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SHORT COMPILATION

Années fin ’60 et ’70 (si pas avant d"ailleurs), s"afficha dans le cinéma catégorisé comme expérimental une mouvance de cinéastes / artistes qui décloisonnèrent l"expérience cinématographique de son écran fixe. On parlait à cette époque de "expanded cinema", de cinéma s"exportant hors cadre et s"expérimentant dans un espace plus libre que la toile figée. A défaut de pouvoir ressortir de leurs boîtes ces films qui se projetaient en 2, 3, 10, ... écrans, sur base d"instructions souvent très compliquées (!) - ces oeuvres n"existant plus, pour la plupart, sous cette forme - nous vous proposons deux compilations qui s"inspirent de ces performances cinématographiques. Ou dit autrement, des films réalisés par des manipulateurs invétérés de la chimie et de la pellicule cinéma, dont certains d"ailleurs conçus pour les arts de la scène .


COMPIL #1

- Allures
Jordan Belson, USA, 1961,16mm, 7"

L"adjectif souvent employé pour décrire le cinéma de Jordan Belson est celui de
’cosmique". Venu de la peinture et du cinéma d"animation, vers la fin des années ’50 Belson travailla pour le planetarium de San Francisco où il collabora avec le compositeur Henry Jacobs sur les historiques Vortex Concerts qui alliaient musique électronique et projections. "Allures" est le film qui marqua sa transition vers un cinéma de plus en plus organique, fait d"incroyables explosions et transformations.

- Yantra
James Whitney, USA,1950-1957, 16mm, 8"
- Lapis
James Whitney, USA, 1963-1966, 16mm, 10"

Les frères John et James Whitney sont à considérer parmi les pionniers du cinéma "cinétique", focalisé sur des images ’pures" de configurations en mouvement, souvent créées à partir d"élaborés systèmes de transmission de la lumière. Fin années ’50 le frère James s"orienta vers l"exploration d"imagerie se relatant à des mythes ou des philosophies religieuses. "Yantra" et "Lapis" font ainsi partie de cette deuxième période de recherche cinématographique.
"Yantra", qui pris dix ans à être complété, est basé sur un motif précis élaboré à la main, retravaillé par des effets optiques, qui fait référence au mythe de la création et à la possibilité d"une union entre des réalités externes et internes.
"Lapis", réalisé par contre grâce à un ordinateur analogique, est un film incroyablement hypnotique constitué de centaines de points de lumières en constant mouvement, figurant un ’mandala".

- Chromophonie
Alexandre Vitkine, USA, 1967, 16mm, 7"

Bien avant que l"on parle d"image numérique ou d"inter-activité, dans les années ’60 Alexandre Vitkine (ingénieur et photo-graphiste au départ) crée déjà des images qui combinent différents signaux analogiques (à partir d"écrans télé ou d"oscilloscopes) et des appareils qui transforment le son en images. "Chromophonie", avec une musique d"Alain Dubois, est composé de figures lumineuses simples (basées sur celles du physicien Jules Lissajous), qui changent de formes et de trajectoires. Le film fût réalisé à partir d"une télé et autre matériel à lampes, et d"une caméra film équipée d"un disque à six secteurs colorésŠ

- #5
Joost Rekveld, Nl, 1994, 16mm, muet, 6" (3 écrans)
- #11, Marey-Moiré
Joost Rekveld, Nl, 1999, 35mm, 21"

C"est avec un bagage dans le domaine de la musique que Joost Rekveld aborde le cinéma. Fasciné par les premiers inventeurs/ chercheurs des techniques cinématographiques, par les phénomènes d"articulations de faisceaux lumineux, ses films explorent les idées de mouvement et de temps inhérents à l"image-même. Ses films se déployant dans des étonnantes introspections de la matière sur laquelle s"inscrit la lumière. "#5", projeté en trois écrans, explore la relation entre l"image et le temps. Trois films, qui n"en constitue qu"un, évoluent ainsi autour d"une diversité de couleurs, de différents types d"images et de tailles de champ de pellicule. "#11, Marey-Moiré", fruit d"une recherche autour des origines du cinéma et des nouveaux médias en général, inspiré aussi par les techniques de chronographie, est un film sur "l"intermittence" dans le cinéma (comme l"intermittence d"un pouls, une image "cinéma" étant constituée de 24 images/seconde !).

08.02 > 20:00 + 10.02 > 22:00
COMPIL#2

- Threshold
Malcolm Le Grice, UK, 16mm, 1972, 10’ (2 screens)

Le traitement de la couleur, des "tons", des textures ainsi que l’exploration de leur intensité et de leur impact sensoriel sont des éléments récurrents dans le cinéma de Le Grice. "Threshold" est un film qui avec force navigue justement dans les couleurs et les formes, mêlant l’abstrait à des images plus concrètes, progressant d’une imagerie simple vers une autre qui graphiquement et spatialement devient de plus en plus complexe.

- Filmfinish
Paolo Gioli, I, 1986, 16mm, 10’ (silent)

Gioli, artiste foisonnant, qui se revendique à la fois de la peinture, de la science et de Jacques Tati, perverti sans cesse les paramètres de la caméra, photographique ou cinématographique.
Son travail puise dans un environnement qui va de l’outil-même, délibérément ramené à son essence primitive, aux images que Gioli choisit très souvent dans le corpus de ce que l’on nomme le pré-cinéma.

- Remains to be seen
Phil Solomon, USA, 16mm, 1989, 17’

Les films de Solomon (certains réalisés en collaboration avec Stan Brakhage) sont empreints de cette densité visuelle et ’morale’, souvent noire, qui est devenue le trait distinctif de son cinéma. Pour "Remains to be seen" il utilisa des traitements chimiques et optiques qui recouvrent le film d’une membrane de cristaux flottants qui deviennent argentés en se coagulant. Les images qui en resortent sembleraient appartenir à un "théâtre de la chirurgie".

- The death train
Bill Morrison, USA, 16mm, 1993, 17’

"The death train" fut initialement conçu pour faire partie d’un opéra.
Une histoire du cinéma se joue pendant la durée du film. Des séquences de train et des animations du Zoetrope sont distribuées avec des bandes d’actualité et des films éducatifs des années ’50. Chaque photogramme y représente un compartiment du train, qui s’arrête devant nos yeux afin d’être observé, et qui vit ainsi sa vie dans cette projection, alors qu’il est transporté dans l’au-delà.

+ Schichtwechsel

Christian Hossner, 1997, DE, 16mm, , 9'

"Schichtwechsel" est un film autour de ces éléments inscrits sur une pellicule mais qui ne se voient pas forcément pendant une projection. Fluidement nous sommes transportés "dans" et "autour" des images projetées, un peu comme si l’objectif de la caméra rentrait et sortait de celles-ci, la bande son contribuant à créer une sorte de suspension temporelle.

08.02 > 22:00 + 09.02 > 20:00
Schichtwechsel
SHORT COMPILATION

Eind de jaren ’60 en tijdens de jaren ’70 kwam in de zogenaamde experimentele film een beweging op van cineasten/kunstenaars die de filmervaring wilden losmaken van het vaste scherm. Men had het over "expanded cinema", over film die uit z"n kader komt en in een vrijere ruimte dan dat enge doek experimenteert. Aangezien we deze films niet meer kunnen brengen - ze werdens op 2, 3, 10, ... schermen werden geprojecteerd, met aartsmoeilijke instructies, en bestaan vaak niet meer als dusdanig- kozen we voor twee compilaties die zich inspireerden op deze experimentele tijd (die nu trouwens weer populair wordt). Films van doorgewinterde chemische en pelliculaire manipulatoren, die vaak voor podiumkunsten werden bedacht.


COMPIL #1

- Allures
Jordan Belson, USA, 1961,16mm, 7"

Men beschrijft de filmstijl van Jordan Belson vaak als Œkosmisch". Met de schilderkunst en de animatiefilm als achtergrond, werkte Belson op het einde van de jaren "50 voor het planetarium van San Francisco. Daar werkte hij samen met de componist Henry Jacobs aan de historische Vortex Concerten, een combinatie van elektronische muziek en projectie. "Allures" typeert zijn overgangsfase naar een meer organische cinema, met wonderlijke explosies en transformaties.

- Yantra
James Whitney, USA,1950-1957, 16mm, 8"
- Lapis
James Whitney, USA, 1963-1966, 16mm, 10"

De gebroeders John en James Whitney zijn pioniers van de "kinesthetische" cinema, met focus op Œpure" beelden in beweging, vaak gecreëerd door systemen van lichttransmissie. Op het einde van de jaren "50 oriënteerde James zich naar een beeldvorming gerelateerd aan mythes en religieuze filosofie. "Yantra", waaraan tien jaar werd gewerkt, is gebaseerd op een met de hand uitgewerkt motief, herwerkt door optische effecten. Dit werk refereert naar de mythe van de schepping en naar de mogelijkheid van een eenheid tussen externe en interne werkelijkheden. "Lapis" werd gemaakt met een analoge computer en heeft een buitengewoon hypnotiserend effect. Met honderden bewegende lichtpuntjes wordt de Œmandala" uitgebeeld.

- Chromophonie
Alexandre Vitkine, USA, 1967, 16mm, 7"

Lang voor men begon te spreken over numerieke beelden of interactiviteit, was Alexander Vitkin (ingenieur en fotograaf van opleiding) al in de jaren "60 bezig met het creëren van beelden die verschillende analoge signalen (afkomstig van tv-schermen of een oscilloscoop) combineren en met apparaten die klank in beeld omzetten. "Chromophonie", met muziek van Alain Dubois, is samengesteld uit eenvoudige lumineuze beelden (afkomstig van de fysicus Jules Lissajous), die van vorm en traject veranderen. De film werd gemaakt met een TV en andere lampenapparatuur, en met een camera met een 6-kleuren-discus.

- #5
Joost Rekveld, Nl, 1994, 16mm, muet, 6" (3 écrans)
- #11, Marey-Moiré
Joost Rekveld, Nl, 1999, 35mm, 21"

Joost Rekveld betreedt het domein van de film met een muzikale bagage. Hij is gefascineerd door de eerste uitvinders/onderzoekers van cinematografische techniek en door de articulatie van lichtbundels. Zijn films onderzoeken de idee van beweging en de tijd inherent aan het beeld zelf. Zijn films vormen wonderlijke introspecties over de materie waarop het licht valt. "#5", geprojecteerd op drie schermen, onderzoekt de relatie tussen beeld en tijd. Drie films in één evolueren rond een diversiteit aan kleuren, verschillende beeldtypes en bandbreedtes. "#11, Marey-Moiré" is het resultaat van een onderzoek naar de wortels van de cinema en de nieuwe media in het algemeen. Tevens geïnspireerd door technieken van de chronografie. Een film over Œintermissie" in de cinema (zoals het aantal intervallen van de polsslag is ook een filmbeeld opgebouwd uit 24 beelden per seconde !)

08.02 > 20:00 + 10.02 > 22:00
COMPIL#2

- Threshold
Malcolm Le Grice, UK, 16mm, 1972, 10’ (2 screens)

De kleuren, hun behandeling, schakering, textuur, evenals de verkenning van hun intensiteit en sensoriële impact, zijn wederkerende elementen in de films van Le Grice. "Treshold" is een film met stuwende kracht in kleuren en vormen, die abstracte en concrete beelden vermengt, gaande van een eenvoudige beeldtaal naar één die grafisch en ruimtelijk steeds complexer wordt.

- Filmfinish
Paolo Gioli, I, 1986, 16mm, 10’ (silent)

Gioli is een veelzijdige artiest die zich tegelijkertijd toelegt op schilderkunst, wetenschap en Jacques Tati. Hij perverteert onophoudelijk de parameters van de foto- en filmcamera. Zijn werk put uit het werktuig zelf dat herleid wordt tot zijn primitieve essentie, en uit beelden die Gioli veelal kiest uit wat pré-cinema genoemd wordt.

- Remains to be seen
Phil Solomon, USA, 16mm, 1989, 17’

De films van Solomon (waarvan sommigen in samenwerking met Stan Brakhage) baden in een visuele en "morele" densiteit, vaak zeer zwart. Voor "Remains to be seen" gebruikt hij chemische en optische behandelingen die de film bedekt met een membraan van vlottende kristallen, die verzilveren en samenstollen. De beelden die hieruit voortkomen zijn als een "theater van de chirurgie".

- The death train
Bill Morrison, USA, 16mm, 1993, 17’

"The death train" werd oorspronkelijk gemaakt als onderdeel voor een opera.
Het is een referentie naar de filmgeschiedenis : sequenties van een trein en animaties van Zoetrope worden vertoond met actualiteitsbeelden en educatieve filmpjes van de jaren ’50. Elk fotogram is een compartiment van een trein die even halt houdt om geobserveerd te worden en een eigen leven leidt tijdens de vertoning alvorens verder te rijden.

+ Schichtwechsel

Christian Hossner, 1997, DE, 16mm, , 9'

"Schichtwechsel" is een film rond elementen die op de pellicule zelf staan, maar die niet noodzakelijk te zien zijn tijdens de projectie. We worden vlot meegeleid "in" en "rond" de geprojecteerde beelden, een beetje alsof het objectief van de camera in en uit de beelden gaat. De geluidsband draagt bij aan deze tijdelijke "zwevende toestand".

08.02 > 22:00 + 09.02 > 20:00
Schichtwechsel
http://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=214&lang=fr