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Enfants terribles

L’opportunité s’est présentée cette année de montrer deux films quasi inédits ayant chacun pour personnage principal un gamin porté sur le crime... L’occasion idéale de faire un petit cycle "child focus" sur les "enfants terribles" ! Le genre est bien fourni, nous avons donc choisi quatre des plus beaux et des plus touchants films fantastiques sur l’enfance.
Le moins vu est sans doute "The Butcher Boy", pourtant signé Neil Jordan, carrément inédit au cinéma, ayant été retiré de l’affiche après quelques jours d’exploitation seulement en Irlande, suite à un fait divers sanglant faisant trop penser au film...
Le deuxième est "The Reflecting Skin", magnifique premier essai du réalisateur Philip Ridley ("The Passion of Darkly Noon"), malheureusement tombé dans l’oubli après une petite sortie en Belgique en 1991.
Aux côtés de ces films, deux autres plus anciens et tout aussi rares : le sublime "Mais ne nous délivrez pas du mal" de Joël Séria, dont le titre est assez évocateur, et "Unman, Wittering, and Zigo" de John McKenzie, sur une classe "difficile"...
Chaque film est présenté deux fois, aucune excuse pour passer à côté de ces quatre chefs-d’oeuvre !


The Butcher Boy

Sur fond de guerre froide et de domination catholique, c’est l’Irlande rurale des années 50 qui est le décor de "Butcher Boy", l’itinéraire grotesque et brutal d’un petit garçon rouquin, souriant et turbulent, qui va s’évader de l’ambiance de plomb de son village et basculer dans un monde virtuel. Jusqu’à devenir un vrai garçon boucher.
On connaît Neil Jordan pour sa filmographie éclectique, parfois inspirée par des récits d’épouvante ("The Company of Wolves", "Interview with the Vampire"...) ou plus réalistes ("Michael Collins"...). On le connaît moins pour ce film à la frontière entre fantaisie, comédie sociale et cauchemar éveillé. Et pour cause : malgré Sinead O’Connor dans le rôle de la Vierge Marie (!), mais surtout un très bon accueil critique et même un Ours d’argent au Festival de Berlin, il n’est quasiment pas sorti sur les écrans. Une décision des studios Warner. Pourtant, quand Neil Jordan a décidé adapter le roman de Patrick McCabe, il pensait en faire un film indépendant, comme "The Crying Game". Mais Warner a absolument voulu produire le film... Avant d’en prendre peur, devant la grossièreté des dialogues et la noirceur du scénario. Suite à un fait divers proche de celui qu’il raconte, "Butcher Boy" a d’ailleurs été retiré de l’affiche après quelques jours d’exploitation seulement en Irlande. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’il est devenu possible de le montrer.

07.04 > 22:30 + 17.04 > 20:30
The Reflecting Skin L’enfant miroir

Seth Dove a huit ans et demi. On est dans les années ’50, le ciel est bleu, les blés brillent au soleil. C’est pas la joie dans sa famille, il y a des vieilles histoires qui trainent. Si seulement son grand frère soldat rentrait de Corée, les choses iraient sûrement mieux. Seth a bien quelques copains qui participent à ses jeux morbides, son monde est beau et simple, mais il y manque quelque chose. Quand son père lui lit une histoire de vampires, c’est la révélation : l’étrange femme qui habite la ferme d’à côté en est sûrement une ! Cette prise de conscience va bouleverser son innocence, il comprend qu’il y a des choses qu’il ignore et se rattache à cette explication, il s’est trouvé une obsession qui le terrorise et le fascine. Les choses s’emballent quand une sombre histoire éclate dans la région. La réalité si dure ne peut s’expliquer que par quelque chose de surnaturel. Il est le seul à connaître le secret de la vampire et doit agir. On s’enfonce de plus en plus loin dans le drame, mais il fait toujours aussi beau. La réalité est bien plus cruelle que l’imagination de Seth, lugubre mais naive. Ces deux monde sont confrontés avec beaucoup de subtilité, dévoilant lentement les blessures de chaque personnage. "The Reflecting Skin" est une sorte de drame fantastique sur l’enfance, mêlant ambiances presque effrayantes et atmosphères sociales dramatiques, toujours magnifiquement filmées. Un vrai chef d’oeuvre méconnu.

08.04 > 22:30 + 17.04 > 22:30
Mais ne nous délivrez pas du mal Don’t Deliver Us From Evil

Anne (Jeanne Goupil dans son premier et plus beau rôle) et Lore (Catherine Wagener), adolescentes de bonnes familles vivant en pensionnat religieux, découvrent les joies de la rébellion et décident tout naturellement de se consacrer au mal. Entre Jesus et Satan, le choix est vite fait. Elles commenceront par des jeux plus ou moins innocents pour tester le monde qui les entoure mais deviendront vite de plus en plus affirmées dans leurs actions, jusqu’à devenir fièrement malfaisantes. Le film construit progressivement le malaise qui nait de cette conviction pour le mal qui est à la base de cette belle amitié. Cela devient presque dérangeant, aussi provocateur dans l’image que dans le propos. Le film s’attaque surtout à l’ennui bourgeois et à la perversité de la mentalité chrétienne, les deux catalyseurs des actes des fillettes. Le film sera d’ailleurs intérdit par la censure, sous pression de l’Eglise.
Mais sous des dehors provocateurs, ce très beau film, le premier de Joël Séria, est très nuancé et joue aussi bien sur l’érotisme et le fantastique que sur le drame psychologique autour de cette amitié adolescente.
Pour l’anécdote, le film est inspiré, très librement, du même fait divers neo-zélandais qui inspirera Peter Jackson pour "Heavenly Creatures".

10.04 > 22:30 + 12.04 > 22:30
Unman, Wittering, and Zigo Mort d’un prof

Le cinéma anglais n’avait dejà plus rien à prouver en matière de films malsains en ce début des années ’70. Michael Powell, Ken Russell, Lindsay Anderson et d’autres s’en chargeaient. C’était sans compter avec John McKenzie. L’approche chez lui est plus classique certes, mais il sait parfaitement maintenir un état de tension permanente chez le spectateur. Un professeur d’une école anglaise stricte et retirée du monde tombe d’une falaise et meurt. Meutre ou accident Herr Derrick ? C’est bien cette question que se pose rapidement le jeune prof remplaçant. Il a en effet quelques petits problèmes avec sa classe de sales gosses. Il tente d’oublier tout ça dans les bras de sa charmante femme, dans un ravissant cottage, mais fais gaffe mec, on sait où t’habite...
Le moins qu’on puisse dire c’est que ce film est ultra rare. Il n’est même pas disponible en vidéo. Imaginez les difficultés à trouver une copie 35mm, nous, on en a encore des sueurs froides... Mais c’est aussi et surtout une vraie petite perle de cinéma british très bien mené, et qui ne recule pas devant grand-chose pour provoquer une angoisse tenace.

11.04 > 22:30 + 15.04 > 22:30
Enfants Terribles

Dit jaar deed de gelegenheid zich voor om twee zo goed als onuitgegeven films te tonen met in de hoofdrol telkens een kwajongen belust op misdaad... De ideale gelegenheid om een minicyclus "child focus" op te zetten over kleine monstertjes ! Het genre is goed voorzien dus kozen we voor vier van de mooiste en meest rakende fantastische films over de kindertijd. De minst bekeken is zeker "The Butcher Boy", nochtans getekend door Neil Jordan maar nooit echt uitgebracht. De film werd in Ierland al na enkele dagen van de affiches gehaald ten gevolge van een bloederig voorval dat teveel aan het verhaal deed denken... Als tweede stellen we "The Reflecting Skin" voor, de prachtige debuutfilm van Philip Ridley ("The Passion of Darkly Noon") maar jammer genoeg al snel in de vergetelheid geraakt nadat de film op kleine schaal werd uitgebracht in ons land in 1991. Naast deze films nog twee anderen, ouder en even zeldzaam : het sublieme "Mais ne nous délivrez pas du mal" van Joël Séria, een niet weinig provocerende titel, en "Unman Wittering, and Zigo" van John McKenzie over een "moelijke" klas.. Elke film wordt tweemaal vertoond, er is dus geen enkel excuus om deze vier meesterwerken links te laten liggen.


The Butcher Boy

Met de koude oorlog en de katholieke overheersing als decor, voert "Butcher Boy" ons naar het landelijke Ierland van de jaren ’50. De groteske en brutale belevenissen van klein, speels en lachend rosharig jongetje dat wil ontsnappen aan de loodzware sfeer van zijn dorpje en in een ingebeelde wereld terecht komt. Totdat hij een echte slagersjongen wordt.
We kennen Neil Jordan van zijn eclectische filmografie, soms geïnspireerd op griezelige sprookjes ("The Company of Wolves", "Interview with the Vampire"...) soms op realistische verhalen ("Michael Collins"...). We kennen hem minder van deze film die balanceert tussen fantasie, sociale komedie en nachtmerrie. En dat is helaas logisch : ondanks Sinead O’Connor in de rol van maagd Maria (!), ondanks een hele positieve ontvangst van de filmpers en zelfs ondanks een Zilveren Beer op het Festival van Berlijn, is hij haast niet uitgekomen op de internationale filmschermen. Een beslissing van de Warner Studio’s. Onbegrijpelijk als je het ons vraagt. Toen Jordan deze verfilming van een roman van Patrick McCabe wilde maken, dacht hij aan een onafhankelijke productie, zoals "The Crying Game". Maar Warner wilde ten alle prijzen deze film produceren... zonder rekening te houden met de expliciete dialogen en het sombere scenario. Na een fait divers in de trant van het verhaal dat de film vertelt, werd "Butcher Boy" in Ierland van de affiche gehaald, nauwelijks enkele dagen na de release. Pas 10 jaar later kan deze film opnieuw vertoond worden !

07.04 > 22:30 + 17.04 > 20:30
The Reflecting Skin

Seth Dove is acht en een half. We zijn in de jaren ’50, de hemel is blauw, het koren schittert in de zon. In deze familie geen onbekommerde vreugde, oude histories slepen aan. Als grote broer die bij het leger is nu maar terugkwam dan zou alles beter gaan. Van hun kant houden Seths makkers zich bezig met morbide spelletjes. Zijn leefwereld is mooi en simpel, maar iets klopt niet. Het licht daagt als zijn vader hem een verhaal vertelt over vampieren : de vrouw van de aanpalende boerderij is er zeker één ! Deze gedachte betekent het einde van de kinderlijke onschuld. Seth begrijpt dat er dingen zijn die hij niet weet en pint zich vast op deze verklaring. Algauw raakt hij vervuld van een obsessie die hem tegelijkertijd terroriseert en fascineert. De zaken slaan op hol als er in de regio een sombere gebeurtenis voorvalt want een realiteit die zo hard is kan alleen verklaard worden door iets bovennatuurlijks. Alleen hij kent het geheim van de vampier en moet dus handelen. Het weer blijft even mooi terwijl het drama zich opbouwt. De wrede realiteit overstijgt de verbeelding van Seth die luguber is maar naiëf. Met veel subtiliteit worden deze twee werelden geconfronteerd, langzaam eenieders trauma’s ontsluierend. "The Reflecting Skin" is een prachtig gefilmd fantastisch drama over kinderlijkheid dat een bijna ijzingwekkende atmosfeer vermengt met de sfeer van sociaal drama. Een waarlijk miskend meesterwerk.

08.04 > 22:30 + 17.04 > 22:30
Mais ne nous délivrez pas du mal

Anne (Jeanne Goupil in haar eerste en mooiste rol) en Lore (Catherine Wagener), adolescenten uit begoede families, brengen hun dagen door in een godsdienstig getint pensionaat. Daar ontdekken ze het genoegen van rebellie en besluiten, op heel natuurlijke wijze, zich te wijden aan het kwade. Tussen Jezus en Satan is de keuze vlug gemaakt. Het begint met min of meer onschuldige spelletjes om de anderen te testen maar alras zien ze zich bevestigd in hun onderneming en worden ronduit boosaardig. De film bouwt geleidelijk de malaise op die voortkomt uit deze toewijding aan het kwade, tevens de grondslag van een mooie vriendschap. Het wordt bijna storend voor de toeschouwer, niet alleen de beelden provoceren maar ook de strekking. De film hekelt vooral de dufheid van de bourgeoisie en de perversie van de christelijke mentaliteit, net zij vormen de katalysator van de handelingen van de meisjes. Onder druk van de kerk zal de film trouwens verboden worden door de censuur. Onder de mantel van de provocatie is deze prachtige film, de eerste van de regisseur, echter zeer genuanceerd en speelt evenzeer in op erotiek en fantasie als het psychologische drama van een jeudige vriendschap. Terzijde weze nog opgemerkt dat de film zich vrij inspireert op hetzelfde Nieuwzeelandse fait-divers dat vorm gaf aan "Heavenly Creatures" van Peter Jackson.

10.04 > 22:30 + 12.04 > 22:30
Unman, Wittering, and Zigo

De Engelse cinema heeft al sinds de jaren ’70 niets meer bewijzen wat "ongezonde" films betreft : Michael Powell, Ken Russell, Lindsay Anderson en anderen hebben ons er mee overstelpt. Dat is dan zonder John Mckenzie gerekend. Zijn benadering is weliswaar klassieker, maar hij weet wel perfect een blijvende spanning te creëren bij de kijker.
Een professor op een afgelegen strenge Engelse school valt van een klif en sterft. Moord of ongeluk, Herr Derrick ? Goede vraag, die zijn jonge vervanger zich ook stelt. Hij heeft ook enkele kleine probleempjes met zijn klas vol deugenieten. Hij probeert deze problemen te vergeten in zijn prachtig huisje in de armen van zijn charmante vrouw. Maar opgepast, ook zij weten waar hij woont...
Het minste wat we van deze film kunnen zeggen is dat het een zeldzaamheid is, zelfs nooit uitgebracht op video. Beeld U maar eens in hoe moeilijk het voor ons was deze rariteit te vinden op 35mm. Daar krijgen wij pas koude rillingen van ! Maar het is een zeer mooie parel van de Britse cinema, zeker voor wie niet terugdeinst voor een beklijvende angstaanjagende filmavond.

11.04 > 22:30 + 15.04 > 22:30
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