait, celui qui arriverait à transformer ce flux constant d’images en l’histoire de notre présent, à les transcender à la hauteur d’un récit cinématographique. Errant à travers les nuits parisiennes, "L’époque" interroge les rêves et les dégoûts d’une jeunesse aux mille visages que son montage lie dans la même matière, celle de l’énergie des corps passionnés, entre colère et joie. Dans ces nuits longues et flottantes où s’abolit le temps et les différences, comme une seule et même nuit hallucinée et rêveuse qui n’en finirait pas, la ville devient aussi un seul immense terrain de lutte et de jeu. Dans l’intimité de l’obscurité, des crépuscules et des demie-teintes, les confidences se déploient, les mots et les corps se libèrent, les visages se croisent, les paroles se mêlent et se répondent. Et les corps, qu’ils luttent, dansent, se heurtent ou se caressent, cherchent à habiter la nuit que seule cette énergie qui lie, rebondit et solidarise pourrait peut-être faire basculer vers un ailleurs plus lumineux, encore inconnu et tant désiré.
  • ven 18.10 > 22:00

    Nous étions tous des noms d’arbres

    Armand Gatti
    Armand Gatti, 1983, FR, 16mm > video, st fr, 110'
    En 1981, Gatti s’installe à Derry, en Irlande du Nord , pour y préparer un film avec des habitants de cette ville dévastée par la lutte anglo-irlandaise et les confrontations entre catholiques et protestants. Edward Hobson, 20 ans, chômeur du lancashire, engagé dans l’armée britannique, s’écroule tué par une balle anonyme. Derry ou Londonderry ? Autrefois les lettres de l’alphabet gaélique correspondaient à des noms d’arbres. Derry signifiait : "forêt des petits chênes", puis ils ont changé Derry en Londonderry. C’est au carrefour des noms d’arbres et de ce non sens qu’est tombé le jeune soldat. C’est à ce même carrefour que passent et repassent des enfants de ces ghettos et d’une histoire qu’ils se tatouent sur les bras ou qu’ils gravent sur les murs... La police anglaise mène l’enquête, observe aux moyens de caméras les quartiers "sensibles" de la ville et étudie les fiches signalétiques des suspects potentiels, principalement celles des jeunes du Workshop, école alternative pour l’apprentissage de métiers manuels, qui a pour spécificité d’accueillir indifféremment protestants et catholiques, mais qui est pour la police anglaise un lieu de sédition.
  • sam 19.10 > 19:00

    Agnus Dei

    Ré/créations Révolutions
    Égi bárány
    Miklós Jancsó, 1971, HU, hu , 90'
    Droit comme un cierge, athlétique et imberbe, il incarne la perfection cléricale. Certainement guidé par le Créateur, il a su faire face au régime proto-soviétique hongrois de 1919 - la République Hongroise des Conseils - et recrute désormais ses ouailles parmi la paysannerie pour, implacable, rétablir l’ordre et punir ce qui dépasse. Avec les communistes, libertaires et anarchistes de tout poil comme cibles de choix de ses rituels assassins. Dans sa trilogie révolutionnaire, Miklós Jancsó – dont nous avons montré le somptueux "Psaume rouge" au mois de juin passé – se sert de ce contexte historique pour mettre en scène la violence des contre-révolutions réactionnaires. Psalmodies et encens embrument l’espace lumineux de ses magnifiques longs plans séquences chorégraphiés avec maestria et des verts vallons sauvés de l’abattement et du désespoir par les chants et musiques d’un peuple qui dispose de ses seuls sons pour narguer le clerc. Un revers de médaille révolutionnaire orchestré d’une magistrale caméra pour un film d’angoisse sociale où ce zélote séducteur incarne à lui seul la renaissance d’un conservatisme mortifère. Jusqu’à la libération finale tant attendue où la musique reprend ses droits...
  • sam 19.10 > 21:00

    Bungalow Sessions

    Bungalow Sessions
    Nicolas Drolc, 2019, FR, DCP, 69'
    Avec sa société de production Les films Furax, Nicolas Drolc écrit, produit, tourne, monte, réalise et distribue des documentaires pour le cinéma, en totale indépendance. Pour rendre compte du bouillonnement de la scène folk, blues et gospel américaine actuelle en gardant la dimension intimiste, militante et spontanée propres à ces musiques, il a invité, chez lui à Nancy, six musiciens à l’occasion de tournées européennes. Moment musical autant que portraits de musiciens, chacun interprète pour le film une ou deux chansons (uncut !), accompagné d’une guitare, un banjo, une mandoline ou un violon, puis se livre sur son rapport à la musique, sa vie aux USA aujourd’hui, ses ressources pour vivre, ce qui les amène à parler de Kierkegaard, la vieillesse, la critique de la société néolibérale, les petits boulots, l’engagement social... Aucun ne recherche la gloire, la musique est leur âme et un moment de partage avec leur public. La façon de filmer au plus proche des musiciens, l’image en noir et blanc expressive, le temps laissé à la musique et à la discussion donnent l’impression d’être avec eux sur la terrasse, dans le jardin ou au grenier. Même s’ils avouent ne pas chercher à convaincre, le résultat est bel et bien atteint. « J’ai l’impression que tout ira bien », nous livre un des musiciens !
  • sam 19.10 > 23:00

    Andy Dale Petty   [Concert]

    Bungalow Sessions
    « J’ai rencontré Andy Dale Petty à Huntsville, en Alabama. Dans une de ses poches, il conservait soigneusement une carte du réseau ferroviaire de l’Alabama. Il m’a raconté à quel point il aimait voyager dans des trains de marchandises à la manière des hobos des années 30. Il m’a appris comment courir le long d’un train en marche, comment sauter dans un wagon en surveillant bien les rayons des roues, car ceux-ci peuvent à tout moment vous découper un membre et même la tête. Plus tard ce jour-là, Andy s’est assoupi sur le bois d’un porche humide. Le lendemain, il nous a réveillé au son de sa guitare. Ce sont des types de la trempe d’Andy qui font de l’Amérique ce cauchemar joyeux qu’elle est encore de nos jours. » (Buddah "King" Kahn) Andy Dale Petty est un musicien de folk et de blue grass dans la tradition de Woody Guthrie et Mississippi John Hurt. Né en Géorgie en 1985, il est élevé par sa mère et un clan de cousins. Son premier instrument est l’harmonica, puis le ukulele qui l’amène vers la guitare et le banjo. Il devient musicien de rue, arpente les petites villes du Tennessee avant de sillonner l’Amérique en train et à pied.
  • dim 20.10 > 18:00

    Moranbong, chronique coréenne

    Armand Gatti
    Claude-Jean Bonnardot, 1959, FR-KP, 35mm, ko st fr, 84'
    Après avoir effectué des voyages en Chine et en Sibérie (en compagnie de Chris Marker), Gatti, récemment devenu rédacteur en chef de "Libération", part en Corée du Nord avec une délégation française, la première d’Europe occidentale à être invitée dans le pays après la guerre de Corée, On y retrouve, entre autres, le chansonnier Francis Lemarque, les cinéastes Chris Marker, Claude Lanzmann et Claude-Jean Bonnardot. C’est avec ce dernier que Gatti se lance dans ce film, dont il écrit le scénario, en s’inspirant de l’observation des blessures de la guerre et du traumatisme de la partition d’une nation. Entièrement tourné sur place, avec des artistes et techniciens locaux, le film, hors de tout exotisme mais avec un parti-pris pacifiste, met en scène l’histoire de deux amoureux séparés par la guerre. Jamais projeté en Corée du Nord jusqu’en 2010, le film fut aussi censuré en France jusqu’en 1963 pour "atteinte à la politique étrangère" du pays.
  • dim 20.10 > 20:00

    El Otro Cristóbal

    El Otro Cristóbal
    Armand Gatti, 1963, FR-CU, 35mm > video, vo es st fr, 115'
    Territoire fantasmé d’Amérique Centrale, la République dictatoriale de Tecunuman est en pleine ébullition : un faramineux projet de canal émerge. Les politiciens et autres investisseurs sont aux anges. Sauf que les anges, depuis leur paradis d’ennui, en ont décidé autrement. D’un jet de plume, l’archange Gabriel transforme le dictateur Amiral Anastasio en poulet anthropomorphe et libère dans le même temps Cristobal, prisonnier politique barbu et populaire. Anastasio ne supporte sa nouvelle forme et en meurt tandis que Cristobal constitue son cabinet de fortune et nomme Julio, un co-détenu noir, Ministre de l’Intérieur. Et c’est dans un orgue de fortune que tous deux partent soulever le peuple de la Terre contre le dictateur désormais leader du Ciel. Ainsi se tisse la fourmillante trame de base d’"El Otro Cristóbal", l’un des films maudits d’Armand Gatti. Produit en 1962, il représente Cuba au festival de Cannes 1963, sort une semaine dans les salles de l’île et, considéré comme trop français pour les pupilles caribéennes et trop révolutionnaire pour la France, s’enfonce ensuite dans l’anonymat. Son histoire intime est pourtant de celles qui font frémir les gourmets de cinéma. Imaginez : nous sommes à l’aube des années 60. En ce temps-là, le jeune régime cubain déploie un nouveau dogme cinématographique pour porter sa révolution au niveau culturel également : tout pour Cuba, rien contre. En d’autres mots, toutes les audaces sont bonnes à prendre tant qu’elles portent la révolution. "El Otro Cristóbal" pourtant s’émancipe de la commande. À la sublimation de la révolution, Gatti privilégie l’allégorie et l’éloge des rituels carnavalesques. Ainsi, l’univers de Tecunuman mêle un panthéon chrétien coincé dans son paradis-prison avec l’animisme mutant de Cuba. Musique caribéenne et parades masquées portent cette vie métissée qui bouillonne pour déloger le dictateur ni mort ni vivant de son piédestal céleste. Réalisé en pleine crise des missiles, "El Otro Cristóbal" porte le souffle révolutionnaire cubain autant qu’il le mute (...+)
  • dim 20.10 > 22:00

    Rey

    Ré/créations Révolutions
    Niles Atallah, 2017, FR-CL, DCP, es st fr, 90'
    Chili, 1858. Orllie-Antoine de Tounens, jeune avocat français, débarque en Terre de Feu animé par un rêve : réunifier les peuples Mapuche de Patagonie et d’Araucanie sous une seule et même bannière. Pour mener à bien son vaste projet, il repart vers ces terres éloignées. Pas de bol, son homme de confiance est mort, le nouveau chef est animé d’une haine vis-à-vis des blancs et son guide traducteur a pour fâcheuse tendance à remâcher les paroles des autochtones à sa sauce… Avant même son intronisation, le roi dévisse. Structuré autour de la reconstitution du procès – réel – de Orllie-Antoine de Tounens par les autorités chiliennes, "Rey" s’émancipe du récit purement historique pour fomenter un coup esthético-politique. Au procès peuplé de masques inertes en papier mâché répondent les prises de vue en 16mm grattées et retravaillées de l’histoire narrée par le roi et son guide. Travail de mémoire qui en explore les failles, manipulations et autres fantasmes, "Rey" bascule dans un univers onirique où le travail virtuose des images accompagne le spectateur dans les zones folles d’une histoire oubliée et de la psyché d’un homme dont la volonté est incertaine. Mégalomane pour sûr mais le doute persiste : et si l’histoire sud-américaine était passée à côté d’une révolution majeure, celle de l’émergence d’un territoire autochtone indépendant ?
  • dim 03.11 > 19:00

    Negativland on Negativland   [Expo]

    BONUS : Negativland
    Au travers d’affiches originales, Negativland évoquera quelques 40 années d’aventures d’ "Art illégal" sur les murs du foyer du Nova. Car outre leurs musiques et chansons expérimentales, leurs nombreuses collaborations artistiques en art plastique s’amusent tout autant à détourner les canons de la propagande des mass média afin de mieux les dénoncer.
  • dim 03.11 > 20:00

    Our Very Favorite Things   [Courts métrages]

    BONUS : Negativland
    En avant-programme du concert de Negativland, une heure de films piochés parmis les plus représentatifs du collectif californien, allant du détournement par la technique aussi simple qu’efficace du montage "cut" d’un documentaire promotionnel des années 60 ou d’une comédie musicale célèbre, aux clips barrés quelques fois ineptes de stupidité à l’égal des emprunts des médias dont ils sont issus, en passant par des films d’animation, certains à la 3D douteuse, avec en exclusivité les vidéos de leur dernier album "True False" !
  • dim 03.11 > 21:00

    Negativland : TRUE FALSE   [Show Performance]

    BONUS : Negativland
    THE "NO BRAIN" SHOW
    Negativland, troublion du sampling subliminale d’une culture consumériste dont nous sommes les proies, revient sur le devant de la scène avec "True False", un double album qui sortira en octobre prochain, où des dizaines de chanteurs échantillonnés se partagent l’affiche ! Cette fois, Negativland aborde entre autres joyeusetés, les fusillades, les abeilles, le contrôle du climat, les chiens se faisant passer pour des enfants, le pétrole que nous mangeons, le capitalisme et le droit de chaque Américain de croire en ce qu’il veut croire … Créé par les derniers survivants du collectif, Mark Hosler, David Wills, Peter Coheim et Jon Leidecker, "True False" a mis près de 7 années pour voir le jour. Une partie des samplings provient de leur émission radio hebdomadaire Over The Edge, faisant ainsi participer les membres disparus prématurément du groupe, Don Joyce, Richard Lyons et Ian Allen. Ce soir, avec leur nouveau show "No Brain", seuls Mark Hosler, membre fondateur, et Jon Leidecker, aka Wobbly, manipuleront les sons et voix glanés à de multiples sources, au rythme d’ instruments électroniques dont les fameux Boopers, ces boîtes de rétroactions analogiques volontairement instables, créées en 1975 par David Wills, aka The Weatherman. Quant aux images, Sue C., une comparse vidéaste, manipulera en direct une database en étroite résonance avec les morceaux du duo d’un soir de Negativland qui exécutait déjà sur des bandes magnétiques des samples bien avant que le terme existe ! NB : possibilité de pré-commande du double LP "True False", (...+)
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