> Ethnopsychiatry

Ethnopsy

L’ethnopsychiatrie est une méthode d’investigation qui s’efforce de comprendre la dimension ethnique des troubles mentaux. Georges Devereux, le précurseur dans ce domaine, considérait que si les maladies mentales et le fonctionnement du psychisme et de l’inconscient sont universels, c’est toutefois dans un code culturel spécifique que s’expriment les maladies et que se déroulent les psychothérapies. Ainsi, par exemple, les migrants sont des personnes dont les problèmes ne peuvent éventuellement pas se comprendre par les voies habituelles de la psychiatrie. Pour les aider, l’ethnopsychiatrie prend en compte aussi bien leur histoire individuelle que l’ensemble des représentations culturelles associées à leur problème. Les équipes soignantes comprennent des membres de la même origine que le patient (co-thérapeutes, traducteur, anthropologue), ce qui leur permet de se placer dans son contexte culturel et de travailler dans sa langue d’origine. Le thérapeute principal fait une proposition thérapeutique en fin de séance : il peut ainsi proposer au patient et à son entourage une tâche ou un rituel à accomplir d’ici à la prochaine séance. Cette approche ne se limite pas à la redécouverte de la médecine populaire ou de la pharmacopée folklorique : elle interroge à la fois la dimension ethnique de la folie et la dimension psychiatrique de la culture ; elle nous sensibilise à l’importance de la dynamique du groupe et de ses relations pour comprendre le malade et sa maladie. De nombreuses consultations se sont ouvertes un peu partout, le plus souvent au sein de cadres institutionnels ou hospitaliers, à la suite des travaux théoriques et méthodologiques de Georges Devereux et des études cliniques et des propositions techniques de Toby Nathan, à Paris.


Kusum

Kusum est une jolie adolescente de New Delhi qui semble atteinte d’un profond abattement sans qu’elle puisse en exprimer la raison. Ses parents la conduisent chez le médecin, à l’hôpital,... Rien n’y fait. Un guérisseur traditionnel conseille alors de l’emmener dans un village éloigné où subsiste une vieille querelle familiale. Dans le temple du village, une grande cérémonie est organisée au cours de laquelle les fidèles entrent en possession. Quelques temps après, on commence à noter chez Kusum les premiers changements... "Kusum" est un film bouleversant par sa capacité à nous faire entrer dans l’intimité d’une famille indienne désemparée ainsi qu’un remarquable document ethno-psychiatrique sur un processus thérapeutique. Après la vision de ce film, on ne peut que porter un regard différent sur la médecine traditionnelle et sur le culte des ancêtres. Rarement montré dans nos contrées - mis à part Kaurismaki -, le cinéma finlandais possède une excellente tradition documentaire. Plutôt classiques dans leur réalisation, ces films sont très bien construits d’un point de vue narratif et très bien filmés (souvent sur support argentique). "Kusum" de Jouko Aaltonen ne fait pas exception.

14.11 > 18:00
Ethnopsychiatrie

*Le sexe des morts
Emmanuelle Ohniguian & Tobie Nathan, F, vo fr, Beta SP, 2002, 2 x 50’*

"Nous ne sommes pas seuls au monde. Il existe d’autres pensées que la nôtre, d’autres façons de faire pour prendre en charge les douleurs de l’existence. Nous ne sommes pas seuls au monde. C’est par cette formule qu’en Afrique de l’Ouest, on reconnaît l’action des esprits qui viennent perturber la vie des humains" (Tobie Nathan). L’ethnopsychiatrie est un "art de l’influence", une médiation avec les ombres, les ancêtres, les esprits, et les dieux... Elle permet de penser la souffrance de ceux qui viennent en consultation à partir de leur propre langue et de leurs propres objets. Nous avons ici la chance de voir la reconstitution de deux consultations (initialement destinée uniquement aux étudiants) d’une famille réunionnaise par Tobie Nathan et son équipe selon le dispositif ethnopsychiatrique. Deux séances comme elles sont menées tous les jours depuis 1993 au centre Devereux à l’Université Paris VIII. Loin des polémiques sulfureuses suscitées par cette pratique, ce film est un étonnant et passionnant témoignage de cette méthode. Sommes-nous, nous aussi, prêts à prendre en compte le grand-père, mort et enterré qui revient hanter cette famille réunionnaise... et nous invite à de nouvelles possibilités de penser. Nous invite à négocier collectivement avec les "invisibles".

+ Rencontre :
Dominique Vossen, médecin psychiatre, nous parlera de Tobie Nathan et du travail de l’ethnothérapeute.

28.11 > 18:00
La nuit des invisibles

Pour cette soirée inédite, la folie appelée "la maladie du vent" nous emmène vers d’autres horizons : en Afrique. Là où les personnes habitées par "les mauvais esprits" ne sont pas exclues de la société. Au contraire, ils en font partie et pour les soigner, il y a des rituels. La folie se soigne en collectivité, par la représentation scénique qu’on en fait et par l’expression corporelle. Ces personnes participent à une cérémonie pour rencontrer des esprits ancestraux. Passant par des sacrifices, des rituels, des danses, etc., ils accèdent à un niveau de transe qui les délivrent de la maladie du vent. Une thérapie qui épate encore toujours beaucoup de médecins occidentaux.

> 20:00 :

+ Les maîtres fous

Jean Rouch, 1955, FR, video, vo fr , 36'

Au Ghana, les "houakas" (littéralement, "maître de la folie") sont animés par l’esprit de la force. En 1953, donc avant son indépendance, Jean Rouch a filmé une cérémonie houaka. Les participants sont possédés par des esprits bien fâcheux, ceux des administrateurs coloniaux, et se mettent à imiter l’homme blanc (et sa femme). Ce monument ethnographique plaisait beaucoup aux surréalistes français pour ses images de rituels extatiques, jugées choquantes à l’époque, et pour son analyse marxiste de la situation des colonisés. Caméra à la main, Jean Rouch, qui nous a quittés en février dernier, réalise un portrait mordant de rituels altérés, parodie sanglante des parades officielles et militaires du colonisateur. Au Ghana, les autorités britanniques avaient censuré le film parce qu’il constituait un outrage à la Reine. Les haouka auraient sans doute bien aimé voir le film projeté pendant une de leurs cérémonies de transe, ce dédoublement étant sûrement propice à une rencontre exceptionnelle avec les esprits. Seront-ils parmi nous ce soir ?

+ Le n’doep

Michel Meignant, 1967, FR, video, vo fr , 45'

Le rite le plus spectaculaire d’Afrique se joue pendant sept jours et sept nuits, dans la grande banlieue de Dakar. Longue cérémonie magique destinée à la guérison des fous, le n’doep appartient au petit peuple des Lébous, ethnie du Sénégal. La cérémonie se déroule dans la concession de la famille du malade. Le diagnostic s’impose dès lors qu’un membre de la famille est affecté par un comportement anormal, parfaitement codé : frissons, mélancolie, passivité extrême, perte d’appétit. D’eux-mêmes impuissants à soigner ces symptômes avec les antidépresseurs, les médecins formés à l’occidentale orientent volontiers ces "déprimés à l’africaine" vers le traitement traditionnel. Il s’agit de "guérisseuses". Le rite du n’doep appartient aux femmes, et à elles seules. Une rencontre de la médecine occidentale et le rituel thérapeutique du n’doep.

+ Rencontre :
Ces deux films documents seront présentés par deux experts des rituels d’Afrique noire : Michel Meignant, ami de Jean Rouch, réalisateur de films médicaux et thérapeute, et Philippe Woitchik, ethnothérapeute et psychologue. Ils nous parleront de ces cérémonies en tant que thérapies, ce qu’elles représentent pour les Africains et leur rôle dans les approches ethnopsychiatriques occidentales.

> 22:00 :

Rencontre :
Dans la seconde partie, nous accueillerons Olivier Ralet, philosophe et spécialiste des rituels d’Afrique du Nord, qui nous fera découvrir des extraits filmés par Tony Gatlif ("Exil") d’une cérémonie des Hamadcha (Maroc). Il nous expliquera les différents rites de cette cérémonie, qui est fort semblable à celle des Gnawa, et ses effets thérapeutiques.

+ Concert Gnawa : Oualad Bambara
"Le monde invisible des musulmans partage avec celui des juifs et des chrétiens d’être peuplé d’anges, de prophètes, de saints et de démons, mais a ceci de particulier qu’il compte également des entités spirituelles qui, comme les humains, balancent entre le Bien et le Mal : les djinns. Ils ont la capacité "d’habiter" des êtres humains, ce qu’en français on nomme "possession". Cela peut occasionner des troubles comme la stérilité, l’impuissance, des paralysies, ou simplement des angoisses et des insomnies. Ces êtres invisibles ont une couleur et une odeur préférées, et chacun d’eux a un air de musique qui l’attire irrésistiblement. Dès ses débuts, l’islam a développé une tendance mystique appelée soufisme, organisée en "Voies" où l’on invoque Dieu. Certaines parmi les plus populaires de ces Voies, comme les Gnawa et les Hamadcha, se sont spécialisées dans des rituels où par les couleurs, les odeurs et surtout la musique, on "convoque" les djinns - c’est-à-dire que l’on provoque des transes de possession - dans le but de négocier avec eux qu’ils cessent de tourmenter les humains qu’ils habitent" (Olivier Ralet).

Des odeurs et des couleurs, une musique qui attire, voilà "Oulad Bambara" au Nova. Ce groupe Gnawa originaire du Maroc, avec son guembri (instrument à cordes et percussion), ses krakebs (sorte de castagnettes en métal) et ses tambours, viendra présenter sa musique rituelle : "La Lila" (La nuit). Des chants arabes sur des rythmes répétitifs africains, de la danse et des vibrations... cela sans fin. Cette musique de transe éveillera peut-être les invisibles. Ne les ratez pas !

http://www.membres.lycos.fr/ouladbambara/

03.12 > 20:00 + 03.12 > 22:00
Les maîtres fous

Au Ghana, les "houakas" (littéralement, "maître de la folie") sont animés par l’esprit de la force. En 1953, donc avant son indépendance, Jean Rouch a filmé une cérémonie houaka. Les participants sont possédés par des esprits bien fâcheux, ceux des administrateurs coloniaux, et se mettent à imiter l’homme blanc (et sa femme). Ce monument ethnographique plaisait beaucoup aux surréalistes français pour ses images de rituels extatiques, jugées choquantes à l’époque, et pour son analyse marxiste de la situation des colonisés. Caméra à la main, Jean Rouch, qui nous a quittés en février dernier, réalise un portrait mordant de rituels altérés, parodie sanglante des parades officielles et militaires du colonisateur. Au Ghana, les autorités britanniques avaient censuré le film parce qu’il constituait un outrage à la Reine. Les haouka auraient sans doute bien aimé voir le film projeté pendant une de leurs cérémonies de transe, ce dédoublement étant sûrement propice à une rencontre exceptionnelle avec les esprits. Seront-ils parmi nous ce soir ?


Le n’doep

Le rite le plus spectaculaire d’Afrique se joue pendant sept jours et sept nuits, dans la grande banlieue de Dakar. Longue cérémonie magique destinée à la guérison des fous, le n’doep appartient au petit peuple des Lébous, ethnie du Sénégal. La cérémonie se déroule dans la concession de la famille du malade. Le diagnostic s’impose dès lors qu’un membre de la famille est affecté par un comportement anormal, parfaitement codé : frissons, mélancolie, passivité extrême, perte d’appétit. D’eux-mêmes impuissants à soigner ces symptômes avec les antidépresseurs, les médecins formés à l’occidentale orientent volontiers ces "déprimés à l’africaine" vers le traitement traditionnel. Il s’agit de "guérisseuses". Le rite du n’doep appartient aux femmes, et à elles seules. Une rencontre de la médecine occidentale et le rituel thérapeutique du n’doep.


Ethnopsy

De etnopsychiatrie is een onderzoeksmethode die de etnische dimensie van geestelijke stoornissen tracht te begrijpen. Georges Devereux, die een voortrekkersrol speelde binnen dit domein, dacht dat als de geestelijke stoornissen, de werking van het zielsleven en het onderbewuste universeel zijn, het dan niettemin binnen een specifieke culturele context is dat de ziektes zich manifesteren en de psychotherapieën zich afspelen. Zo kunnen de problemen van migranten bijvoorbeeld niet zondermeer begrepen worden langs de gebruikelijke weg van de psychiatrie. De etnopsychiatrie houdt zowel rekening met het individuele verleden als met het geheel van culturele representaties die met het probleem geassocieerd zijn. De verzorgingsploegen (therapeuten, vertalers, antropologen) zijn van dezelfde origine als de patiënt waardoor ze hem in zijn moedertaal kunnen aanspreken en zich situeren in zijn eigen culturele context. De belangrijkste therapeut doet op het einde van de sessie een therapeutisch voorstel : zo kan hij de patiënt of zijn metgezellen opdragen een taak of ritueel te volbrengen tegen de volgende sessie. De etnopsychiatrische aanpak beperkt zich echter niet tot het heruitvinden van de volksgeneeskunde of het folkloristische apothekersboek : ze bevraagt zich zowel over de etnische dimensie van waanzin als over de psychiatrische dimensie van de cultuur ; ze maakt ons gevoelig voor het belang van de groeps- en relationele dynamiek om de zieke en zijn ziekte beter te verstaan. Het theoretisch-methodologisch werk van Georges Devereux, de klinische studies en de technische voorstellen van Toby Nathan in Parijs, kenden veel navolging, meestal in het kader van instellingen of hospitalen.


Kusum

Kusum is een knappe adolescente uit New Delhi die gebukt gaat onder een onnoemelijke neerslachtigheid waarvan ze de oorzaak niet kan achterhalen. Haar ouders zoeken een dokter op, zonder resultaat. Een traditionele genezer raadt hen aan haar mee te nemen naar een afgelegen dorp waar een oude familiale vete woedt. In de tempel van dat dorp wordt een ceremonie georganiseerd die de volgelingen in vervoering brengt. Geringe tijd later zijn bij Kusum de eerste veranderingen merkbaar ...

Kusum is een intrigerende film die ons binnenloodst in de intieme wereld van een ontredderde, Indische familie. Het is tegelijkertijd een etnisch-psychiatrisch document over een therapeutisch proces. Het zien van deze film verandert gegarandeerd onze visie op traditionele geneeskunde en de vooroudercultus.

Finlandse cinema wordt zelden vertoond in onze contreien - behalve dan Kaurismaki - maar biedt een schitterende traditie in documentaire. Finse documentaires zijn eerder klassiek opgebouwd, vanuit één vertelstandpunt. Verder zijn ze goed gefilmd, meestal op pellicule. Kusum van Jouko Aaltonen vormt hierop geen uitzondering.

14.11 > 18:00
Ethnopsychiatrie Le sexe des morts

"We zijn niet alleen op deze wereld. Er bestaan andere wezens, geesten dan de onze. Er is een andere manier van omgang met de pijn van het bestaan. We zijn niet alleen op de wereld. Volgens deze visie, erkent men in Oost-Afrika de filosofie van de geesten die het bestaan van de levenden komen verstoren." (Tobie Nathan)

De etno-psychotherapie is een "kunst van beïnvloeding", een mediatie met schaduwen, voorouders, geesten en goden. Diegenen die ’op consultatie komen’ kunnen hun lijden beschrijven met eigen woorden, eigen objecten. De film geeft ons de kans - oorspronkelijk uitsluitend bedoeld voor studenten - om twee van dergelijke consultaties van een familie te volgen. Tobie Nathan en zijn ploeg richten het vizier louter op het etno-psychiatrische. Het zijn twee consultaties, zoals ze reeds ingericht worden sinds 1993 in het centrum Devereux aan de Universiteit van Parijs VIII.

De film blijft ver van de brandende polemiek die opgeroepen wordt door deze praktijken, maar is een verbazingwekkende en boeiende getuigenis van deze methodiek. Zijn wij, ja, ook wij, bereid rekening te houden met de grootvader, dood en begraven, die deze familie lijkt te achtervolgen ? De film nodigt in ieder geval uit tot verkenning van andere zienswijzen en tot collectieve onderhandelingen met "de onzichtbaren".

+ Ontmoeting :
Dominique Vossen, arts-psychiater, komt spreken over Tobie Nathan en over zijn werk als etnotherapeut.

28.11 > 18:00
De Nacht van de Onzichtbaren

Deze ongewone avond neemt je op sleeptouw naar verre horizonten, naar Afrika. Het traditionele Afrika stoot gekken niet uit de maatschappij. Integendeel, ze maken er deel van uit, en om hen te verzorgen zijn er rituelen. De behandeling van waanzin is een groepsproces waarin representaties en lichamelijke uitdrukkingen een belangrijke rol spelen. De betrokkenen nemen deel aan een ceremonie om voorouderlijke geesten te ontmoeten. Met offers, rituelen en dansen bereiken ze een tranceniveau waar ze zich volledig aan overgeven. Een therapie die nogal wat Westerse artsen versteld doet staan.

*> 20:00 :

+ Les maîtres fous

Jean Rouch, 1955, FR, video, vo fr , 36'

In Ghana bezielen de "houaka" (letterlijk "meesters van de waanzin") uitdrijvingsrituelen. In 1953, dus voor de onafhankelijkheid, filmde Jean Rouch zo’n houaka-ceremonie. De deelnemers zijn bezeten door wel zeer onaangename geesten, die van de koloniale bezetter, en zodoende beginnen ze de blanke man (en zijn vrouw) te imiteren. Dit etnografisch monument viel in goede aarde bij de Franse surrealisten omwille van de beelden van geëxalteerde rituelen, die destijds als shockerend beschouwd werden, en omwille van de Marxistische analyse van de situatie in de koloniën. Met de camera in de hand realiseerde Rouch, die in februari na een ongeval in Afrika overleed, een bijtend portret van verdraaide rituelen, een wrede parodie op de militaire parades van de kolonisator. In Ghana werd de film gecensureerd door de Britten omwille van smaad aan de koningin. De houakas zouden het ongetwijfeld op prijs gesteld hebben moest de film vertoond worden tijdens één van hun tranceceremonieën. Deze gespletenheid zou zeker in aanmerking komen voor een uitzonderlijke ontmoeting met de geesten... zouden ze vannacht onder ons zijn ?

+ Le n’doep

Michel Meignant, 1967, FR, video, vo fr , 45'

De meest spectaculaire rite in Afrika is er één van zeven dagen en zeven nachten lang in de buitenwijken van Dakar. De "n’doep" is een magische ceremonie bestemd voor de genezing van gekken, afkomstig van de Lebous, een volksgroep uit Senegal. De ceremonie speelt zich af in de familiekring van de zieke. Een diagnose dringt zich op vanaf het moment een familielid een abnormaal gedrag vertoond dat tot in de puntjes gecodeerd is : rillingen, melancholie, extreme passiviteit, verlies van eetlust. Omdat ze de ziekte niet kunnen verzorgen met antidepressiva, verwijzen artsen met een westerse opleiding deze "op z’n Afrikaans gedeprimeerden" door naar traditionele behandelingsmethoden. N’doep wordt uitgeoefend door "geneesters" : de n’doep-rite behoort toe aan vrouwen, en enkel aan hen. Een ontmoeting tussen westerse geneeskunde en het therapeutische ritueel van de n’doep.

+ Ontmoeting :
Deze twee filmdocumenten worden voorgesteld door twee rituelenexperten in zwart Afrika : Michel Meignant, vriend van Jean Rouch, regisseur van medische films en therapeut, en Philippe Woitchik, etnotherapeut en psycholoog. Ze zullen het hebben over ceremonieën als therapie, wat het betekent voor Afrikanen en hun rol in de westerse etnopsychiatrische benadering.

*> 22:00 :

Ontmoeting :*
In het tweede deel onthalen we Olivier Ralet, filosoof en specialist van rituelen in Noord-Afrika, die ons fragmenten toont van een ceremonie van de Hamadchas (Marokko), gefilmd door Tony Gatlif ("Exil") . Hij verklaart de verschillende rites van de ceremonie, die sterk lijkt op die van de Gnawa’s, en hun therapeutische effecten.

+ Concert Gnawa : Oualad Bambara
"De onzichtbare wereld van de moslims wordt net als die van de joden en de christenen bevolkt met engelen, profeten, heiligen en demonen, met dit verschil dat er ook spirituele entiteiten zijn die zoals mensen balanceren tussen Goed en Kwaad : de djinns. Ze hebben als eigenschap dat ze menselijke wezens bewonen, wat we "bezetenheid"noemen. Dit kan problemen zoals steriliteit, impotentie, verlammingen of gewoonweg angsten en slapeloosheid veroorzaken. Deze onzichtbare wezens hebben een geliefkoosde kleur en geur, en elk heeft ook een favoriet muziekje waar ze niet aan kunnen weerstaan. Reeds in het vroege stadium van de Islam, ontwikkelde zich een mystieke tendens, het soefisme, geörganiseerd in verschillende broederschappen waarin je toenadering tot God kan zoeken. Gnawa en Hamadcha zijn populaire broederschappen. Ze zijn gespecialiseerd in rituelen waar kleuren, geuren en vooral muziek een belangrijke rol spelen - men provoceert bezetenheidtrances om met de djinns in contact te komen opdat deze ophouden de mensen die ze bewonen te kwellen". (Olivier Ralet).

Geuren en kleuren, onweerstaanbare muziek... hier is "Oulad Bambara" ! Deze Gnawagroep met wortels in Marokko en met hun guembri (een soort van percussie-instrument( met snaren), hun krakebs (metalen castagnetten) en hun trommels spelen rituele muziek : "La Lila"(de nacht). Arabische gezangen op repetitieve Afrikaanse ritmes, dans en vibraties... Eindeloos, de hele nacht lang. Deze trancemuziek maakt gegarandeerd de onzichtbaren wakker. Niet te missen !

http://www.membres.lycos.fr/ouladbambara

03.12 > 20:00 + 03.12 > 22:00
Les maîtres fous

In Ghana bezielen de "houaka" (letterlijk "meesters van de waanzin") uitdrijvingsrituelen. In 1953, dus voor de onafhankelijkheid, filmde Jean Rouch zo’n houaka-ceremonie. De deelnemers zijn bezeten door wel zeer onaangename geesten, die van de koloniale bezetter, en zodoende beginnen ze de blanke man (en zijn vrouw) te imiteren. Dit etnografisch monument viel in goede aarde bij de Franse surrealisten omwille van de beelden van geëxalteerde rituelen, die destijds als shockerend beschouwd werden, en omwille van de Marxistische analyse van de situatie in de koloniën. Met de camera in de hand realiseerde Rouch, die in februari na een ongeval in Afrika overleed, een bijtend portret van verdraaide rituelen, een wrede parodie op de militaire parades van de kolonisator. In Ghana werd de film gecensureerd door de Britten omwille van smaad aan de koningin. De houakas zouden het ongetwijfeld op prijs gesteld hebben moest de film vertoond worden tijdens één van hun tranceceremonieën. Deze gespletenheid zou zeker in aanmerking komen voor een uitzonderlijke ontmoeting met de geesten... zouden ze vannacht onder ons zijn ?


Le n’doep

De meest spectaculaire rite in Afrika is er één van zeven dagen en zeven nachten lang in de buitenwijken van Dakar. De "n’doep" is een magische ceremonie bestemd voor de genezing van gekken, afkomstig van de Lebous, een volksgroep uit Senegal. De ceremonie speelt zich af in de familiekring van de zieke. Een diagnose dringt zich op vanaf het moment een familielid een abnormaal gedrag vertoond dat tot in de puntjes gecodeerd is : rillingen, melancholie, extreme passiviteit, verlies van eetlust. Omdat ze de ziekte niet kunnen verzorgen met antidepressiva, verwijzen artsen met een westerse opleiding deze "op z’n Afrikaans gedeprimeerden" door naar traditionele behandelingsmethoden. N’doep wordt uitgeoefend door "geneesters" : de n’doep-rite behoort toe aan vrouwen, en enkel aan hen. Een ontmoeting tussen westerse geneeskunde en het therapeutische ritueel van de n’doep.


http://www.nova-cinema.org/spip.php?page=print&id_rubrique=643&lang=fr